Campagne

C’est bien plus que nourrir
En 2018, nous avons lancé une grande campagne nationale pour sensibiliser le public français et changer son regard sur la faim. Nous souhaitions alors montrer les multiples visages de la faim, ses causes – pauvreté, conflits, épidémies, changement climatique, inégalités de genre… mais également ses solutions. Des solutions que les équipes d’Action contre la Faim mettent en place au quotidien dans près de 50 pays.
Trois ans plus tard, le constat est toujours aussi alarmant. 821 millions de personnes souffrent de la faim dans le monde. Ce chiffre, intolérable, augmente pour la 3ème année consécutive, principalement à cause de la recrudescence des conflits et du dérèglement climatique.
Nos actions pour lutter durablement contre la Faim
Ces dernières années, nous avons mobilisé les Français.es sur différents combats : contre l’utilisation de la faim comme arme de guerre par notre campagne #StopHungerCrime, pour l’émancipation des femmes, pour un meilleur accès à l’eau et l’assainissement lors des Journées mondiales de l’eau et des toilettes, pour une commercialisation responsable des laits infantiles par notre campagne #LetThemChoose, pour les populations du Kasaï…
Toutes ces actions ont contribué à récolter des fonds, soutenir nos équipes et programmes, et finalement, lutter contre la faim. Les résultats de tous ces efforts sont là : près de 21 millions de personnes aidées, 6,5 millions de mètres cube d’eau fournis, plus de 500 000 kits d’agriculture distribués, plus de 500 000€ récoltés pour le Kasaï, une résolution condamnant l’utilisation de la faim comme arme de guerre adoptée par l’ONU…
Pour continuer à alerter les Français.es sur notre combat, la campagne « C’est bien plus que nourrir » est à nouveau déclinée pendant le mois de janvier, en affichage dans plusieurs villes de France, au cinéma, mais également sur le digital.
Cette année, nous déclinons notre campagne sur deux nouvelles thématiques : Nourrir ça veut dire Préserver et Nourrir ça veut dire S’émanciper. Découvrez nos thématiques ci-dessous.
Nourrir ça veut dire soigner
Près de 821 millions de personnes font face à la malnutrition partout dans le monde et ce chiffre n’a cessé d’augmenter depuis les trois dernières années.
Aujourd’hui plus que jamais il est très important de lutter contre la faim dans le monde. Le changement climatique est une menace supplémentaire pour la sécurité alimentaire des populations les plus vulnérables. Sécheresses, inondations, événements météorologiques extrêmes, impactent directement les récoltes. Nos programmes de nutrition nous permettent de dépister la malnutrition afin de pouvoir la traiter chez les enfants de moins de cinq ans.
Nous accompagnons également les femmes enceintes et allaitantes pour leur fournir toutes les informations nécessaires et un accompagnement médical. En renforçant le lien entre la mère et l’enfant cela nous permet d’éviter les retards de croissance par exemple, une des principales conséquences de la malnutrition.
Les principales causes de la faim en 2017 étaient : la pauvreté, les catastrophes naturelles, les guerres et les conflits et les maladies. Les plus vulnérables étant les femmes et les enfants, notre mission vise à dépister les enfants de moins de 5 ans pour traiter la maladie au plus vite et d’accompagner les mères pour assurer une bonne alimentation. Cette même année 5 millions de personnes ont bénéficié de nos services de santé.
Des bénévoles contre la sous-nutrition
Un des leviers utilisés pour combattre la malnutrition est de faire appel à des bénévoles communautaires. Par exemple au Kenya, dans le comté d’Isiolo nous avons formé 14 bénévoles afin qu’ils puissent détecter les maladies les plus dévastatrices chez les enfants, à savoir la malaria, la malnutrition, la pneumonie et la diarrhée. Les bénévoles se déplacent ensuite dans les villages voisins et procèdent à des dépistages chez les enfants de moins de 5 ans.
