La maladie et la malnutrition forment un cercle vicieux. Les personnes souffrant de malnutrition courent un plus grand risque de tomber malades. Pour les nourrissons et les jeunes enfants dénutris, ce risque accru peut souvent faire la différence entre la vie et la mort. De la même façon, les gens affaiblis par la maladie peuvent être facilement victimes de malnutrition, ce qui entraîne un déclin fulgurant de leur état. Quand la malnutrition est combinée à la maladie, des maux faciles à traiter comme la diarrhée peuvent devenir mortels. De ce fait, ACF lutte aussi contre les maladies qui accompagnent les carences en nutrition.

Par ses programmes de nutrition, ACF traite et prévient la malnutrition aiguë chez les personnes les plus vulnérables, dont les jeunes enfants et les femmes enceintes ou qui allaitent. Nous lançons ces programmes le plus souvent en temps de crise; lorsqu'un tremblement de terre anéantit une ville, lorsque la guerre civile déchire un pays, lorsque la sécheresse mène à la famine, lorsque des familles fuient la violence pour se retrouver victimes de la faim. Les contextes dans lesquels nos programmes évoluent sont aussi variés que les crises : des villages de montagne reculés jusqu'aux villes divisées par des conflits ethniques, en passant par des camps de réfugiés ou de déplacés dans leur propre pays.
Selon les exigences particulières à chaque situation, son contexte et la culture locale, conçoit un programme de nutrition qui répondra le mieux aux besoins de la population-cible. Les composantes principales de ce programme comprennent une évaluation des besoins alimentaires de la communauté en question, le traitement et la prévention de la malnutrition ainsi que la formation technique des travailleurs nationaux chargés de la nutrition et de la santé publique. La culture, les infrastructures et la géographie locale sont aussi pris en compte. Les résultats de cette analyse contribuent à déterminer le nombre et l’emplacement les centres de distribution requis pour soulager efficacement la crise alimentaire. L'approche s'articule autour d'une stratégie souple de réaction pour mieux nous adapter à des conditions susceptibles de changer rapidement. Dès que les conditions le permettent, nous nous efforçons d'intégrer nos programmes aux structures existantes de santé publique, pour assurer le bien-être nutritionnel futur de la communauté.
Traitement et prévention de la malnutrition aiguë
Forte de son quart de siècle d'expérience, a mis au point une méthode efficace de traitement de la malnutrition aiguë qui inclut des protocoles testés sur le terrain et des produits nutritionnels approuvés par une commission consultative scientifique internationale. Des cliniques thérapeutiques offrent des soins jour et nuit aux personnes les plus atteintes par la malnutrition aiguë — nourrissons, jeunes enfants, femmes enceintes ou allaitant. Sans un traitement adéquat, ces femmes et enfants feraient face à une mort imminente. Une fois soignées, la majorité de ces personnes peuvent retourner dans leur famille 30 jours plus tard.
Afin de prévenir une rechute chez ceux qui quittent guéris les cliniques thérapeutiques, et pour porter secours à ceux qui souffrent de malnutrition aiguë mais qui ont besoin de soins moins intensifs, les centres de nutrition d’appoint procurent un traitement hebdomadaire. Notre personnel évalue de près la santé nutritionnelle des bénéficiaires et dispensent des préparations alimentaires thérapeutiques pouvant être consommées sans préparation spéciale et transportées facilement dans des lieux reculés. Souvent mobiles, ces centres aident également ceux qui ne peuvent joindre le réseau des cliniques de traitement thérapeutique.

Parfaitement au fait des liens étroits entre la malnutrition et la maladie, lutte aussi contre les maladies qui accompagnent une alimentation déficiente. Par nos efforts pour combattre la malnutrition modérée et sévère, nous ne tentons pas seulement de sauver les enfants de la famine, nous cherchons à rétablir leur santé. Lorsqu’un enfant est soumis à un traitement dans un centre nutritionnel, nous lui administrons des médicaments pour prévenir les infections et les maladies qui peuvent faire des ravages si on leur laisse le champ libre.
Parmi nos autres activités reliées à la santé, mentionnons les programmes de vaccination et la distribution de vitamine A et fer pour les mères et les enfants qui en ont besoin, ainsi que des activités pédagogiques pour la sauvegarde de la santé par de bonnes pratiques nutritionnelles. Fidèles à notre approche globale de l’aide, nous collaborons étroitement avec les systèmes de santé publique existants pour nous assurer que notre travail profite de l’expérience locale et l’enrichit. Dans la foulée d’une crise, ACF peut aider à rétablir les infrastructures de santé publique en mettant en œuvre des cliniques mobiles sur le terrain, dans des régions touchées par des épidémies, en ouvrant et en approvisionnant des centres de soins et de santé primaire, et en formant le personnel médical dans divers champs comme la vaccination, les soins de santé prénataux et les méthodes d’identification des symptômes de la maladie et de la malnutrition.
Formation technique et soutien des équipes sur place
Même en temps de crise, lorsque nous nous employons à sauver des vies, nous contribuons déjà à renforcer et à reconstruire l’infrastructure des soins de santé. Nous y arrivons en embauchant, dès le démarrage, des membres de la communauté locale qui constituent la majeure partie de nos équipes sur le terrain. Dès que la situation se stabilise, nous adaptons peu à peu nos programmes de façon à ce qu’ils s’intègrent au système de santé publique du pays. Dès que la crise se résout et qu’ ACF peut quitter le pays, le personnel local reste pour continuer.
Plus particulièrement 2002, nous avons comme objectif de mieux intégrer les dimensions humaines, psychologiques et culturelles dans les programmes pour mieux comprendre les causes de la malnutrition et pour mieux la soigner. ACF intègre donc les pratiques de soins infantiles et les aspects psychologiques, sociaux et culturels dans sa compréhension des contextes et des causes de la malnutrition. Les programmes incluent un renforcement des pratiques de soins infantiles, de la guidance parentale, du soutien psychosocial et psychologique pour prévenir et améliorer le traitement de la malnutrition. L’approche promeut les pratiques de soins adaptées et agit sur ce qui facilite ou entrave leur bonne mise en œuvre.
ACF a ainsi développé une expertise en pratiques de soin, spécifique aux activités inhérentes à son mandat : par exemple, les interventions de soin de la malnutrition disposent aujourd’hui de leur propre outil psychosocial pour améliorer les relations mères-enfants abîmées et tenter d’enrayer les retards de développement potentiels des enfants en situation de malnutrition.
Au cours des dernières années, les problématiques liées à la santé mentale ont pris une importance croissante au sein du champ humanitaire et paraissent actuellement difficilement contournables dans les contextes de post-guerre, de catastrophe naturelle et de pauvreté extrême, contextes dans lesquels ACF-F intervient la plupart du temps. Les personnes auxquelles nous venons en aide sont souvent marquées par ces contextes d’insécurité, de déstructuration sociale et familiale, de violences physiques et psychologiques.
Des activités diverses permettent de renforcer le processus de guérison et la résilience de nos patients et de leur entourage. Dans la plupart de nos centres de soin, nous prenons connaissance de manière précise des profils psychosociaux de nos bénéficiaires pour cerner les causes et / ou conséquences de leur situation de malnutrition et de leur souffrance pour y répondre.
Aujourd’hui, les interventions en santé mentale et pratiques de soins d’ACF-F sont de plus en plus variées : soutien psychologique aux personnes atteintes de VIH ou aux victimes d’une une catastrophe naturelle, support psychologique pour des bénéficiaires de programmes eau et assainissement et sécurité alimentaire notamment pour les femmes et enfants déplacés.