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© Jean-Luc Luyssen pour Action contre la Faim

Malnutrition : un fléau qui pourrait toucher 2 milliards de personnes

Aujourd’hui dans le monde, une personne sur onze¹ souffre de la faim et une sur trois est en surpoids ou obèse². Conséquence directe d’une mauvaise alimentation, la malnutrition a de graves répercussions sur la santé. C’est l’un des défis les plus importants auxquels notre société doit faire face. 

La malnutrition est désormais présente dans tous les pays du monde et les Nations Unies estiment qu’elle touchera 2 milliards de personnes supplémentaires d’ici à 2050. Si les inégalités sociales et la pauvreté ont un impact face à notre rapport à la nourriture, ce ne sont pas les seules causes de la malnutrition.

Comment définir la malnutrition ?  

Selon l’OMS, la malnutrition se définit par les carences, les excès ou les déséquilibres dans l’apport énergétique et/ou nutritionnel d’une personne.³ C’est un état nutritionnel qui est la conséquence d’une alimentation mal équilibrée en quantité et/ou en qualité. La malnutrition couvre donc la sous-nutrition, les carences en micronutriment, le surpoids, l’obésité et les maladies non transmissibles liées à l’alimentation. 

La sous-nutrition affaiblit directement le système immunitaire, augmentant le risque d’infections graves. La surnutrition, quant à elle, peut provoquer une inflammation chronique et altérer certaines réponses immunitaires, rendant les personnes plus vulnérables aux maladies métaboliques et infectieuse. 

Les chiffres de la malnutrition sont inquiétants. A l’échelle mondiale, 645 millions de personnes souffrent de la faim. Parmi ces personnes, 150,2 millions d’enfants de moins de 5 ans souffrent d’un retard de croissance⁵. La situation en matière de malnutrition est préoccupante : 2,83 milliards de personnes n’ont pas accès à une alimentation saine⁶. La lutte contre la sous-alimentation doit faire partie des priorités des politiques pour qu’enfin, nous venions à bout de ce fléau. 

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© Christophe Da Silva pour Action contre la Faim

Quels sont les différents types de malnutrition ? 

Qu’est-ce que la malnutrition aigüe sévère ?  

La malnutrition aiguë sévère (MAS) est la forme la plus grave de dénutrition. Elle touche les enfants qui présentent une perte de poids extrême par rapport à leur taille (émaciation sévère), un périmètre brachial inférieur à 115 mm ou des œdèmes nutritionnels bilatéraux. Sans traitement rapide, le risque de décès est fortement accru.  

Le kwashiorkor est l’une des formes les plus graves de malnutrition aiguë. Il se manifeste par des œdèmes nutritionnels, notamment au niveau des pieds et des jambes, qui masquent parfois l’extrême fragilité de l’enfant. Sans prise en charge rapide, cette pathologie peut entraîner de graves complications et mettre en jeu le pronostic vital. 

Dans les analyses IPC (Cadre intégré de classification de la sécurité alimentaire), la prévalence de la malnutrition aiguë est utilisée pour mesurer la gravité d’une crise nutritionnelle et orienter les réponses humanitaires. Plus les niveaux de malnutrition aiguë sont élevés, plus la situation est classée comme critique ou extrêmement critique.

Ces phases sont déterminées à partir de la prévalence de la malnutrition aiguë globale (MAG/GAM), complétée par l’analyse des facteurs aggravants tels que la mortalité, les maladies, l’accès à l’alimentation, à l’eau, aux soins et aux services nutritionnels.  

Pour Action contre la Faim, les classifications de l’IPC signalent des situations d’urgence nutritionnelle nécessitant une intervention immédiate afin de prévenir une hausse de la mortalité infantile.  

Qu’est-ce que la malnutrition chronique ? 