Ces bénévoles sont membres des communautés locales où ils interviennent. Cela permet d’instaurer une relation de confiance chez les parents qui confient leur enfant plus facilement à une personne de leur entourage. Ces formations nous permettent aussi de transmettre les connaissances nécessaires aux bénévoles qui se chargeront ensuite de les transmettre dans les communautés, leur rôle est essentiel pour la prévention de ces maladies. La transmission de ces bonnes pratiques permet ensuite de réduire les taux de malnutrition chez les enfants et de sauver des vies !
Grâce à nos programmes en nutrition nous avons apporté de l’aide à 9,9 millions de personnes en 2017. Parmi elles, nous avons traité 559 492 personnes souffrant de malnutrition aiguë.
Nourrir ça veut dire faire la paix
75% des personnes souffrant de la faim vivent dans une zone de conflit. Les guerres entrainent une série de changements à la fois psychologiques et physiques chez la population. Le lien entre conflits et faim est de plus en plus évident.
Aujourd’hui une des tactiques de guerre dans certaines régions du monde est d’utiliser la faim comme arme de guerre. Les parties prenantes au conflit affament les populations, empoisonnent les puits et brûlent les champs. Les conflits créent la faim en causant le déplacement de populations qui manquent ensuite d’un accès au ressource et à l’eau potable.
En 2017 le nombre de personnes forcées à fuir leur foyer a atteint un record sans précédent de 68,5 millions selon l’UNCHR. Parmi eux 25,4 millions de réfugiés dont plus de la moitié a moins de 18 ans. La région du moyen orient est particulièrement touchée avec 11,5 millions de déplacés internes cette même année. Les populations sont devenues des cibles directes lors de conflits exacerbant le nombre de personnes qui souffrent de la faim dans le monde.
Les conflits alimentent la faim
Le Yémen en est l’exemple le plus flagrant, tristement connu pour être le pays où se déroule la pire crise humanitaire au monde. La situation alimentaire est critique et les conflits ne cessent de l’exacerber, 20 millions de personnes ont besoin d’aide humanitaire. Selon l’UNHCR 75% de la population au Yémen souffre de pré-famine, les enfants sont les plus touchés. Présents dans le pays depuis 2012, l’escalade du conflit a mené a un déclin économique, plongeant la population dans la pauvreté. Le manque d’accès aux services de base et de santé a provoqué la prolifération de maladies. Nous estimons que 400 000 enfants souffrent de malnutrition aiguë.
Nous soutenons les hôpitaux du pays et menons des activités de nutrition en distribuant directement des aliments ou en distribuant des coupons alimentaires. En 2017, malgré un accès difficile nous avons traité 300 000 cas de malnutrition aiguë.
La population ciblée par les conflits
Pour lutter efficacement contre la faim et espérer pouvoir l’éradiquer il est indispensable de mettre fin aux conflits. Des milliers de personnes en zone de guerre sont actuellement inaccessibles par nos équipes.
D’autres populations sont victimes de conflits qui ont profondément impacté la société. Par exemple en Afghanistan la majeur partie de la population n’a pas connu son pays en paix. Depuis 20 ans, nous y observons une violence qui augmente considérablement les besoins humanitaires dans les régions de Kaboul, Ghor, et Helmand.
Les conflits alimentent la faim et dans le cas de crises oubliées comme celles de l’Afghanistan il est important de recentrer l’attention sur ces populations qui sont encore en danger. Prendre les populations pour cible lors de conflits rend l’accès aux populations difficile ce qui nous empêche de leur apporter notre soutien.
Nourrir ça veut dire préserver
Le climat est un facteur essentiel dans la lutte contre la faim. 70% des personnes qui souffrent de la faim dans le monde sont des petits producteurs, agriculteurs et éleveurs. Ce sont eux qui permettent au reste du monde de se nourrir mais qui souffrent en premier des conséquences du changement climatique.
Les grandes puissances mondiales et les pays industrialisés sont les premiers responsables du changement climatique mais ce sont les pays les moins développés qui en payent le prix. D’ici quelques années, des pays comme le Bangladesh et l’Éthiopie verront une grande partie de leur population forcée à migrer à cause des conditions climatiques.
