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Christophe Da Silva pour Action contre la Faim

À la Une

Climat

Urgence climatique, migration et faim : il est temps d’agir !

143 millions de déplacés climatiques d’ici 2050. Le constat du rapport de la banque mondiale de 2018 est sans appel, il met sous le feu des projecteurs une situation plus qu’alarmante dénoncée depuis plusieurs années par de nombreuses ONG et depuis près de 40 ans par les scientifiques.

L’expression urgence climatique est définie comme « une situation dans laquelle une action urgente est nécessaire pour réduire ou arrêter le changement climatique et éviter des dommages environnementaux potentiellement irréversibles qui en résultent ». En la désignant comme expression de l’année, Oxford Dictionaries met en lumière la prise de conscience des populations et la nécessité d’agir immédiatement. Le Parlement Européen vient quant à lui de déclarer, symboliquement, l’état d’urgence climatique jeudi dernier, en vue de la Cop 25 qui se tiendra du 2 au 15 décembre.

A l’heure actuelle, les régions du monde les plus affectées par les aléas du climat sont l’Asie, plus précisément l’Asie du Sud Est et l’Afrique subsaharienne même si les effets se font sentir partout dans le globe. Aujourd’hui plus de 821 millions de personnes souffrent de la faim pour diverses raisons et le changement climatique est l’une d’entre elles.

 

 

Les conséquences directes sur la faim sont indéniables : désertifications, inondations des récoltes, pénuries des stocks alimentaires… D’autres apparaissent graduellement, comme les déplacements forcés. Les migrations dues à l’environnement ont toujours existé, les populations nomades ou sédentaires se déplacent si le climat est trop extrême par instinct de survie. Or, les changements drastiques de climat, températures et l’exacerbation des aléas climatiques forcent chaque fois plus de personnes à quitter leur foyer faisant naître les migrants environnementaux ou déplacés climatiques.

Ces changements climatiques et catastrophes naturelles ont des conséquences sur les populations les plus vulnérables. Les pays en développement sont en majeure partie les premiers à payer le prix fort des erreurs commises par les pays industrialisés. Si le lien intrinsèque entre le climat et la faim parait évident les conséquences sur l’insécurité alimentaire, la gestion de l’eau et la prolifération de maladies l’est moins.

 

DÉRÈGLEMENTS climatiques

 

Selon Global Footprint Network, si toute la planète vivait comme un Français, il faudrait 2,7 planètes pour satisfaire les besoins de la population mondiale.

L’insécurité alimentaire définit le moment où une personne est dans l’impossibilité de s’alimenter correctement et quotidiennement pour maintenir un régime alimentaire sain.

"26% de la population mondiale a souffert d’insécurité alimentaire modérée ou sévère en 2018."
FAO

Le lien avec le climat est indéniable : fonte des calottes glaciaires disparition de 60% des espèces animales, destruction des écosystèmes, de la faune de la flore, prolifération des feux de forêts comme celui qui ravage l’Amazonie. Chaque dérèglement climatique a une conséquence sur la faim : destruction des cultures et des stocks alimentaires, pénuries d’eau, désertifications des terres, perte de biodiversité et joue un rôle direct sur la capacité des populations à pouvoir se nourrir. 

"Au Sahel, 24 millions de personnes ont besoin d’aide et 11 millions souffrent d’insécurité alimentaire."
Action contre la Faim

En Ethiopie plus de 70% de la population vit de l’agriculture et de l’élevage et l’économie du pays repose en partie sur cette activité. Cette année, les agriculteurs du pays ont dû affronter la deuxième sécheresse la plus grave depuis 3 ans. Garbicha vit de l’agriculture, face au manque d’eau il ne peut plus alimenter son bétail : « cette situation est très difficile, même si nous avons encore des pâturages s’il n’y a pas d’eau notre bétail va mourir. Et s’il meurt… De quoi vivrons-nous ? » nous confie-t-il.

 

 

Les agriculteurs et petits producteurs des pays en développement sont les premiers à souffrir des conséquences du changement climatique. Avec les périodes de sécheresse qui s’allongent, les périodes de soudure sont de plus en plus longues. Ces périodes comprennent la réserve de grains entre la dernière récolte et la suivante. Dans beaucoup de pays du Sahel souvent les stocks alimentaires prévus ne suffisent plus. La salinisation des sols avec la montée des eaux qui s’infiltrent dans les terres ruinent les cultures et diminuent les surfaces agricoles. Le manque de précipitations dans la région du Sahel ou de la corne de l’Afrique mettent en danger les populations. Selon les estimations, en Somalie 2,2 millions de personnes pourraient être confrontées à une crise ou à des niveaux d’urgence d’insécurité alimentaire aiguë d’ici juillet.

 Or les agricultures familiales assurent 80% de la production alimentaire mondiale, au-delà de la perte de leur seul moyen de subsistance les agriculteurs perdent aussi leur capacité à nourrir le reste du monde.

 

Déplacements forcés

 

Quand la situation devient trop grave, la population est forcée de se déplacer à la recherche d’alternatives. Les catastrophes naturelles ravagent les pays les plus pauvres et les moins préparés à ce type d’urgences, après chaque catastrophe la population est appauvrie et doit tout reconstruire.

