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© Christophe Da Silva pour Action contre la Faim

L’agroécologie pour lutter contre la faim dans le monde

Qu’est-ce que l’agroécologie ?

La faim est en augmentation pour la cinquième année consécutive. Selon le rapport 2026 sur l’État de la sécurité alimentaire et de la nutrition (SOFI), elle touche 645 millions de personnes dans le monde. Les causes sont multiples : les conflits, les inégalités économiques et sociales ou encore la crise climatique.

L’agroécologie pour lutter contre la faim et le changement climatique dans le monde

Les conséquences du changement climatique sont de plus en plus visibles et menacent 
chaque jour un nombre croissant de personnes. Les phénomènes climatiques tels que les
sécheresses, les pluies diluviennes, les inondations, les tempêtes s’amplifient et accentuent les menaces qui existent déjà sur les populations les plus vulnérables auprès desquelles intervient Action Contre la Faim.

Face aux crises qui se succèdent, nous répondons d’abord en urgence en dépistant, traitant et prévenant la malnutrition, en permettant un accès à l’alimentation tout en sécurisant les
moyens d’existence, ainsi qu’un accès à l’eau et aux soins de santé dans nos pays
d’intervention. En parallèle, nous proposons des solutions pour une plus grande résilience des populations et des systèmes de production locaux. Par exemple, dans le cadre de nos
interventions en sécurité alimentaire et moyens d’existence, l’une des solutions que nous
promouvons est le développement et le renforcement de l’agroécologie et de l’agriculture
paysanne dans nos pays d’intervention.

Pour lutter contre la faim et apporter des réponses aux changements climatiques, Action 
contre la Faim promeut le développement de l’agroécologie auprès des populations les plus
vulnérables de ses zones d’intervention et dans son plaidoyer auprès des Etats, pour que
l’agroécologie paysanne soit soutenue par les politiques publiques et les partenaires au
développement.

Définition de l’agroécologie 

Qu’est-ce que l’agroécologie ? 

L’agroécologie est définie à la fois comme une discipline scientifique, un ensemble de 
pratiques agricoles et alimentaires et un mouvement social. (FAO)

Comme discipline scientifique, l’agroécologie est l’application de l’écologie à l’étude, à la 
conception et à la gestion de systèmes agricoles et alimentaires durables.
Comme ensemble de pratiques agricoles, l’agroécologie valorise les techniques et moyens
d’améliorer les systèmes agricoles en imitant les processus biologiques et en utilisant des
solutions naturelles, créant ainsi des interactions biologiques et bénéfiques entre les
composantes de l’agroécosystème.

Dans sa dimension sociale, l’agroécologie est un levier majeur de développement social et de renforcement de la cohésion sociale (échange entre producteurs, consommateurs et tous les autres acteurs des systèmes alimentaires, résorption des inégalités sociales au sein des
communautés, apprentissage mutuel et partage entre producteurs, etc).

En tant qu’approche globale, l’agroécologie implique toutes les sphères de l’organisation 
sociale : sécurité alimentaire, nutrition et santé, environnement et lutte contre les
changements climatiques ainsi que le développement économique et social.

Bio, permaculture ou agroécologie ? Quelle est la différence entre agroécologie et agriculture biologique ?

L’agriculture biologique est une agriculture qui se caractérise principalement par l’absence 
d’utilisation d’intrants chimiques dans les exploitations agricoles. C’est un mode
d’agriculture qui prône le respect du vivant et des cycles naturels à travers un mode de
production respectueux de l’environnement et du bien-être animal. Le mode de production
bio respecte un cahier des charges bien précis. L’agriculture biologique est une composante
de l’agroécologie.

En plus de la non-utilisation des produits phytosanitaires que prône l’agriculture biologique, 
l’agroécologie cherche à intégrer d’autres paramètres comme les dimensions économiques,
sociales et environnementales de l’exploitation agricole.

La permaculture est un modèle de production agricole qui préserve la diversité, la stabilité et la résilience des écosystèmes naturels. C’est une intégration harmonieuse des activités
humaines et des écosystèmes dans le but de produire de la nourriture, de l’énergie, de
construire des logements durables et de répondre à des besoins matériels et immatériels d’une manière durable. Si la permaculture est proche de l’agroécologie, elle en diffère par le fait qu’elle est restée relativement isolée de la recherche scientifique (l’agroécologie revêtant elle une discipline scientifique).

