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© Lys Arango pour Action contre la Faim

Eau, assainissement et hygiène

Qu’est-ce que la WASH ? 

Le secteur Eau, Assainissement et Hygiène (EAH), aussi appelé WASH en anglais (Water, Sanitation and Hygiene), désigne l’ensemble des interventions visant à garantir l’accès à une eau potable de qualité, à des services d’assainissement sûrs (latrines, gestion des déchets, traitement des eaux usées) et à la promotion des bonnes pratiques d’hygiène. Dans l’action humanitaire, l’EAH constitue un pilier essentiel de la lutte contre les maladies et la malnutrition. 

L’accès à l’eau potable et sa gestion est un élément central dans la gestion de toutes les crises humanitaires et alimentaires : la malnutrition d’un enfant sur deux est liée aux maladies hydriques, à un environnement insalubre et un accès à l’eau potable limité. 

En 2025, d’après les Nations Unies, environ une personne sur quatre n’avait pas accès à un service d’eau potable géré en toute sécurité, soit près de 2,1 de personnes dans le monde. En outre, 106 millions de personnes consomment encore de l’eau de surface non traitées (rivières, lacs, canaux, etc.). 

La situation est pire du côté de l’assainissement :  3,4 milliards d’humains n’avaient pas accès à des sanitaires de façon sûre¹ et 419 millions pratiquaient encore la défécation à l’air libre.  

Quelle est la différence entre l’eau potable et l’assainissement ? 

Plus de 80% des eaux usées générées dans le monde retournent dans l’écosystème sans avoir été traitées ou réutilisées². Dans la plupart des cas, les populations ne disposent pas des infrastructures nécessaires au traitement des eaux usées. 

Ces eaux véhiculent des matières fécales, des déchets médicaux, des pesticides d’agriculture et des produits chimiques potentiellement toxiques rejetés par les activités humaines. Des collectivités entières peuvent tomber malades si l’eau potable est contaminée et que l’hygiène est négligée. En buvant une source d’eau contaminée par des excréments les populations risquent de contracter des maladies mortelles comme la diarrhée, le choléra, la dysenterie, la typhoïde ou la polio. 

Améliorer l’accès à l’eau potable et sensibiliser les populations

L’accès à l’eau au service de la santé et de la nutrition

Parce que la malnutrition est étroitement liée aux conditions de vie et de santé, nous intégrons systématiquement des programmes d’eau, d’assainissement et d’hygiène à nos interventions. Ces actions permettent de prévenir les maladies hydriques qui fragilisent l’état nutritionnel des populations et aggravent l’insécurité alimentaire. 

Action contre la Faim mène des programmes d’amélioration de l’accès à une eau saine, de construction de latrines, des bains publics et met sur pied des réseaux d’assainissement pour assurer l’hygiène des collectivités.  Nous installons des systèmes locaux d’assainissement, des réseaux de drainage et des latrines dans les familles, centres de santé et écoles, et améliore ceux qui existent déjà. Et fait également de la sensibilisation aux bonnes pratiques d’hygiène et à la gestion de l’eau. 

Dans la région du Tigré, en Éthiopie, Action contre la Faim réhabilite et développe des infrastructures hydrauliques afin de rapprocher l’eau potable des foyers. En réduisant les longues distances parcourues chaque jour pour s’approvisionner en eau, ces installations améliorent les conditions de vie des familles et limitent leur exposition aux maladies hydriques. L’accès à une eau sûre contribue également à renforcer l’hygiène et à améliorer l’état nutritionnel des populations, en particulier celui des enfants. Cette approche illustre le lien étroit entre accès à l’eau, santé et prévention de la malnutrition, au cœur de notre action humanitaire. 

Action contre la Faim intervient dans la prévention de la malnutrition et mène des programmes d’amélioration de l’accès à une eau saine, de construction de latrines, des bains publics et met sur pied des réseaux d’assainissement pour assurer l’hygiène des collectivités. Elle installe des systèmes locaux d’assainissement, des réseaux de drainage et des latrines dans les familles, centres de santé et écoles, et améliore ceux qui existent déjà. Et fait également de la sensibilisation aux bonnes pratiques d’hygiène et à la gestion de l’eau.

Dans les situations d’urgence (épidémies, catastrophes naturelles, etc.), nous nous positionnons en acteur de terrain (distribution d’eau par camions citernes, de kits d’hygiène, mise en place d’assainissement d’urgence, mise en place de programme de prévention des risques), mais aussi en coordinateur de la réponse humanitaire.

L’assainissement et les services d’hygiène pour prévenir les crises et répondre aux urgences sanitaires

Dans les situations d’urgence (épidémies, catastrophes naturelles, etc.), nous nous positionnons en acteur de terrain (distribution d’eau par camions citernes, de kits d’hygiène, mise en place d’assainissement d’urgence, mise en place de programme de prévention des risques), mais aussi en coordinateur de la réponse humanitaire. 