La malnutrition chronique, aussi appelée retard de croissance, résulte d’une alimentation insuffisante ou inadaptée sur une longue période, souvent associée à des maladies répétées, à un manque d’accès à l’eau potable ou à des conditions de vie précaires. Elle affecte principalement les enfants de moins de cinq ans durant les 1 000 premiers jours de vie, une période essentielle à leur développement physique et cognitif. 

Un enfant souffrant de malnutrition chronique est trop petit pour son âge en raison d’un retard de croissance. Contrairement à la malnutrition aiguë, ses signes sont moins visibles à court terme, mais ses conséquences peuvent être irréversibles. Elle peut entraîner des difficultés d’apprentissage, un affaiblissement du système immunitaire et une réduction des capacités physiques à l’âge adulte. 

La prévalence du retard de croissance constitue un indicateur majeur de l’état nutritionnel d’une population. Elle permet d’évaluer les effets à long terme de l’insécurité alimentaire et des inégalités d’accès aux ressources essentielles. 

Pour Action contre la Faim, la prévention de la malnutrition chronique repose sur une approche globale combinant nutrition, santé, accès à l’eau potable, assainissement et soutien aux moyens de subsistance afin d’agir durablement sur les causes profondes de la sous-nutrition. 

Les femmes et les jeunes enfants sont les plus touchés par ce fléau. Les femmes, victimes d’inégalités dans certains pays, n’ont pas d’accès à la nourriture ou les ressources suffisantes pour s’en procurer à leur faim. Les enfants ont un système immunitaire plus fragile et sont donc très vulnérables.

Quels sont les symptômes de la sous-nutrition ? 

La sous-nutrition, une forme de malnutrition, se manifeste principalement par : 

Il est essentiel de reconnaître ces différentes manifestations de la sous-nutrition pour mettre en place des interventions appropriées visant à améliorer la santé et le bien-être des populations affectées. 

Les femmes et les enfants : premières victimes de la malnutrition dans le monde

Les femmes et les jeunes enfants sont les plus touchés par ce fléau. Les femmes, victimes d’inégalités dans certains pays, n’ont pas d’accès à la nourriture ou les ressources suffisantes pour s’en procurer à leur faim. Les enfants ont un système immunitaire plus fragile et sont donc très vulnérables.

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© Fardosa Hussein pour Action contre la Faim

La malnutrition infantile : un enjeu majeur  

Quelles sont les conséquences de la sous-nutrition chez l’enfant ? 

La sous-nutrition constitue une menace vitale pour les enfants. Elle affaiblit le système immunitaire et les expose à des infections fréquentes et graves, comme la pneumonie, la diarrhée ou le paludisme. Un enfant souffrant de sous-nutrition aiguë sévère a un risque de décès 9 à 12 fois plus élevé qu’un enfant bien nourri. Aujourd’hui, on estime que près de 45 % des décès d’enfants de moins de 5 ans sont liés à la sous-nutrition, soit parce qu’ils en souffraient directement, soit parce que leur organisme affaibli n’a pas pu combattre une infection. Ces chiffres soulignent l’urgence d’une prise en charge précoce et d’une prévention efficace pour éviter ces conséquences dévastatrices. 

La sous nutrition chez les enfants peut laisser des séquelles graves et irréversibles, affectant leur croissance physique, leur développement cognitif, et leur système immunitaire. 

La nutrition joue un rôle central dans le développement cognitif, et un déséquilibre dans les nutriments essentiels peut entraver la croissance cérébrale. Ces carences ont des répercussions à long terme sur la réussite éducative et les perspectives professionnelles à l’âge adulte. Aujourd’hui, environ 1 enfant sur 5 de moins de cinq ans souffre de retard de croissance, soit au total 150,2 millions d’enfants dans le monde. 