Quel sont les objectifs de l’agroécologie ? 

L’agroécologie base ses fondamentaux sur une approche intégrée et durable de développement agricole qui allie la performance économique de l’agriculture à sa durabilité environnementale et à sa dimension sociale.

Elle vise à mobiliser et optimiser les interactions entre les végétaux, les animaux, les humains et l’environnement tout en prenant en compte les aspects sociaux à considérer pour qu’un système agricole et alimentaire soit durable et équitable.

Quels sont les grands principes de l’agroécologie ? 

L’agroécologie base ses fondamentaux sur les 10 éléments de l’agroécologie tels qu’élaborés par la FAO et illustrés par le schéma suivant1 :

© FAO

 
Selon la FAO, les dix éléments de l’agroécologie se définissent comme suit :

Partant de ces 10 éléments de l’agroécologie, le Groupe d’experts de haut niveau sur la sécurité alimentaire et la nutrition (HLPE) a proposé 13 principes de l’agroécologie2, complétant ainsi les 10 éléments de l’agroécologie en y rajoutant la santé des sols et des animaux ainsi qu’en apportant des précisions sur la diversité en distinguant la biodiversité et la diversification économique.

  1. Le recyclage : Utiliser de préférence les ressources renouvelables locales et clore autant que possible les cycles des ressources en nutriments et en biomasse.
  2. La réduction des intrants : Réduire ou éliminer la dépendance à l’égard des intrants achetés, en particulier les intrants synthétiques, à remplacer par des intrants biologiques et des méthodes de gestion écologiques.
  3. La santé du sol : Garantir et améliorer la santé et le fonctionnement du sol afin de favoriser la croissance des plantes via la gestion de la matière organique et l’amélioration de l’activité biologique du sol.
  4. Le bien-être animal : Assurer la santé et le bien-être des animaux.
  5. La biodiversité : Maintenir et améliorer la diversité des espèces, la diversité fonctionnelle et les ressources génétiques et préserver la biodiversité dans l’agroécosystème dans le temps et l’espace à l’échelle du champ, de l’exploitation et du paysage.
  6. Les synergies : Les interactions écologiques positives, les synergies, l’intégration et la complémentarité des éléments de l’agroécosystème (animaux, plantes, arbres, sol, eau) sont renforcées.
  7. La diversification économique : Diversifier et sécuriser les sources de revenus des exploitations agricoles afin de renforcer leur indépendance financière, de créer de nouvelles opportunités de valeur ajoutée et de mieux répondre à la demande des consommateurs.
  8. La co-création des connaissances : Renforcer la co-création et le partage horizontal des connaissances, y compris l’innovation locale et scientifique, notamment par des échanges entre agriculteurs, chercheurs et experts.
  9. Les valeurs sociales et les types d’alimentation : Développer et encourager des systèmes alimentaires fondés sur la culture, l’identité, la tradition, l’équité sociale et de genre afin de garantir des régimes alimentaires sains, diversifiés, saisonniers et culturellement adaptés.
  10. L’équité : Soutenir des moyens de subsistance dignes et stables pour tous les acteurs du système alimentaire, en particulier les petits producteurs alimentaires, sur la base du commerce équitable, des conditions de travail justes et une gestion équitable des droits de propriété.
  11. La connectivité : Assurer la proximité et la confiance entre les producteurs et les consommateurs en favorisant les circuits courts et par la promotion de réseaux de distribution équitables et courts et la réintégration des systèmes alimentaires dans les économies locales.
  12. La gouvernance des territoires et des ressources naturelles : Reconnaître et soutenir les besoins et les intérêts des agriculteurs familiaux, des petits exploitants et des producteurs alimentaires paysans en tant que gestionnaires durables et gardiens des ressources naturelles et génétiques. Les structures institutionnelles et les mesures politiques pour une gouvernance des territoires et des ressources naturelles en lien avec les agriculteurs sont renforcées.
  13. La participation : L’organisation sociale et une plus grande participation des producteurs et des consommateurs de denrées alimentaires à la prise de décision est renforcée et les formes d’organisation sociale sont encouragées à différents niveaux du système alimentaire afin de soutenir la gouvernance décentralisée et la gestion locale des systèmes agricoles et alimentaires.