S’adapter aux changements climatiques
Depuis des décennies, les catastrophes et dérèglements climatiques sont de plus en plus fréquents et les populations ne sont que trop peu préparées pour affronter ces événements. L’Éthiopie a vécu l’une des pires famines de ce siècle en 1984, laissant des millions de déplacés et de personnes en sous-nutrition. L’année dernière le pays a dû faire face à une deuxième sécheresse en l’espace de 3 ans, la pire des 50 dernières années, affectant dramatiquement les récoltes. Or, près de 70% de la population travaille dans le secteur agricole. À cause du changement climatique et des conséquences d’une surconsommation et d’une mauvaise répartition des ressources mondiales, des personnes qui pouvaient se nourrir, nourrir leurs familles et le reste du monde ne peuvent plus le faire.
D’ici 2050 les prévisions estiment que 150 millions de déplacés climatiques devront migrer, la plupart à l’intérieur même de leur pays. Si rien ne change, la situation ne fera qu’empirer.
Préserver les ressources
Afin de permettre aux communautés que nous accompagnons de s’adapter aux dérèglements climatiques tout en respectant l’environnement, nous mettons en place de nombreux programmes en agroécologie, comprenant des activités telles que : restauration et conservation des eaux et des sols, distribution de semences paysannes locales, formation des communautés à des pratiques de culture agroécologiques…
En Ethiopie par exemple, nous avons mis en place des programmes de cultures grâce à l’hydroponie. Une technique qui consiste à faire pousser des plantes dans de l’eau enrichie de minéraux. Ainsi, les populations n’ont pas besoin de posséder une parcelle de terre pour cultiver des produits et nourrir leurs bêtes. Ce programme a aidé les agriculteurs éthiopiens à économiser des ressources et à s’adapter aux périodes de sécheresses et inondations de plus en plus aléatoires.
Au Guatemala, la création d’une banque de semences a permis de faire des réserves de graines pour éviter que leur prix augmente lors des périodes de forte demande et maintenir un bon stock pendant l’année. De nombreuses alternatives existent et nous faisons tout pour permettre aux populations les plus vulnérables de pouvoir s’adapter à un climat changeant.
C’est en préservant les ressources naturelles, en promouvant une agriculture plus respectueuse de son environnement et en permettant aux petits producteurs, agriculteurs et éleveurs de s’adapter aux changements climatiques que nous arriverons à faire reculer la faim.
Nourrir ça veut dire reconstruire
68,5 millions de personnes dans le monde ont été forcées de fuir leur foyer en 2017 selon le UNHCR toutes les deux secondes une personne doit fuir son foyer.
La reconstruction de l’esprit
Reconstruire ou plutôt se reconstruire après un conflit est une étape indispensable. Les populations victimes de conflits vivent des situation traumatisantes : les violences, la fuite, la perte d’un proche. Pour les personnes déplacées ou réfugiées même si elles n’ont pas toutes vécu la guerre elles en subissent les conséquences, vivre dans un camp, perdre ses repères, perdre son travail, toutes ces situations provoquent un stress et un choc qui ont des conséquences psychologiques : diminution ou perte de l’appétit, perte de l’envie de vivre, anxiété, dépression, insécurité. Lorsque la santé mentale est touchée cela influe directement sur la faim, les parents traumatisés ne peuvent plus s’occuper de leurs enfants, et les plus petits encore sous le choc ne veulent plus se nourrir.
Nous accompagnons les parents et les enfants dans cette épreuve en fournissant un soutien psychologique qui vise à recréer les liens entre parents et enfants lorsqu‘ils ont été brisés par le traumatisme. Ces programmes visent également à accompagner les enfants traumatisées pour qu’ils continuent de se nourrir et permettent ainsi de faire diminuer la sous-nutrition. Notre mission pour continuer à lutter contre la faim est aussi de les soutenir, de les aider à surmonter cette épreuve. Pour cela nous avons des programmes en santé mentale mais aussi en pratiques de soin. Nous mettons en place des ateliers de paroles, des psychologues sont également à disposition pour créer un espace de parole et réinstaurer la confiance.