En Somalie, les enfants au cœur de l’urgence nutritionnelle 

Chez Action contre la Faim, nous constatons chaque jour les conséquences dévastatrices de la sous-nutrition infantile. En Somalie, la crise alimentaire actuelle pourrait conduire près de 1,88 million d’enfants de moins de cinq ans à souffrir de malnutrition aiguë en 2026, dont près de 493 000 de malnutrition aiguë sévère, la forme la plus mortelle de la faim. Dans certaines zones comme le district de Burhakaba, la situation a atteint des niveaux extrêmement critiques (IPC phase 5). Sur le terrain, nos équipes observent déjà une augmentation préoccupante des admissions d’enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère dans les centres de stabilisation que nous soutenons

Quelles sont les principales causes de la sous-nutrition ? 

Les facteurs de la sous-nutrition sont multiples. Les conflits, l’insuffisance de l’accès aux services de santé maternels et infantiles, la crise climatique, le manque d’accès à l’eau potable, la pauvreté liée aux chocs économiques et aux inégalités sont autant d’éléments qui peuvent entraîner l’insécurité alimentaire dans des populations vulnérables. 

Les conflits 

Les conflits ont un impact direct sur la sécurité alimentaire en compromettant considérablement l’accès à la nourriture. Souvent obligées de fuir devant l’escalade de la violence, les personnes déracinées par un conflit perdent leurs fermes et leurs commerces ou leurs autres moyens locaux de production de nourriture, ainsi que leurs marchés. Les champs et les fermes abandonnés ne produisent plus de nourriture pour les circuits de distribution plus éloignés. L’approvisionnement en nourriture des distributeurs peut être coupé et l’ensemble des populations en dépendant peuvent ne plus être en mesure de recevoir une quantité suffisante de nourriture. 

Les conflits prolongés aggravent encore davantage cette situation en compromettant l’accès aux soins de santé, à l’eau potable et à l’assainissement, renforçant ainsi le cycle de la sous-nutrition et des maladies. 

Darfour : quand le conflit conduit à la famine  

Au Soudan, le conflit illustre de façon tragique le lien entre guerre et sous-nutrition. Les violences, les déplacements massifs de population et les restrictions d’accès humanitaire ont contribué à la déclaration de la famine dans plusieurs zones du Darfour. Dans certaines localités, plus d’un enfant sur deux souffre de malnutrition aiguë, tandis que les familles sont privées de nourriture, de soins et d’eau potable. Selon les projections, plus de 4 millions de personnes pourraient souffrir de malnutrition aiguë en 2026. Pour Action contre la Faim, la famine n’est pas une fatalité : elle est le résultat direct de conflits qui détruisent les moyens de subsistance et empêchent l’accès à l’aide vitale.  

La crise climatique

En l’espace de 30 ans, le nombre de désastres naturels – sécheresses, cyclones, inondations, etc. – liés aux changements climatiques ont augmenté de manière significative. Les effets du changement climatique sont souvent dramatiques, dévastant des régions déjà vulnérables. Les infrastructures sont endommagées ou détruites, les maladies se répandent rapidement. Les agriculteurs ne peuvent plus faire pousser leurs récoltes et élever leur bétail et perdent ainsi leur source de revenus. En 2025, les événements climatiques ont été la principale cause de l’insécurité alimentaire aiguë pour près de 96 millions de personnes. 

Le dérèglement climatique pourrait entraîner des changements irréversibles et augmenter les risques pour la sécurité alimentaire mondiale. Le GIEC prévoit que les prix des céréales pourraient augmenter de 1 à 29 % d’ici 2050, et que jusqu’à 183 millions de personnes supplémentaires risqueraient de souffrir de la faim. 

Au Nigeria : le climat aggrave la crise nutritionnelle 

Au Nigeria, les aléas climatiques contribuent fortement à la dégradation de la situation nutritionnelle des enfants. Les inondations, les perturbations des saisons agricoles et la période de soudure réduisent l’accès des familles à la nourriture et fragilisent leurs moyens de subsistance. Dans ce contexte, nos équipes constatent une hausse préoccupante des admissions pour malnutrition aiguë sévère dans les centres de santé que nous soutenons. Les chocs climatiques, combinés à l’insécurité alimentaire, exposent des millions d’enfants à un risque accru de sous-nutrition et de maladies.