L’agroécologie nous invite à repenser nos systèmes de production agricole et alimentaire en s’appuyant sur les performances économiques, environnementales et sociales de l’agriculture.

Agroécologie et sécurité alimentaire 

Plusieurs acteurs (agronomes, experts, ONG, producteurs, consommateurs, etc.) s’accordent sur le fait que l’agroécologie peut apporter durablement des réponses à la sécurité alimentaire mondiale.

Il existe une solide base théorique et des données empiriques montrant que les résultats en matière de sécurité alimentaire portant sur les quatre dimensions de la sécurité alimentaire (disponibilité, accès, utilisation, stabilité) sont aussi bons, voire parfois meilleurs, pour les systèmes agroécologiques que pour les alternatives conventionnelles3. Ce qui contribue grandement à résoudre le problème de la faim dans le monde et ce de manière durable, fournissant ainsi des solutions alternatives et locales à l’insécurité alimentaire, particulièrement dans les régions du monde où la sécurité alimentaire des ménages dépend exclusivement de leur propre production.

Par ailleurs, il faut noter que la faim dans le monde n’est pas liée qu’à la simple question de rendement et de disponibilité alimentaire. Au-delà du rendement que met en avant l’agriculture conventionnelle, l’agroécologie apporte aussi des solutions aux autres limites de l’agriculture industrielle, tels que la création des inégalités à l’endroit des populations les plus vulnérables dans l’accès à l’alimentation, l’aggravation de la pauvreté et de la malnutrition dans le monde, ainsi que la dégradation de l’environnement, en particulier dans les régions du monde où ces enjeux constituent les causes profondes de la faim et font obstacle à son éradication ; ce qui est notamment le cas de nombreux pays, théâtres des interventions agricoles d’Action contre la Faim.

Ainsi, dans l’article “Agroecology Is the Solution to World Hunger”4, publié dans la revue « Scientific America », Raj Patel indique que pour mettre fin à la faim (et sans jeu de mot), il ne suffit pas seulement de produire davantage de nourriture mais il faut aussi s’attaquer aux hiérarchies de pouvoir qui gouvernent les systèmes alimentaires mondiaux.

Par exemple, il mentionne qu’au cours de la dernière décennie, la production alimentaire mondiale a généralement surpassé la demande, mais qu’en raison des inégalités sociales mondiales et régionales, les niveaux de la faim dans le monde sont restés toujours élevés ; ce qui soutient l’argument selon lequel la faim persiste dans le monde pas parce que les populations sont privées de nourriture du fait de sa rareté, mais parce qu’elles n’ont pas le pouvoir d’y accéder.

Quelles sont les pratiques agroécologiques ? 

Polyculture et diversification de la production agricole 

Une des pratiques agricoles mises en avant par l’agroécologie est l’intégration de l’agriculture et de l’élevage ou polyculture. La polyculture est un ensemble de pratiques respectueuses de la gestion des ressources de production qui favorise un recyclage des ressources naturelles par la création de synergies bénéfiques entre la production végétale et animale, faisant ainsi des extrants du système de production végétale comme intrants pour le système de production animale (par exemple, l’usage des cultures fourragères et des résidus de cultures comme aliment bétail et extrants et résidus de l’élevage comme fertilisants biologiques pour la production végétale).

La diversification des cultures constitue donc un des piliers de l’agroécologie.

À cela il faut ajouter des flux économiques de part et d’autre, en particulier pour les petits 
producteurs : les revenus de la vente des cultures permettant d’acquérir des animaux et la
vente d’animaux permettant d’investir dans la production végétale.