En 2017, grâce à nos programmes en santé mentale nous avons pu accompagner 1.5 millions de personnes !
L’après
Au-delà du traumatisme il y a aussi « l’après ». Nous accompagnons les populations pour les aider à se reconstruire après la guerre en leur apportant un soutien psychologique pour surmonter le traumatisme puis dans un autre temps nous les accompagnons dans la reconstruction de leur vie en tant que telle. Nos programmes ont pour but la création d’activité professionnelle pour redémarrer l’économie du pays et relancer une dynamique sociale afin que dans le pays en question on puisse reconstruire une société.
Dans la région du Kurdistan irakien nous avons pu mettre en place des programmes d’apprentissage pour les jeunes adultes et des programmes de création d’entreprise pour ceux qui avaient déjà travaillé et ainsi les aider à reconstruire leur commerce. De cette manière nous fournissons à la fois des formations et des stages aux jeunes adultes qui pourront ensuite démarrer une activité économique et ne plus dépendre de l’aide humanitaire.
Chaque jour, partout dans le monde des personnes vivent dans des situations précaires à cause des conflits, ou encore d’événements incontrôlables comme les catastrophes naturelles. Notre mission est de les accompagner et de les soutenir pour qu’elles puissent s’en sortir après avoir traversé de nombreuses épreuves.
Nourrir ça veut dire cultiver
En 2017, 2,3 millions de personnes ont bénéficié de nos programmes visant à créer des moyens de subsistance. Lutter contre la faim c’est permettre aux individus de pouvoir cultiver leurs propres aliments sans avoir à dépendre de l’aide alimentaire.
Pour l’agriculture, contre la faim
Nous avons décidé d’utiliser l’agriculture comme un outil pour lutter contre la faim. Apprendre aux populations qui en ont besoin comment cultiver mais aussi leur apprendre les pratiques telles que l’agroécologie ou l’agroforesterie pour qu’elles puissent cultiver tout en respectant la terre. Nous mettons en place des formations adaptées aux besoins qui diffèrent d’une population à une autre et d’un endroit à l’autre. Notre rôle est aussi d’aider les personnes déplacées ou réfugiées. Lorsqu’elles sont forcées de quitter leur foyer elles laissent tout derrière elle, perdant ainsi leur moyen de subsistance, leur travail ou leurs terres. Grâce à ces formations nous leurs permettons d’acquérir des connaissances et de développer un moyen pour subvenir aux besoins alimentaires de leur famille.
Notre mission est aussi de promouvoir l’indépendance, la dignité et l’autonomie des populations locales, en axant nos efforts sur l’agriculture nous leur évitons de devoir faire la queue pour recevoir des denrées alimentaires. Les formations en agroécologie permettent de relancer et d’améliorer les activités agricoles et de créer de nouvelles ressources pour les populations. Les formations sont adaptées à chaque besoin, dans les territoires arides par exemple nous apprenons aux agriculteurs à cultiver les aliments les plus adaptés.
S’adapter aux besoins
En Éthiopie, dans le camp de Nguennyyiel nous avons mis en place des jardins pour les réfugiés ! Un kit avec des ustensiles leur est fourni ainsi que des connaissances pour apprendre à cultiver la terre pour pouvoir s’alimenter de manière autonome et ne plus avoir à dépendre de l’aide alimentaire. Grâce à ses programmes nous voulons préserver la dignité de nos bénéficiaires et leur permettre d’avoir accès à des ressources. Ainsi nous espérons briser le cercle vicieux qui lie les conflits et la faim.
Le potager d’Adèle
Cette initiative vient également des bénéficiaires eux-mêmes, c’est le cas d’Adèle Poukade en République Centrafricaine, elle a fui les conflits et s’est réfugiée dans le camps de l’évêché. Ancienne infirmière, elle exerce bénévolement dans le camp et pour subvenir à ses besoins elle a décidé de créer un petit potager afin de pouvoir nourrir ses enfants.