Le manque d’accès à l’eau et aux services de santé

Aujourd’hui encore, 2,2 milliards de personnes n’ont pas accès à une eau potable sûre alors que les maladies liées à l’eau favorisent le développement de la malnutrition. L’OMS estime que 50% des cas de sous-nutrition infantile sont directement liés à la consommation d’eau impropre ainsi qu’à un manque d’accès à l’hygiène et l’assainissement. 

Mais au-delà du manque d’eau potable, l’accès insuffisant aux soins de santé est un facteur clé de la sous-nutrition. Dans de nombreuses régions, les populations vulnérables ne peuvent bénéficier d’un suivi médical, de vaccinations ou d’un traitement rapide des maladies infectieuses, ce qui aggrave leur état nutritionnel. Sans soins adéquats, des infections courantes comme la pneumonie, la rougeole ou le paludisme peuvent affaiblir l’organisme, augmentant les besoins nutritionnels tout en réduisant la capacité du corps à absorber les nutriments. 

L’insuffisance d’une offre de traitement nutritionnel dans les soins de santé primaires empêchent également une prise en charge précoce des enfants souffrant de sous-nutrition aiguë, retardant leur rétablissement et augmentant le risque de complications graves, voire de décès. Pour lutter contre la sous-nutrition, il est donc essentiel de renforcer les systèmes de santé, améliorer l’accès à l’eau potable et promouvoir des pratiques d’hygiène adaptées, afin de briser le cycle entre maladies et sous-nutrition. 

Gaza : l’accès à l’eau, un rempart essentiel contre la famine 

À Gaza, l’absence d’accès à l’eau aggrave directement le risque de famine. Même lorsque les familles parviennent à obtenir de la nourriture, beaucoup ne disposent ni d’eau potable, ni de combustible pour préparer leurs repas. Les destructions des puits et d’autres infrastructures essentielles compromettent à la fois la consommation d’eau et la production alimentaire locale. Cette situation renforce la dépendance à l’aide humanitaire et accroît les risques de malnutrition, en particulier chez les enfants. Pour Action contre la Faim, lutter contre la faim implique donc de garantir simultanément l’accès à une alimentation suffisante, à l’eau potable et aux services essentiels. 

Les chocs économiques  

La plupart des crises alimentaires surviennent après un choc économique et beaucoup de personnes sont de plus en plus vulnérables face aux fluctuations des prix. Une inflation des prix augmentera indéniablement le prix des denrées alimentaires et favorisera l’insécurité alimentaire ainsi que la pauvreté. Le manque de nourriture dans les marchés, l’accès difficile aux marchés en raison d’un manque de transports adéquats ou de ressources financières suffisantes sont autant de facteurs qui favorisent la malnutrition. 

Comment prévenir et soigner la sous-nutrition

Depuis 1979, Action contre la Faim agit pour prévenir, dépister et traiter la malnutrition, ses causes et ses conséquences sur les populations les plus vulnérables. Comme la faim a plusieurs causes, nous adoptons une approche multisectorielle pour en venir à bout. Nous agissons dans les domaines de la nutrition et de la santé, de l’eau, l’assainissement et de l’hygiène, de la santé mentale et des pratiques de soins, et dans la sécurité alimentaire et des moyens d’existence. 

Prévenir la sous-nutrition : une approche multisectorielle 

Pour prévenir la sous-nutrition, il est essentiel de combiner des interventions ciblées au sein des systèmes de santé et des actions plus larges sur les déterminants sociaux et environnementaux de la nutrition. 