Les pratiques agroécologiques telles que les associations et rotations des cultures et 
l’agroforesterie procurent de multiples avantages. Contrairement aux systèmes
monoculturaux qui amenuisent la fertilité des sols et engendrent la baisse de la biodiversité,
les rotations et les associations culturales procurent plusieurs avantages. Ainsi elles
concourent de façon transversale à plusieurs principes de l’agroécologie, en lien notamment
avec la fertilité du sol, la capacité de rétention en eau du sol, l’amélioration de la biodiversité,
la gestion de la pression phytosanitaire, la lutte contre le changement climatique. De façon
globale, elles contribuent aux interactions et synergies biologiques et bénéfiques entre les
différentes plantes cultivées, les arbres, le sol, les animaux, et l’environnement.

Gestion durable des ressources naturelles et de la biodiversité 

Un des objectifs fondamentaux de l’agroécologie est d’utiliser de manière raisonnée et optimisée les ressources naturelles : meilleure gestion de la santé du sol, utilisation optimisée de l’eau agricole, meilleure gestion et préservation durable de la biodiversité. L’agroécologie joue ainsi un rôle clé dans la préservation des nappes phréatiques.

L’agroécologie est un moyen de faire face à la rareté croissante des ressources naturelles contribuant ainsi à la préservation de l’environnement. Aussi, l’agroécologie offre un certain nombre de services écosystémiques (protection de l’habitat pour la faune, diversité de la flore, préservation de la diversité génétique et gestion optimisée des ressources hydriques agricoles).

L’agroécologie préserve aussi l’environnement à travers la fertilisation organique des sols, la restauration des terres et la lutte contre la désertification.

Le recyclage au sein de l’exploitation agricole est aussi une idée forte de l’agroécologie car cela permet de réduire les coûts économiques, sociaux et environnementaux de la production agricole.

Favoriser les échanges et le développement au niveau local 

Les valeurs humaines et sociales sont une composante essentielle de l’agroécologie. Protéger et améliorer les moyens de subsistance des populations rurales, assurer l’équité et le bien-être social sont essentiels à des systèmes alimentaires et agricoles durables. L’agroécologie représente ainsi un levier majeur de développement des zones rurales et de renforcement de la cohésion sociale.

Sur le plan économique, les pratiques de l’agroécologie représentent de potentielles opportunités d’emplois pour les zones rurales car l’emploi lié à l’agroécologie permet de diversifier les revenus, juguler l’exode rural et amorcer le développement économique des zones rurales.

L’économie circulaire et solidaire que met en avant l’agroécologie permet de rétablir le lien entre les producteurs et les consommateurs. Les filières courtes d’approvisionnement rendent les consommateurs moins vulnérables aux fluctuations des prix des denrées alimentaires sur le marché par la mise à disposition d’aliments nutritifs de qualité issus de la production locale. Ce qui renforce les systèmes alimentaires locaux.

Par exemple, les fermes agroécologiques recréent du lien social au sein de leur territoire et favorisent même l’amélioration du tissu économique d’une région en favorisant directement ou indirectement l’emploi et la vie des petits commerces de proximité.

Améliorer l’autonomisation et la résilience des petites exploitations agricoles familiales

L’agroécologie permet aux petits producteurs de devenir plus autonomes et auto-suffisants en termes d’intrants agricoles. En effet, l’agroécologie permet le recyclage et l’utilisation maximale des ressources disponibles au champ, plutôt que l’usage d’intrants chimiques externes souvent coûteux. Ce qui de façon ultime renforce le pouvoir d’achat des ménages d’agriculteurs, leur autonomie et leur résilience.

Une meilleure résilience des personnes, des communautés et des écosystèmes est essentielle à des systèmes alimentaires et agricoles durables. L’agroécologie apporte des solutions locales aux enjeux de la sécurité alimentaire, de la nutrition et du changement climatique avec des solutions qui s’adaptent aux contextes locaux et au climat local.

Science nouvelle, savoir-faire ancien 

Les pratiques agroécologiques reposent sur des savoir-faire traditionnels et des bases 
scientifiques. L’agroécologie est une science des écosystèmes, qui met notamment en valeur
les connaissances du terrain, les savoirs paysans.

La recherche agricole en agroécologie vise à remettre à jour des techniques paysannes 
efficaces en les validant par de la recherche sicentifique ; les savoirs paysans sont ainsi alliés
des connaissances scientifiques.