Fournir un accès à des terres et des connaissances en matière d’agroécologie, mais aussi d’autres concepts comme l’agroforesterie et la préservation des sols. Ces pratiques sont importantes dans certaines zones du monde comme le Guatemala. Une grande partie du pays est touché par des sécheresses. Pour pouvoir cultiver la terre et la préserver, nous avons donc mis des formations en place pour que des leaders de chaque communauté puissent apprendre et mettre en place les concepts d’agroforesterie et ensuite transmettre leurs connaissances aux autres membres de la communauté.
Nourrir ça veut dire s’émanciper
Aujourd’hui encore, en raison des inégalités de genre, les femmes n’ont pas le même accès à l’éducation, aux études, aux formations, au salaire que les hommes. Ce manque d’opportunités et de moyens fait d’elles les premières victimes de la faim dans le monde. Pour que la faim recule, cette situation doit changer.
Ces inégalités ont un impact direct sur la vie et la santé des femmes. Par exemple, par manque de fer dans leur alimentation, une femme sur trois dans le monde souffre d’anémie.
Ces inégalités ont aussi des conséquences sur leur famille et enfants. Afin d’analyser l’impact des inégalités et déterminer les facteurs à risques qui conduisent et encouragent la malnutrition infantile, nous avons mené une étude auprès de 27 communautés dans 20 pays différents en Afrique, Asie et aux Caraïbes. Parmi toutes les conséquences des inégalités femmes-hommes, la surcharge du travail des femmes est ressortie comme le principal facteur à risque pour la sous-nutrition infantile. La plupart du temps, en plus du travail, les femmes sont aussi responsables de s’occuper des enfants, d’aller chercher l’eau, le bois et d’assurer la totalité des tâches domestiques, et ce, même pendant la grossesse. Elles n’ont alors pas le temps d’apporter les soins nécessaires à leurs enfants, ce qui affecte fortement leur santé nutritionnelle.
À la surcharge de travail s’ajoute une dimension culturelle qui dans beaucoup de cas constitue une barrière supplémentaire à l’émancipation des femmes. Au Niger par exemple, 76% des jeunes filles sont mariées avant 18 ans. Autre exemple en Inde où lorsqu’une femme a ses règles elle est considérée comme impure et doit quitter sa maison pendant plusieurs jours. Dans beaucoup de pays, les filles n’ont toujours pas le même accès à l’éducation que les garçons.
Favoriser l’Empowerment
L’empowerment des femmes signifie que les femmes peuvent « prendre le contrôle de leur vie » : choisir leur emploi du temps, avoir accès à l’éducation, à de la formation (que leur connaissances et capacités soient reconnues), accroître leur confiance en elles et développer leur autonomie. Cela a un impact sur leur niveau d’indépendance sociale et financière dont le pouvoir de décision, sur leurs opportunités en termes d’éducation et d’emploi, et leur accès aux ressources.
Nous encourageons les femmes à s’émanciper en les formant au dépistage de la sous-nutrition. Nos bénévoles se déplacent dans les communautés et agissent au plus près de la population, elles assument un rôle important et les membres des communautés les respectent car elles représentent un accès à la santé, à des connaissances qui dans des milieux ruraux et éloignés ne sont pas assez accessibles. Elles sont des actrices du changement et en transmettant leurs connaissances à d’autres femmes et d’autres communautés, elles transmettent ce pouvoir également.
Dans notre lutte contre la faim, il est primordial de fournir aux femmes les mêmes opportunités que les hommes : leur permettre d’avoir accès à la santé, au travail… Nous avons toutes et tous un rôle à jouer dans la lutte pour l’égalité de genre, en réduisant les inégalités de genre et travaillant ensemble. Tout cela est possible et nous le faisons chaque jour à travers des ateliers de sensibilisation notamment.