Dans l’État de Borno, au nord-est du Nigeria, Action contre la Faim soutient les autorités sanitaires dans leur lutte contre une épidémie de choléra. Nos équipes ont mis en place des centres de triage spécialisés afin d’améliorer le dépistage précoce et la prise en charge des malades. En parallèle, nous distribuons des kits de prévention et du chlore aux communautés les plus vulnérables, tout en participant aux opérations de désinfection. 

Faire face aux crises climatiques pour garantir l’accès à l’eau  

Outre le traitement et la prévention de la malnutrition, Action contre la Faim mène une approche intégrée de la gestion des risques liés aux catastrophes naturelles, intégrant l’adaptation au changement climatique. Cette approche transversale est intégrée dans nos programmes au sein des divers domaines d’intervention. Il s’agit d’élaborer puis de mettre en œuvre des stratégies et des pratiques visant à limiter la vulnérabilité des populations, les aléas et les conséquences des catastrophes sur l’existence des populations. 

À Madagascar, le passage du cyclone tropical Gezani a fortement endommagé les infrastructures d’eau potable, privant de nombreuses communautés d’un accès sûr à l’eau. Face à cette situation, Action contre la Faim est intervenue pour rétablir les services essentiels, soutenir les populations affectées et limiter les risques sanitaires liés à la contamination de l’eau. Cette intervention s’inscrit dans une approche plus large de gestion des risques de catastrophe, combinant réponse d’urgence, réhabilitation des infrastructures et renforcement de la résilience des communautés face aux aléas climatiques.  

Nos solutions pour donner l’accès à l’eau potable et à l’eau nécessaire à l’hygiène et à l’agriculture

En quoi consiste un projet Eau, Assainissement et Hygiène ? 

Les projets d’Action contre la Faim sont guidés par une préoccupation majeure, soit assurer l’accès à l’eau, en particulier à l’eau potable, ce qui nous amène à :

Irak : faire face à la crise de l’eau pour préserver l’agriculture

Dans le sud de l’Irak, la raréfaction de l’eau menace directement les moyens de subsistance des populations rurales et leur sécurité alimentaire. Face à cette crise, Action contre la Faim accompagne les agriculteurs en réhabilitant les infrastructures hydrauliques et en améliorant les systèmes d’irrigation afin de préserver les productions agricoles. Nous intervenons également pour renforcer l’accès des communautés à une eau potable de qualité, essentielle à leur santé et à leur résilience. En sécurisant à la fois l’approvisionnement en eau pour l’agriculture et les usages domestiques, ces projets contribuent à lutter durablement contre l’insécurité alimentaire et la malnutrition. 

Comment assurer durablement l’accès de tous à l’eau potable ?

Les bénéfices à long terme de nos programmes, seraient difficiles à maintenir sans notre engagement de tous les instants envers la participation collective. Mettre sur pied des services de distribution de l’eau et d’installations sanitaires, c’est beaucoup plus que de mener à bien des travaux techniques.

Formation et sensibilisation pour accompagner les communautés,   

Pour assurer l’appropriation de ces systèmes par les bénéficiaires, il faut compter sur une approche communautaire afin d’élaborer conjointement le projet, d’encourager et de valoriser le travail et le potentiel local, la participation de la population, le sentiment d’appartenance et d’unir les énergies et les ressources. En organisant et en formant des comités pour l’eau dans les collectivités, Action contre la Faim assure la pérennité de la gestion et l’entretien des systèmes que nous réhabilitons et que nous installons.

Dans notre campagne pour vaincre la faim, l’eau potable et le contexte sanitaire sont aussi essentiels que la nourriture, mais seule la valorisation du savoir-faire local peut assurer leur durabilité.

Alors que les besoins globaux à l’échelle planétaire sont d’une ampleur catastrophique, nous développons des innovations en terme d’eau et d’assainissement, promouvons de meilleures habitudes d’hygiène et apprenons aux populations à utiliser leurs ressources naturelles.

L’accès inconditionnel à l’eau : un objectif de développement durable et un droit fondamental 

Il ne peut y avoir de sécurité nutritionnelle sans accès à l’eau potable, à l’assainissement et à l’hygiène. C’est pourquoi l’Objectif de Développement Durable n°6 (ODD 6) des Nations Unies vise à garantir un accès universel et équitable à l’eau potable et à des services d’assainissement sûrs d’ici 2030. Lorsque l’eau manque ou qu’elle est insalubre, les maladies se multiplient, les récoltes diminuent et le risque de malnutrition augmente, en particulier chez les jeunes enfants. Investir dans l’eau, l’assainissement et l’hygiène, c’est donc agir à la racine de la faim et construire des communautés plus résilientes. 

Le manque d’accès à l’eau potable, à l’assainissement et à l’hygiène, et leur conséquence sur la sous-nutrition, restent des enjeux majeurs à l’échelle mondiale que nous tentons de surmonter.

En 2025, à travers nos programmes en eau, assainissement et hygiène, près de 6,5 millions de personnes ont bénéficié de notre action.


¹Rapport OMS/UNICEF, Progress on household drinking water, sanitation and hygiene 2000 – 2025

²UNESCO, The United Nations world water development report 2025: Wastewater: the untapped resource