Les innovations agricoles sont davantage susceptibles de résoudre les problèmes locaux 
lorsqu’elles sont élaborées de manière conjointe dans le cadre de processus participatifs.

L’agriculture paysanne et familiale, première victime du réchauffement climatique

Avec l’intensification des phénomènes climatiques, les populations déjà vulnérables sont plus que jamais exposées à l’insécurité alimentaire. Les conséquences du changement climatique sur la faim sont indéniables : désertifications, inondations des récoltes, pénuries de stock alimentaires, pertes des récoltes, émergence de ravageurs et maladies de culture… forçant des millions de personnes à se déplacer pour survivre.

Les agriculteurs et les petits producteurs des pays en développement sont les premiers à souffrir des conséquences du changement climatique. Au-delà de la perte de leurs moyens d’existence, les agriculteurs perdent aussi leur capacité à nourrir le reste du monde.

En effet, à l’échelle mondiale, l’agriculture familiale assure 80 % de la production alimentaire mondiale5. Grâce à leur production diversifiée, les petits exploitants contribuent largement à la sécurité alimentaire mondiale. Une transition agroécologique s’impose donc afin de leur apporter à la fois des solutions d’adaptation aux changements climatiques que des solutions d’atténuation de ses impacts.

Promouvoir l’agroécologie dans nos pays d’intervention 

L’agroécologie est ainsi au centre de la stratégie de nos interventions agricoles. Cette stratégie vise à accroître non seulement la résilience des populations face aux crises 
alimentaires mais aussi de prévenir la sous-nutrition pendant et au-delà des interventions
d’urgence. Cette stratégie se fixe les quatre objectifs stratégiques suivants :

  1. Assurer la relance agricole suite à des crises aigües ; 
  2. Accroître la résilience des petits producteurs et des systèmes agro-sylvo-pastoraux;
  3. Favoriser l’accès à une consommation alimentaire diversifiée ;
  4. Développer le plaidoyer en faveur de l’agriculture familiale

Cette stratégie est rendue opérationnelle par le développement et la mise en œuvre de projets agricoles centrés sur l’agroécologie dans plusieurs pays d’intervention d’Action contre la Faim.

En Irak, des formations et pratiques pour adapter l’agriculture à la crise de l’eau 

Dans le sud de l’Irak, les agriculteurs font face à une crise de l’eau sans précédent, liée à
la baisse du débit des fleuves, à la salinisation des sols et au changement climatique. Ces
conditions rendent les cultures de plus en plus difficiles et fragilisent les moyens de
subsistance des communautés rurales.

Pour y répondre, Action contre la Faim accompagne les agriculteurs dans l’adoption de 
pratiques agroécologiques adaptées, notamment une meilleure gestion de l’eau et des
techniques agricoles plus résilientes. Ces approches permettent de maintenir la production
tout en préservant les ressources naturelles dans un contexte de raréfaction hydrique.

Action contre la Faim contribue à restaurer durablement les moyens d’existence des 
populations rurales tout en favorisant une agriculture plus respectueuse de
l’environnement.

Au Kenya, l’agroécologie comme levier d’égalité pour les femmes 

Au Kenya, Action contre la Faim soutient des pratiques agroécologiques qui contribuent non seulement à améliorer la production agricole, mais aussi à renforcer l’autonomisation des femmes. Souvent en première ligne dans les activités agricoles, elles bénéficient de
formations et d’un accès accru aux ressources.

Grâce à ces initiatives, les agricultrices diversifient leurs cultures, améliorent leur 
alimentation et génèrent des revenus. L’agroécologie devient ainsi un levier à la fois
environnemental et social, favorisant une agriculture plus durable et une meilleure égalité au sein des communautés rurales.

Ces actions visent à améliorer à la fois la production locale et l’accès à une alimentation 
diversifiée, essentielle pour lutter contre la sous-nutrition.

En Zambie, des cultures plus résilientes grâce à des semences adaptées 

Dans l’ouest de la Zambie, Action contre la Faim accompagne les agriculteurs dans 
l’adoption de cultures plus résistantes, comme certaines variétés de haricots adaptées aux
conditions locales. Ces cultures, plus robustes face aux aléas climatiques, permettent
d’améliorer à la fois la sécurité alimentaire et les revenus des familles.
En combinant sélection de semences, pratiques agricoles durables et accompagnement
technique, cela contribue à renforcer la résilience des communautés face aux chocs
climatiques.