Pour prévenir la sous-nutrition, Action contre la Faim renforce l’intégration des interventions nutritionnelles dans les soins de santé maternelle et reproductive et infantile, en soutenant la supplémentation des femmes enceintes, la consultation prénatal, l’allaitement maternel et une alimentation adaptée pour les jeunes enfants. Nous travaillons également à améliorer l’accès aux soins de santé primaires, incluant la prévention et le traitement des maladies infantiles et des infections qui aggravent la sous-nutrition. 

Au Yémen, nos équipes agissent en amont de la malnutrition en déployant un vaste réseau de volontaires communautaires qui assurent le dépistage précoce des enfants à risque, orientent les familles vers les centres de santé et sensibilisent les parents aux bonnes pratiques nutritionnelles. Chaque mois, dans le district d’Al Khawkhah, ces volontaires atteignent entre 800 et 1 000 familles. Grâce aux « mères référentes » formées par Action contre la Faim, les communautés sont mieux informées sur l’allaitement maternel, la diversification alimentaire et les signes précoces de la malnutrition. Cette approche préventive permet d’agir avant que l’état de santé des enfants ne se dégrade et contribue à réduire durablement les cas de malnutrition au sein des villages les plus vulnérables. 

Action contre la Faim apporte son soutien à travers des programmes agricoles qui encouragent la production locale et des initiatives comme la distribution alimentaire ou les transferts monétaires. Action contre la Faim travaille également à promouvoir des pratiques alimentaires adaptées et mène des campagnes pour encourager l’allaitement maternel et sensibiliser les parents à l’importance d’une alimentation variée et riche en nutriments dès le plus jeune âge. 

Action contre la Faim organise également des démonstrations culinaires afin d’apprendre aux familles à préparer des repas équilibrés et nutritifs à partir d’ingrédients locaux, tout en tenant compte des contraintes environnementales et économiques auxquelles elles sont confrontées. 

Action contre la Faim agit pour renforcer la résilience des communautés face aux crises climatiques qui aggravent souvent l’insécurité alimentaire. Comme en Zambie où Action contre la Faim a aidé des agriculteurs à produire du niébé, un petit haricot noir qui résiste à la sécheresse et qui peut pousser dans les sols les plus secs. Nos équipes travaillent pour améliorer également l’accès à l’eau potable et aux infrastructures d’hygiène, limitant ainsi les maladies qui peuvent aggraver la sous-nutrition. 

Détecter et prendre en charge la sous-nutrition 

Nos équipes interviennent directement auprès des communautés pour dépister précocement la sous-nutrition avec la mesure du périmètre brachial, permettant aux parents et aux soignants de repérer les enfants à risque. 

Une fois diagnostiqués, les enfants atteints de sous-nutrition aiguë sévère sont pris en charge avec des aliments thérapeutiques prêts à l’emploi et un traitement médical, ceci se fait dans le cadre d’un suivi au niveau des centres de santé pour les cas sans complications médicales. Les cas les plus graves, nécessitent une hospitalisation, Action contre la Faim accompagne aussi les familles sur le plan de la santé mentale. La sous-nutrition a souvent des conséquences émotionnelles lourdes, et un soutien psychosocial est essentiel pour surmonter ces épreuves. 

Agir pour un changement durable : le plaidoyer 

Enfin, nous menons un important travail de plaidoyer auprès des gouvernements et des institutions internationales pour intégrer la lutte contre la sous-nutrition dans les politiques publiques. 

Grâce à cette approche globale, Action contre la Faim agit sur les causes et les conséquences de la sous-nutrition. 

 


Ce contenu a été relu et approuvé par Caroline Antoine, responsable de l’expertise Nutrition & Santé d’Action contre la Faim. 

Sources : 

¹ Rapport SOFI 2025 

² OMS  

³ OMS – Définition de la malnutrition  

⁴ Rapport SOFI 2025 

⁵ Rapport SOFI 2025 

⁶ Rapport SOFI 2025 

⁷ Rapport SOFI 2025 

⁸ Open Letter to UN Member States on the Global Food Crisis  

⁹ Unicef