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Communiqué de presse

Centre de santé de Grâce de l’éternel, aire de santé de Solola, zone de santé de Bonzola, Mbuji Mayi, République démocratique du Congo
© Alexis Huguet pour Action contre la Faim

-43% sur le budget de l’aide publique au développement : la lutte contre la faim sacrifiée au nom des économies budgétaires

Le Projet de loi de finance (PLF) 2027, présenté par le gouvernement le 1er octobre, implique une coupe de 1,9 milliard pour l’Aide Publique au Développement. Cette baisse drastique, la plus importante jamais réalisée en France, s’inscrit dans la continuité des décisions budgétaires du gouvernement sur les deux dernières années mais suscite un véritable choc au regard du montant amputé. Action contre la Faim déplore un couperet sans précédent qui aura un impact évident sur notre mandat de lutte contre la faim. L’organisation appelle les parlementaires à refuser cette coupe budgétaire pour garantir la sécurité nutritionnelle et alimentaire des populations les plus vulnérables.

La solidarité internationale : la dernière priorité de l’Etat Français

Depuis 2 ans, l’Aide Publique au Développement (APD) est devenue une variable d’ajustement budgétaire, et la lutte contre la faim, une priorité de second rang. Alors que la France accueillait en mars 2025 le sommet N4G et réaffirmait la souveraineté alimentaire et la nutrition comme priorités de sa politique de partenariats internationaux, les crédits alloués à l’APD et les instruments de soutien à la lutte contre la faim et la malnutrition ont chuté. Par exemple, l’Initiative française pour la Sécurité alimentaire et la Nutrition (IFSAN), financement dédié à la lutte contre l’insécurité alimentaire et nutritionnelle sévère dans le monde, avait baissé de près de 63 % entre 2025 et 2026, passant de 130 M€ à 48,2 M€.

Derrière cette contraction budgétaire, ce sont des moyens essentiels pour répondre aux besoins des populations les plus vulnérables qui sont remis en cause : les financements en dons, les contributions aux fonds multilatéraux et les financements destinés aux organisations de la société civile. Ces réductions fragilisent directement la capacité à prévenir et répondre aux crises alimentaires et à la malnutrition, à renforcer la résilience des populations, et garantir l’accès aux droits et aux services essentiels, notamment l’eau, l’assainissement et l’hygiène, ainsi que les services de santé.

Garantir le droit à l’alimentation et lutter durablement contre la faim nécessitent des financements à la hauteur des besoins. Le PLF 2027 prend aujourd’hui la direction inverse.

“Ces coupes sont inacceptables. La France abandonne sa politique de solidarité internationale et met en danger les populations les plus vulnérables. » Perrine Benoist, Co-Directrice d’Action contre la Faim.

Des coupes budgétaires aux conséquences directes pour les populations

En 2025, l’ONU évaluait que la crise mondiale des financements de l’aide pourrait causer la mort évitable de plus de 22 millions de personnes, d’ici à 2030. Elle avait entraîné une baisse de la présence opérationnelle d’Action contre la Faim d’environ un tiers avec 641 projets arrêtés ou révisés, la fermeture de 13 bases ou sous-bases dans ses pays d’intervention ainsi que la suppression de postes sur le terrain et au siège. Par exemple :

Cette nouvelle coupe budgétaire intervient dans un contexte d’augmentation majeure des besoins due aux crises multiples : intensification des conflits notamment au Moyen-Orient, aggravation des effets des changements climatiques, notamment les conséquences d’El Nino, récentes inondations au Népal, épidémie d’Ebola en RDC…

Le parlement comme dernier rempart

Action contre la Faim, aux côtés de nombreuses autres organisations, appellent les parlementaires à refuser cette coupe budgétaire démesurée. L’organisation demande le retour de l’affectation d’une partie des recettes de la TTF (Taxe sur les transactions financières) et de la TSBA (Taxe de solidarité sur les billets d’avion) au budget de l’APD. Ce mécanisme historique de solidarité, coupée lors du PLF 2025, doit être réintroduit afin d’assurer la pérennité du financement de l’aide publique au développement.

“Entre l’arrêt des financements de l’administration américaine en 2025, la tendance à la baisse au niveau européen et cette nouvelle coupe des financements de l’APD français, l’avenir de la solidarité internationale n’a jamais été aussi incertain.” Perrine Benoist, co-Directrice d’Action contre la Faim.