Ces approches agroécologiques permettent ainsi de produire durablement tout en 
sécurisant les moyens de subsistance.

L’agroécologie paysanne a de multiples facettes : agronomique, économique, sociale, et 
politique. Elle offre des solutions pour une grande partie des défis auxquels sont confrontés
nos systèmes alimentaires (inégalités, crise climatique, nutrition et santé…) et est porteuse
d’alternatives face aux systèmes alimentaires industriels dominants. Partout dans le monde,
nous promouvons l’agroécologie pour contribuer à la limitation des effets de la crise
climatique, mais aussi pour rendre les populations que nous soutenons plus résilientes face à
ces effets et ainsi assurer leur sécurité alimentaire sur le long terme.

En ce sens, l’agroécologie constitue une alternative au modèle agro-industriel actuel.

L’agriculture industrielle pointée du doigt 

Actuellement, l’agriculture mondiale est à la « croisée de chemins » de deux modèles agricoles, et les systèmes agricoles appartiennent soit à l’un, soit à l’autre modèle, ou sont entre les deux, mixant les techniques et les approches.

D’un côté, il y a le modèle de l’agriculture industrielle. Ce modèle est généralement caractérisé par un recours massif aux intrants de synthèse (engrais, pesticides, herbicides), et aux investissements privés, une forte spécialisation basée sur la monoculture, de longues chaînes de production mondialisée avec une mise en concurrence de marchés hautement compétitifs.

Les tenants de ce modèle soutiennent que c’est le meilleur modèle pour résoudre le problème de l’insécurité alimentaire et de la sous-nutrition dans le monde. Quoique le plus dominant, ce modèle est de plus en plus remis en question et pointé du doigt par plusieurs publications qui attirent l’attention de la communauté internationale sur ses conséquences sanitaires, sociales et environnementales indirectes et ses impacts négatifs sur la sécurité alimentaire et la nutrition au niveau mondial.

En plus de rimer avec une forte concentration des pouvoirs par quelques acteurs au détriment de la majorité des petits producteurs, ces systèmes agricoles aggravent la crise climatique puisqu’ils sont très émetteurs de gaz à effet de serre.

L’agriculture industrielle et la consommation grandissante de viande sont directement mises en cause dans les derniers rapports du GIEC. Les pratiques agricoles industrielles, l’utilisation de pesticides et d’intrants chimiques ou encore les monocultures participent à l’augmentation de gaz à effet de serre ainsi qu’à l’appauvrissement et la dégradation des sols. Ces derniers sont considérés comme un vaste puits de carbone permettant de stocker le CO2 de l’atmosphère. Cette dégradation des terres réduit leur capacité de stockage amplifiant ainsi le changement climatique.

Selon la FAO, pris ensemble, l’agriculture et l’élevage industriels comptent pour 1/5 des émissions totales de gaz à effet de serre, provenant principalement de la conversion des forêts en terres agricoles ainsi que de la production animale et végétale.

Face aux conséquences de l’agriculture industrielle, la communauté internationale demande de plus en plus une transition vers des modèles agricoles et alimentaires durables.

De l’autre côté, le modèle de développement agricole durable le plus à même de répondre à cette attente est l’agroécologie. En effet, le modèle agroécologique s’érige contre le modèle de l’agriculture conventionnelle et propose un développement agricole durable qui privilégie une approche de développement agricole axée sur la mise en valeur des ressources naturelles (sol, eau, biodiversité) et une gestion durable de ces ressources, en se basant sur les connaissances paysannes existantes et en valorisant au mieux les capacités locales.

Ce modèle est particulièrement pertinent pour la majorité des petits agriculteurs, en particulier dans les régions où la sécurité alimentaire des ménages dépend principalement de leurs propres productions.

La France doit se mobiliser et favoriser réellement l’agroécologie pour accélérer la 
transition. 

