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Se reconstruire après les violences #2 © Guillaume Binet / MYOP
pour Action contre la Faim

Témoignages

Crise du Kasaï

Se reconstruire après les violences #1

Les enfants, premières victimes des conflits

Quelques enfants sont assis sur une paillasse posée au sol : à peine âgé de deux ou trois ans, ils semblent bien trop calmes pour leur âge. Ici, ce sont les cas les plus graves qui sont soignés, lorsque la malnutrition aiguë sévère est doublée de complications telles que le paludisme, la typhoïde ou des infections respiratoires. Les plus petits enfants sont recroquevillés dans les bras de mères, ou allongés sur les lits de ferraille qui composent la salle principale de l’Unité Nutritionnelle Thérapeutique Intégrée (UNTI) de la zone de santé de Kalonda Ouest, à Tshikapa, plongés dans un sommeil agité. Des gouttes de sueur perlent sur les fronts graciles. L’air est pesant : en entrant dans la pièce, on sent flotter tout le poids des violences subies par les familles de la région du Kasaï depuis un an et demi.

Cela fait quatre jours que Mimi a été admise à l’UNTI pour la prise en charge de son fils de 6 ans.  Atteint de fortes fièvres et de diarrhée, l’enfant avait de nombreux œdèmes sur le corps.

"Je pensais qu’il souffrait d’une épidémie, mais on m’a expliqué qu’il s’agissait de malnutrition aiguë sévère."
Mimi
Tshikapa, République Démocratique du Congo

« Charlie a reçu un traitement à base de lait thérapeutique et d’aliment thérapeutique prêt à l’emploi : en quatre jours, il y a déjà eu des évolutions. Les œdèmes ont fondu, ce qui a d’abord provoqué une perte de poids, mais il a retrouvé l’appétit et il recommence à jouer peu à peu ».

La jeune maman a les yeux fatigués et son corps porte les épreuves traversées ces derniers mois. A 33 ans, elle a déjà perdu le plus jeune de ses quatre enfants et l’intégralité de ses biens en raison des violences qui ravagent la région depuis l’été 2016.

Se reconstruire après les violences #1 © Guillaume Binet / MYOP pour Action contre la Faim

Se reconstruire après les violences #1

L’Unité Nutritionnelle Thérapeutique Intégrée (UNTI) de la zone de santé de Kalonda Ouest, à Tshikapa, République Démocratique du Congo.

© Guillaume Binet / MYOP pour Action contre la Faim

Se reconstruire après les violences #1 © Guillaume Binet / MYOP pour Action contre la Faim

Se reconstruire après les violences #1

L’Unité Nutritionnelle Thérapeutique Intégrée (UNTI) de la zone de santé de Kalonda Ouest, à Tshikapa, République Démocratique du Congo.

© Guillaume Binet / MYOP pour Action contre la Faim

Se reconstruire après les violences #1 © Guillaume Binet / MYOP pour Action contre la Faim

Se reconstruire après les violences #1

L’Unité Nutritionnelle Thérapeutique Intégrée (UNTI) de la zone de santé de Kalonda Ouest, à Tshikapa, République Démocratique du Congo.

© Guillaume Binet / MYOP pour Action contre la Faim

Se reconstruire après les violences #1 © Guillaume Binet / MYOP pour Action contre la Faim

Se reconstruire après les violences #1

L’Unité Nutritionnelle Thérapeutique Intégrée (UNTI) de la zone de santé de Kalonda Ouest, à Tshikapa, République Démocratique du Congo.

© Guillaume Binet / MYOP pour Action contre la Faim

SE RECONSTRUIRE APRÈS LES VIOLENCES #1 © Guillaume Binet / MYOP pour Action contre la Faim

Se reconstruire après les violences #1

L’Unité Nutritionnelle Thérapeutique Intégrée (UNTI) de la zone de santé de Kalonda Ouest, à Tshikapa, République Démocratique du Congo.

© Guillaume Binet / MYOP pour Action contre la Faim

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« Nous n’avions plus le choix, il fallait fuir »

Mimi est née et s’est mariée à Tshikapa, où elle vendait des savons et du pain : « Avant les violences, nous arrivions, tant bien que mal, à gagner de l’argent et à nourrir nos enfants » raconte-t-elle. Mais le conflit qui a éclaté à l’été 2016 entre un chef coutumier de la milice Kamuina Nsapu et l’Etat central a mis la région à feu et à sang.

« Lorsque les combats ont eu lieu entre l’armée et la milice Kamuina Nsapu, nous n’avions plus le choix : il fallait fuir. Nous avons vu des têtes coupées sur la route. En me dirigeant vers la forêt, je cherchais d’abord à sauver mes enfants. Mais je suis tombée alors que je tenais dans mes bras mon plus jeune enfant de 8 mois. Sa tête a heurté le sol. Il est mort 3 jours plus tard ».

Mimi et sa famille sont restés deux mois dans la brousse : « Nous nous nourrissions avec ce que nous trouvions, surtout du manioc et du riz. De nombreux enfants souffraient de sous-nutrition. Certains sont morts dans la forêt. Les miens sont tombés malades, et mon mari s’est fracturé la jambe. Au bout de deux mois, nous sommes sortis de la brousse. Mais aujourd’hui, nous n’avons plus d’activité génératrice de revenu ni de maison, et je n’ose plus me déplacer pour chercher de la nourriture : j’ai peur à la fois des miliciens et de leurs machettes, et de l’armée et de leurs armes. C’est très difficile de trouver à manger, c’est pour ça que Charlie est tombé malade. »

"j’ai peur à la fois des miliciens et de leurs machettes, et de l’armée et de leurs armes."
Mimi
Tshikapa, République Démocratique du Congo

Mimi soupire : ici, son fils est pris en charge, et son état s’améliore de jour en jour. Mais dehors, les violences continuent et l’avenir de sa famille est très incertain.

Traitements traditionnels et pauvreté endémique

A quelques pas à peine, au fond de la salle, un tout petit garçon nommé Domba a le corps couvert d’œdèmes et de tâches rouges et brunes. Sa peau est brûlée par la déshydratation et son état est critique en raison des traitements traditionnels qui lui ont été administrés par sa famille.

jeanne

L’un des problèmes identifiés par le personnel de santé est le recours aux traitements traditionnels sur les enfants malades. Malgré les séances de sensibilisation proposées par Action contre la Faim dans les communautés pour permettre de dépister et de traiter la sous-nutrition, beaucoup de parents se tournent vers des « médecines » traditionnelles. La tante de Domba lui a donné une décoction faite de racines, de citronnelle et de noix de coco pour traiter ses symptômes.

Ici, les conflits sont venus aggraver l’insécurité alimentaire déjà existante, comme une toile de fond aux couleurs du désespoir.

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