L’organisation Internationale des Migrations définit les déplacés climatiques comme « les personnes ou groupes de personnes qui, essentiellement pour des raisons liées à un changement environnemental soudain ou progressif influant négativement sur leur vie ou leurs conditions de vie, sont contraintes de quitter leur foyer ou le quittent de leur propre initiative, temporairement ou définitivement, et qui, de ce fait, se déplacent à l’intérieur de leur pays ou en sortent ».

Selon l’Observatoire des situations de déplacement interne, rien qu’en 2018, 17,2 millions de nouveaux déplacements causés par les catastrophes naturelles ont été recensés contre 10 millions à cause des conflits. Les crises politiques comme le conflit syrien en cours depuis maintenant 8 ans, les crises chroniques dans des pays comme la Centrafrique ou le Sud Soudan génèrent des mouvements migratoires, des déplacements de populations vers d’autres pays dans le but d’y trouver refuge. Cependant, les déplacements internes de la population, restent les plus nombreux et sont en augmentation face à l’accélération des dérèglements climatiques. L’année dernière, 61% des déplacements internes ont été déclenchés par des catastrophes. 

L’Ethiopie avait déjà fait face à l’une des pires famines de ce siècle en 1983 qui avait laissé 2,5 millions de déplacés internes. En 2016, une violente sécheresse vient frapper le pays la pire en 50 ans, près de 10 millions d’éthiopiens ont eu besoin d’une aide alimentaire d’urgence. Cette année, le cyclone Idai s’est abattu sur le Mozambique et le Zimbabwe, suite à la catastrophe une épidémie de choléra s’est propagée, 4000 cas ont été recensés. A la suite d’inondations le premier risque est la proliférations de maladies hydriques comme le choléra, le manque d’accès à l’eau potable force les populations à boire de l’eau impure.  Plus d’un déplacement climatique sur deux est causé par des inondations. Après la catastrophe rien qu’au Mozambique nous comptions plus de 161 000 déplacés internes.

 

 

"Plus d’un déplacement climatique sur deux est causé par des inondations."
Observatoire des Déplacements Climatiques

Même si les déplacés climatiques se déplacent en majorité suite à une catastrophe naturelle, ils restent en règle générale dans leur pays et s’installent dans une autre région, c’est là que des tensions peuvent apparaître ; qu’elles soient ethniques, religieuses ou liées au manque de ressources, des conflits peuvent alors survenir.

 

Notre action

La faim s’inscrit dans une dynamique de long terme en grande partie entretenue par le dérèglement climatique. 600 millions de personnes supplémentaires souffriront ainsi de la faim d’ici à 2080 à cause des dérèglements climatiques. Les changements climatiques et la sécurité nutritionnelle sont donc étroitement liés et pourraient augmenter les retards de croissance chez l’enfant de 62% en 2050 et augmenter le nombre d’enfants sous-alimentés de 25,2 millions.

Dans nos pays d’intervention nous menons différentes actions pour promouvoir des pratiques respectueuses de la terre  et de l’environnement. L’agroécologie constitue une réponse complète aux défis de la sécurité alimentaire, de la nutrition et du changement climatique. Elle contribue à la mise en œuvre du droit à l’alimentation, en proposant de nouvelles bases pour un système alimentaire durable, une agriculture résiliente et une bonne nutrition. La démocratisation de pratiques comme l’agroécologie ou agroforesterie parmi les plus connues est nécessaire voire indispensable. Dans des pays comme le Tchad ou le Guatemala le retour aux pratiques ancestrales de culture permet de protéger les sols et l’environnement.

En Ethiopie, dans la région de Gambella  nous avons créé des jardins pour que les réfugiés présents dans le pays puissent cultiver leurs aliments, une grande partie d’entre eux avait dû abandonner leurs terres et se sont retrouvés sans moyens de subsistance. Pour d’autres c’était l’occasion d’apprendre un nouveau métier et de pouvoir nourrir leur famille. 

Au Guatemala, dans la région du couloir sec, il est très difficile de cultiver la terre, nous avons formé des communautés à l’agroforesterie afin d’apprendre à mieux conserver les sols et pouvoir cultiver des terres que beaucoup jugeaient stériles auparavant. Les communautés rurales ont pu agrandir leurs plantations et diversifier les plantations. Dans la région de Chiquimula nous créé des banques de semences pour diversifier les produits du régime alimentaire des familles et à stabiliser les prix des semences. Grâce à l’accumulation et à la distribution de ces graines, le coût de ces produits est évité pendant les mois de pénurie.

Rien qu’en 2018 nous avons soutenu plus de 2.7 millions de personnes à travers nos programmes en sécurité alimentaire et moyens d’existence.

Pour lutter contre les dérèglements climatiques il est nécessaire d’avoir un engagement politique et que des mesures en accord avec la situation actuelle soient prises. Les déplacements de population vont continuer à se multiplier qu’ils soient internes ou dans d’autres pays et si rien n’est fait, ils ne feront qu’augmenter. Les pays riches ont un devoir de solidarité envers les populations les plus pauvres afin de respecter et d’atteindre les Objectifs de Développement Durable d’ici 2030. La France doit maintenant donner les gages concrets d’une politique de transition écologique ambitieuse, qui se libère des énergies du passé : le nucléaire et les énergies fossiles (pétrole, gaz, charbon). 

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