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Étendue désertique en Jordanie © Sebastien Duijndam pour Action contre la Faim

À la Une

Journée mondiale de l'eau

Dérèglement climatique : quelles conséquences sur l’accès à l’eau ?

A l’occasion de la Journée mondiale de l’eau 2020, l’ONU a choisi de rappeler l’impact des changements climatiques sur l’eau et des conséquences sur les populations [1].

Alors que les ressources d’eau douce dans le monde sont limitées et leur répartition inégales, les effets du réchauffement climatique menacent encore plus les populations pour qui l’accès à l‘eau n’est pas une évidence mais plutôt un combat au quotidien.

 

Les crises humanitaires, les conflits, la pauvreté, les événements climatiques sont autant d’obstacles qui fragilisent le développement des populations dans les zones à risques.

 

Faire face au réchauffement climatique

 

Avec des besoins de consommation grandissants et une population qui ne cesse d’augmenter, nous avons accentué nos émissions de gaz à effet de serre augmentant ainsi les températures. Les événements climatiques extrêmes comme les sécheresses, les inondations ou les tempêtes sont alors de plus en plus fréquents et dégradent la qualité et la disponibilité de l’eau potable. Ils rendent l’eau plus rare, plus imprévisible, plus polluée ou les trois à la fois.

Ces phénomènes climatiques se répètent et engendrent des problèmes pour les populations touchées. Les sécheresses par exemple, se multiplient et s’allongent dans beaucoup de régions du monde. La Méditerranée, l’Afrique Australe, l’Asie du Sud et le Sahel ont vu les sécheresses s’intensifier au cours des dernières décennies mettant à mal les récoltes et l’élevage de bétail. Les inondations abîment les récoltes, les installations de traitement de l’eau et dispersent les matières fécales qui se propagent dans les terres.

Inondations au Pakistan © Eduardo Diaz pour Action contre la Faim
Dégâts au Mozambique © Anastasia Bosio pour Action contre la Faim
Sécheresse au Burkina Faso © Guillaume Gaffiot pour Action contre la Faim
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L’augmentation de la température peut également amener les bactéries et les germes à se développer plus facilement [2]. On doit alors faire face à des vagues de maladies infectieuses d’origines hydrique qui font jusqu’à 3,2 millions de morts par an selon l’OMS [3]. Les maladies comme le choléra et la diarrhée favorisent d’autres maladies comme la sous-alimentation et fragilisent les populations.

 

 

Les effets du réchauffement climatique touchent le monde entier mais ceux qui en souffrent le plus sont les populations déjà vulnérables. Cette situation permet à la faim de gagner du terrain. C’est pourquoi nos interventions en eau, assainissement et hygiène sont essentielles notamment à la suite de catastrophes naturelles. Dans nos pays d’intervention la réhabilitation de point d’eau, la livraison d’eau potable, la construction de latrines d’urgence, la gestion des excréments ainsi que le contrôle des épidémies sont des actions prioritaires.

Pour lutter contre la faim et la sous-alimentation, il est également important de mettre en place des solutions durables dans nos pays d’intervention. Nous luttons contre l’insécurité alimentaire à travers des activités agricoles, des activités génératrices de revenus, de l’assistance alimentaire ou de la surveillance de situation alimentaire.

Dans une logique d’agriculture durable et écologique nos équipes promeuvent l’agroécologie et l’agroforesterie auprès des populations pour qu’elles puissent cultiver tout en respectant la terre. Pour accroître notre efficacité nous menons des analyses contextuelles poussées et évaluons nos projets afin de former au mieux notre personnel et apporter la meilleure réponse possible aux populations.

 

L’eau, une ressource clé dans la prévention de la sous-alimentation

 

Le bien être nutritionnel d’une communauté implique une alimentation variée et un accès durable et suffisant à l’eau potable, à des pratiques d’hygiène adéquates ainsi qu’à des infrastructures d’assainissement appropriées. Selon l’OMS, 50% de la malnutrition infantile est due à une eau insalubre, un assainissement inadéquat et à une mauvaise hygiène . Un enfant qui boit de l’eau non potable est sujet à des diarrhées, il ne garde donc aucun nutriment. Il est plus vulnérable à la sous-alimentation et se risque s’accentue s’il est également dans une situation d’insécurité alimentaire. Les communautés agricoles qui sont les premières touchées par les problèmes liés à l’eau, doivent souvent faire un choix : migrer vers un lieu moins impacté ou rester et souffrir de la faim.

Accès à l'eau potable © Jacques Langevin pour Action contre la Faim
Mauvais accès à l'eau potable © Pierrot Men pour Action contre la Faim
Mauvais accès à l'eau potable © Guy Calaf pour Action contre la Faim
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Moins de la moitié de la population du Burkina Faso a accès à l’eau 

 

Au Burkina Faso, les organisations humanitaires estiment que le nombre d’enfants malnutris aiguës sévères pourraient atteindre le nombre de 79 490 cet été. En cause, les déplacements dus aux conflits, avec la perte d’accès à la terre, mais aussi la sécheresse. Le pays est frappé par le manque d’eau dans certaines régions, avec notamment des périodes de soudures de plus en plus à rallonge dans la bande Sahélienne.

