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Boy carries jerry cans to fill from a water tanker truck in a slum neighborhood in Yemen's Red Sea city of Houdieda © REUTERS/Abduljabbar Zeyad

À la Une

Yémen

La plus grande crise humanitaire au monde

Un conflit aux dimensions internationales

Auparavant séparé en deux états, le Yémen du Nord et le Yémen du Sud , le pays est réunifié en 1990 avec, à la clé, des mécontentements dans la représentativité des différentes populations et le partage du pouvoir. En 2011, dans le mouvement des Printemps Arabes, le Yémen fait sa propre révolution. Le président Saleh, en place depuis 1978, est renversé au profit de son vice-président, Hadi, en 2012. Saleh s’allie alors avec les Houthis, un groupe séparatiste du Yémen du Nord, et tente de regagner le contrôle du pays. En 2014, la capitale Sanaa est prise par les rebelles Houthis et Hadi se réfugie avec son gouvernement à Aden, au sud du pays. Le pays est alors scindé en deux.

En mars 2015, l’Arabie Saoudite, inquiète de l’avancement des Houthis soutenus par l’Iran vers le sud, lance une opération militaire pour soutenir le gouvernement officiel de Hadi.

Aujourd’hui les opérations militaires sont embourbées, les lignes de front n’ont guère évolué depuis des mois et la résolution du conflit semble dans l’impasse.

Les civils pris au piège

La zone contrôlée par les rebelles Houthis couvre le nord-ouest et l’ouest côtier du pays dont le port d’Hodeïda, sur la mer Rouge, par lequel transitent 75% des importations. Le blocus commercial imposé par la Coalition depuis novembre 2017 a considérablement contribué à aggraver les conditions de vie des Yéménites dans ce pays, qui était déjà le plus pauvre de la péninsule arabique, et qui dépendait à 90% des importations avant la guerre.

Les prix des biens essentiels ont augmenté de façon faramineuse, et malgré une réouverture partielle du port en ce début d’année, ils sont toujours bien au-dessus des niveaux d’avant le conflit. Le prix d’un kilo de riz a augmenté de 130% en moyenne entre janvier 2015 et janvier 2018, alors que le litre de fuel coûte entre 53% et 141% plus cher selon les régions.

Au-delà des biens commerciaux, l’aide humanitaire est elle aussi impactée par le blocus alors que certaines personnes dépendent uniquement d’elle pour survivre. Les obstructions à l’acheminement de l’aide humanitaire sont coutumières de la part des parties au conflit. Refus de délivrance de visa, de dédouanement, d’autorisation de circuler, d’atterrir, d’accoster : les freins administratifs s’ajoutent à l’insécurité subie par le personnel humanitaire et restreignent l’accès aux populations vulnérables.

 

"AUJOURD’HUI, 3 PERSONNES SUR 4 ONT BESOIN D’AIDE ET 8,4 MILLIONS DE YÉMENITES SONT AU BORD DE LA FAMINE."

Une accumulation de chiffres qui donne le tournis : 16 millions de personnes ont besoin de soutien  en eau, assainissement et hygiène, 1,8 million d’enfants et 1,1 million de femmes enceintes et allaitantes sont en état de sévère malnutrition, incluant 400 000 enfants de moins de 5 ans qui souffrent de malnutrition aiguë sévère, la pire forme de sous-nutrition qu’il soit et qui menace directement leur vie.

Difficile de voir se profiler une amélioration lorsque seulement la moitié des structures de santé est fonctionnelle, et que le pays a connu plus d’1 million de cas de choléra en 2017.

"EN LIMITANT DRASTIQUEMENT LES IMPORTATIONS COMMERCIALES ET HUMANITAIRES VIA LE PORT D’HODEÏDA, LA COALITION CONTINUE D’ÉTOUFFER LE NORD DU PAYS CONTROLÉ PAR LES HOUTHIS MAIS CE SONT LES CIVILS QUI EN PAIENT LE PRIX"
Lapo Somiglio
Directeur d'Action contre la Faim, au Yémen

« Ce dont le Yémen à besoin, c’est de l’ouverture inconditionnelle des ports du nord, dont celui d’Hodeida, pour permettre à la nourriture, au fuel et aux médicaments d’atteindre rapidement les quelques 20 millions de personnes qui dépendent de ce port. »

Fuyant les combats, plus de 2 millions de personnes se sont déplacées dans le pays, avec tout ce que l’exode signifie ; perte des biens, des revenus, stress, trauma, violences. Aux Yéménites qui souffrent, s’ajoutent tous ceux qui ont cru trouver un refuge, car le pays accueille plus de 280 000 réfugiés et demandeurs d’asile.

Officiellement, la guerre a coûté la vie à près de 10 000 personnes. Mais des milliers d’autres sont mortes sans avoir pu être comptabilisées.

"AUJOURD’HUI QUAND LES BOMBES NE TUENT PAS, CE SONT LES MALADIES, LE MANQUE D’ACCÈS A LA NOURRITURE ET AUX SOINS OU LES PRIX QUI S’EN CHARGENT : LES VICTIMES INDIRECTES DE CETTE GUERRE SONT INNOMBRABLES."
Lapo Somiglio
Directeur d'Action contre la Faim, au Yémen

« On estime qu’un enfant meurt toutes les 10 minutes des conséquences directes et indirectes du conflit. Les gens sont épuisés, des centaines de milliers ne savent pas à quoi ressemblera leur prochain repas, si leurs enfants pourront être soignés ou si leurs salaires seront versés. Cela doit cesser. »

La complicité de la communauté internationale

Depuis trois ans, la coalition menée par l’Arabie Saoudite, les autres forces pro gouvernementales ou les Houthis violent en toute impunité le droit des populations civiles à être protégées de la guerre sans jamais en être inquiétés. Les grandes puissances occidentales comme la France, les Etats-Unis ou le Royaume-Uni se rendent complices en soutenant cette coalition, en fournissant des armes et en refusant de s’engager pleinement dans la résolution diplomatique du conflit. Action contre la Faim appelle à une position beaucoup plus ferme et volontaire vis-à-vis de toutes les parties au conflit. Après plus de 3 ans de guerre, il est temps que le calvaire des Yéménites cesse.


[1] République arabe du Yémen
[2] République démocratique populaire du Yémen
[3] FAO-Ministere de la Planification, Monthly Market Monitoring Bulletin, Fevrier 2018. http://bit.ly/2ptI7MK

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