Donner le pouvoir aux femmes
En Côte d’Ivoire, nous avons mis en place des ateliers pour que les hommes, les maris notamment puissent comprendre et se rendre compte de la charge de travail de leur femme. Dans le pays, la femme est souvent seule à s’occuper des enfants, à les nourrir, à réaliser les tâches ménagères et ce même quand elle est enceinte. Nous avons donc conçu un costume que les hommes peuvent enfiler qui imite la forme et le poids du ventre et de la poitrine d’une femme enceinte. Ils ont ensuite été invités à réaliser les mêmes activités que leur femme pendant une journée et se sont très vite rendu compte de la lourdeur de cette charge de travail.
Au Nigéria, nous effectuons des distributions d’argent liquide par le biais de cartes électroniques. Nous avons décidé de distribuer cet argent aux femmes et non aux hommes. En parallèle, nous avons créé des « groupes de pères » pour briser les barrières du genre. Ces ateliers de sensibilisation qui se concentrent sur ce que les hommes peuvent faire pour améliorer la nutrition et la santé de leurs épouses et enfants. Ces ateliers visent également à créer la synergie nécessaire dans la prise de décision au foyer entre le mari et la femme.
C’est en mettant en place plus de programmes destinés aux femmes, c’est en encourageant les filles à suivre des études supérieures, c’est en donnant le pouvoir aux femmes qu’elles pourront s’émanciper et que la faim reculera.
Nourrir ça veut dire s’engager
Nous intervenons dans près de 50 pays et l’année dernière nous avons apporté notre aide à 14,7 millions de personnes.
Pour nous l’engagement, c’est celui que l’on fait chaque jour de lutter contre tous les facteurs qui contribuent à la faim : les conflits, le manque d’accès aux ressources, à l’eau potable et à l’hygiène, la pauvreté. Cette lutte est menée par 7 869 personnes à travers le monde qui travaillent chaque jour pour faire reculer la faim.
Dans notre activité nous nous engageons à respecter différents principes : la neutralité, l’indépendance, la non-discrimination, l’accès libre et direct aux victimes, le professionnalisme et la transparence. Nous avons également 5 domaines d’expertise qui nous permettent de lutter contre toutes les causes de la faim : nutrition et santé, sécurité alimentaire et pratique de soins, santé mentale et pratique de soins infantiles, eau assainissement et hygiène, plaidoyer et sensibilisation.
Des campagnes contre la faim
Les conflits sont l’une des premières causes de la faim dans le monde. Nous condamnons toute utilisation de la faim comme arme de guerre et avons soutenu l’adoption de la résolution 2417 par les Nations Unies qui la condamne et prône le libre accès des humanitaires aux victimes de guerre.
Cette lutte s’illustre par la campagne #StopHungerCrime que nous avons menée en 2018. Nous avons fabriqué des couverts à partir de balles réelles pour en faire un symbole qui puisse être utilisé par tous pour dénoncer l’utilisation de la faim comme arme de guerre, en les croisant sur les réseaux sociaux.
38 personnalités comme Camille Cerf, Raphaël Varane et Sandrine Quétier se sont joint à nous et nous ont manifesté leur soutien ! Grâce à eux et à toutes les personnes qui nous ont suivi dans ce mouvement nous avons pu donner de la visibilité à des pays comme le Yémen, le Nigéria et la République Démocratique du Congo dans lesquels la faim est utilisée comme arme de guerre.
Votre engagement
L’engagement c’est aussi et surtout le vôtre que vous manifestez chaque jour en devenant bénévole à nos côtés à Paris ou dans toutes nos délégations en région. Votre engagement n’a pas d’âge et commence très tôt comme celui des nombreux élèves qui participent chaque année à la course contre la faim, au dessin contre la faim chez les plus petits et même le challenge de Paris ! Grâce à ces activités vous nous permettez de financer des nombreux projets partout dans le monde. Cette belle preuve de solidarité ne s’essouffle pas et vous nous le démontrez chaque année.
Grâce à votre soutien nous avons mené à bien 578 projets, répondu à 39 urgences et mené 52 projets de recherche !
Action contre la Faim, c’est bien plus que nourrir.