 

 

Pour répondre à cette insécurité alimentaire et sanitaire, nos équipes ont mis en place des programmes d’accès à l’eau potable et à la nourriture et ont sensibilisé les communautés aux bonnes pratiques de soins. Afin de mieux se préparer aux événements climatiques extrêmes récurrents, nous avons lancé un projet de préparation et de réponse aux catastrophes dans l’est du pays.

Nous avons mis en place des programmes « Wash et Nut » dans plusieurs pays. Ils permettent d’intégrer des activités liées à l’eau, l’assainissement et l’hygiène au sein d’actions de prise en charge de la sous-alimentation, pour augmenter leur impact. Ces programmes ciblent les enfants souffrant de sous-alimentation et leurs accompagnants, pendant toute la durée du traitement.

 

Le Bangladesh un pays à risque face au réchauffement climatique 

 

Au Bangladesh, la montée des eaux pourrait engloutir près de 20% du pays d’ici 20 à 30 ans obligeant des millions de réfugiés climatiques à fuir le territoire. A cela s’ajoute une intensification des tempêtes, cyclones et de l’érosion des sols. Les inondations, dues à la période de mousson de plus en plus longue inondent les récoltes, détruisent l’accès à des systèmes d’assainissements et à l’eau potable. Dans ce contexte, les presque qu’un million de Rohingyas ayant trouvés refuge au Bangladesh pour fuir les violences au Myanmar sont particulièrement exposés car ils vivent pour la plupart dans des camps de fortune particulièrement soumis aux aléas climatiques les plus violents.

 

 

Afin d’éviter le développement et la propagation des maladies hydriques qui favorisent l’apparition de la sous-alimentation, nos équipes accompagnées de bénévoles sensibilisent la population du camp de Cox’s Bazar pour qu’ils appliquent les mesures d’hygiènes adéquates.

Nos équipes construisent des latrines et forment les communautés à leur entretien afin de réduire la vulnérabilité des systèmes d’approvisionnement en eau et d’assainissement. Nous avons également mis en place des cuisines communautaires afin de fournir de la nourriture aux plus vulnérables. En 2018, à travers nos différents programmes nous avons pu soutenir 1 442 297 personnes au Bangladesh.

 

L’Ethiopie fait face à une longue sécheresse tandis que 70% de la population vit de l’agriculture. 

 

En Ethiopie les catastrophes naturelles s’enchainent depuis des décennies délogeant plus de 2 millions d’habitants forcés de s’installer ailleurs. Les sécheresses ont asséché les points d’eau et menacent désormais les récoltes et l’élevage. Par manque d’eau, les récoltes diminuent et le bétail meurt et placent la population dans une situation d’insécurité alimentaire. Cette situation d’urgence climatique laisse 3,5 millions d’enfants en situation de sous-alimentation aiguë, le stade le plus avancé de la maladie.

 

 

En Ethiopie nous menons des programmes de nutrition, santé mentale, de sécurité alimentaire et de résilience pour accompagner les populations dans le combat contre la sous-alimentation. En 2019, nous avons mené le programme « Cash for Work », par lequel toute la communauté travaille pour clôturer un terrain, laisser pousser l’herbe, la stocker et l’utiliser seulement quand la saison sèche arrive. Quand les pluies sont irrégulières et que les pâturages s’assèchent, elle peut continuer à nourrir l’élevage avec l’herbe qu’ils ont sauvée.

Dans certains villages, des latrines sont construites pour prévenir la propagation des maladies et nos équipes forment des agents locaux pour un soutien au niveau communautaire. En 2018, nous avons soutenu 832 829 personnes en Éthiopie grâce à nos activités en Nutrition, Santé Mentale et Sécurité Alimentaire.

Réchauffement climatique et eau potable © Susana Vera pour Action contre la Faim

La Journée mondiale de l’eau c’est l’occasion de prendre conscience que l’accès à l’eau est vital. Un changement dans notre utilisation de l’eau s’impose et contribuera à réduire les effets du réchauffement climatique sur l’eau. Il est donc indispensable de mobiliser des financements suffisants et adaptés afin de fournir un accès à l’eau potable à ceux qui n’en ont pas. En nous adaptant, nous protégerons notre santé et sauverons des vies. Un système d’approvisionnement en eau et d’assainissement résistant au climat pourrait sauver la vie de plus de 360 000 nourrissons chaque année [1].


Sources :

[1] L’eau et le changement climatique – Journée mondiale de l’eau  2020 de l’ONU
[2] Centre d’Information sur l’Eau (CIEAU
[3] Expertise eau, hygiène et assainissement de l’OMS 

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