Depuis 10 ans, la France est l’un des rares pays à se présenter comme champion de 
l’agroécologie et du climat. Avec le ‘succès’ de la COP21 à Paris en 2016 et le « Make Our
Planet Great Again » utilisé par le président Emmanuel Macron en 2017 suite à la décision
des Etats-Unis de Donald Trump de sortir des accords de Paris sur le climat, la France se
présente comme un pays leader sur les questions climatiques.

Si la France est « championne de l’agroécologie » sur le papier, en pratique, les financements 
français révèlent une autre réalité : seuls 13,3 % des financements agricoles sont réellement
dédiés à une transition agroécologique et encore moins pour une agroécologie
« transformatrice » (≈ 9 %) selon l’ONG OXFAM France.

Pire, la France consacre au moins 2 fois plus de financements en faveur de l’agro-industrie, 
un modèle d’agriculture fortement mécanisée et intensive, qui se base sur une utilisation
massive d’intrants chimiques.

Dans le rapport « Une Pincée d’agroécologie pour une louche d’agro –industrie », Action 
contre la Faim, CCFD et Oxfam pointent l’hypocrisie de la France et l’incohérence de sa
politique agricole et climatique internationale.

L’agroécologie constitue une réponse complète aux défis de la sécurité alimentaire, de la 
nutrition et de la crise climatique. Elle valorise une production locale, respectueuse de
l’environnement avec une transformation des produits minimisée et la prise en compte des
savoir-faire paysans. L’agroécologie contribue également à l’atténuation du changement
climatique car elle permet de stocker du carbone dans les sols, tout en maintenant la
biodiversité.

La France doit soutenir l’agroécologie, notamment via des soutiens financiers. Si de 
nombreux projets existent au niveau local, ils doivent être étendus au niveau national et
international.

Action contre la Faim s’est ainsi engagée à soutenir et promouvoir l’agroécologie dans ses 
zones d’intervention.

Pour nous, il est plus que nécessaire de transformer nos systèmes alimentaires afin de les rendre plus durables, plus justes et à même de nourrir sainement l’ensemble de la population mondiale. L’agroécologie paysanne doit être mise au cœur de cette transformation agricole et reconnue comme un modèle de développement agricole louable et durable.

Tout en faisant la promotion de l’agroécologie, Action contre la Faim reconnait néanmoins que l’adoption du modèle de production agroécologique doit être accompagné par des mesures de soutien de façon à minimiser la vulnérabilité des petits agriculteurs pendant la phase de transition.

Ainsi Action contre la Faim offrira le soutien nécessaire pour un changement efficace par la mise en place de partenariats avec des acteurs locaux et/ou internationaux travaillant sur l’agroécologie.

Aussi, pour que l’agroécologie ait l’espace nécessaire pour son développement, Action contre la Faim appelle à sa promotion par un plaidoyer basé sur des évidences et argumentaires qui mettent en valeur ses atouts et ses potentiels.

Cet effort de plaidoyer vise à influencer les décideurs de politiques publiques et les bailleurs pour que l’agriculture familiale et l’agroécologie soient remises au cœur des stratégies et politiques nationales de sécurité alimentaire et nutritionnelle.

Pour cela, l’agroécologie a besoin d’aide et de décision politique pour accélérer la 
transition agroécologique des systèmes alimentaires.

Relu par Bader Mahaman

Référent Agriculture Durable –


Sources :

1 Les 10 éléments de l’agroécologie | Plateform des connaissances sur l’agroécologie | 
Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture
2 FAO, Agroecogical , and other innovative approaches 
3 What agroecology brings to food security and ecosystem services:a review of scientific
evidence
4 Agroecology Is the Solution to World Hunger 
5 L’ONU lance la Décennie d’action pour l’agriculture familiale qui produit 80% de la 
nourriture mondiale

Positionnement d’Action contre la Faim sur l’agroécologie  
The Contribution of Agro-ecology as a Solution to Hunger in the World: A Review 
– The promising spread of sustainable agriculture in Asia 
– World Bank, Agroecological Approaches to Agricultural Development 
The scaling up of agroecology: spreading the hope for food sovereignty and 
resiliency
Une agriculture pérenne pour l’autosuffisance et les exploitations de toutes 
tailles
Agroécologie, une transition vers des modes de vie et de développement viables