Communiqué de presse

© Laurence Geai pour Action contre la Faim

13 % des Français déclarent manquer de nourriture

Action contre la Faim appelle à inscrire le droit à l’alimentation dans la loi

À l’occasion de la Journée mondiale de l’alimentation du 16 octobre, Action contre la Faim dévoile un sondage1 OpinionWay inédit : près d’1 personne sur 8 en France, soit une estimation d’environ 7 millions d’adultes en France métropolitaine2, déclarent manquer parfois ou souvent de nourriture. Chez les 18-24 ans, cette proportion atteint 25 %.

Face à cette réalité, Action contre la Faim appelle à la mobilisation politique, notamment à travers l’adoption d’une loi-cadre sur le droit à l’alimentation, afin de garantir à chacun l’accès à une alimentation suffisante, saine, durable et choisie. Pour porter ce combat dans le débat public, l’association lance une campagne de mobilisation.

Le droit à l’alimentation : de quoi parle-t-on ?

Reconnu par le droit international, le droit à l’alimentation ne signifie pas seulement ne pas avoir faim : il implique de pouvoir accéder physiquement et économiquement à une alimentation suffisante et adéquate. La France s’est engagée à le respecter, mais ce droit n’est pas explicitement consacré comme un droit autonome dans le droit français. En mars 2026, la CNCDH a recommandé de lui reconnaître une valeur constitutionnelle et d’adopter une loi-cadre pour garantir sa mise en oeuvre.

L’accès à l’alimentation sous tension, avec des jeunes en première ligne

Le sondage OpinionWay pour Action contre la Faim révèle que 13 % des Français déclarent manquer parfois ou souvent de nourriture, ce que l’on qualifie d’insuffisance alimentaire quantitative. Une proportion qui grimpe à 25 % chez les 18-24 ans, soit un jeune sur quatre.

Par ailleurs, 39 % ont suffisamment à manger mais doivent renoncer à certains aliments qu’ils souhaiteraient consommer, ce que l’on qualifie d’insuffisance alimentaire qualitative. Là encore, les jeunes sont davantage touchés : cette proportion atteint 47 % chez les 18-24 ans.

En cause, d’abord, le manque de moyens : 80 % des personnes concernées invoquent des raisons financières.

Près de 9 personnes sur 10 en faveur d’une loi garantissant le droit à l’alimentation en France

73 % des personnes interrogées considèrent que le droit à l’alimentation n’est pas réellement garanti en France et 86 % jugent importante ou primordiale l’adoption d’une loi garantissant l’accès à une alimentation suffisante, saine, durable et choisie.

Pour 58 %, c’est d’abord à l’État et aux pouvoirs publics nationaux d’agir, puis les entreprises du secteur agricole et alimentaire et la grande distribution (47%), loin devant les associations de solidarité (29 %).

Pourtant, le droit à l’alimentation, reconnu au niveau international par la France depuis 46 ans, ne l’est toujours pas comme un droit à part entière dans la loi française.

Association humanitaire engagée en France contre la précarité alimentaire, Action contre la Faim mène notamment un travail de plaidoyer auprès des pouvoirs publics, aux côtés de nombreux partenaires de la société civile. Elle appelle à l’adoption d’une loi-cadre sur le droit à l’alimentation pour fixer des obligations claires à l’État et aux collectivités, mieux coordonner les politiques publiques et garantir leur suivi dans la durée.

Concrètement, cette loi doit permettre d’accélérer des mesures qui peuvent améliorer rapidement le quotidien, par exemple :
 Rendre la cantine accessible à tous les enfants, avec des tarifs adaptés aux ressources des familles ;

« Une loi-cadre ne réglera pas tout du jour au lendemain. Mais elle permet de passer d’initiatives dispersées à une véritable politique publique du droit à l’alimentation, avec des objectifs, des moyens et des responsabilités clairement définis. Des solutions existent et certaines peuvent être mises en oeuvre rapidement. », souligne Hélène Quéau, directrice de la Mission France d’Action contre la Faim.

Un million de signatures pour faire bouger les lignes

Au-delà de la sensibilisation, Action contre la Faim appelle chacun à signer l’Initiative citoyenne européenne pour la reconnaissance du droit à l’alimentation. Objectif : réunir un million de signatures dans l’Union européenne d’ici le 7 janvier 2027, afin que la Commission européenne examine officiellement la demande d’un cadre législatif garantissant ce droit. Cela permettra aussi de montrer aux décideurs politiques qu’il est urgent d’agir en France comme au niveau européen. La nouvelle campagne d’Action contre la Faim met en avant le fait que des millions de personnes n’ont pas le choix de ce qu’elles mangent et rappelle qu’une alimentation suffisante, saine, durable et choisie est un droit, pas un privilège. Du 1er au 18 octobre, trois visuels et un film seront diffusés en digital, dans la presse et l’espace public.

1 Source : Sondage OpinionWay pour Action contre la Faim, réalisé en ligne du 26 au 28 août 2026 auprès d’un échantillon de 1 053 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, constitué selon la méthode des quotas (sexe, âge, catégorie socioprofessionnelle, catégorie d’agglomération et région de résidence).
2 Estimation obtenue en appliquant le taux de 13 % à la population adulte de France métropolitaine, estimée par l’Insee à environ 53,4 millions de personnes au 1er janvier 2026, soit 6,9 millions d’adultes. Une extrapolation aux cinq DROM porterait ce chiffre à environ 7,2 millions, estimation vraisemblablement sous-évaluée compte tenu des conditions socio-économiques et des taux de pauvreté plus défavorables dans ces territoires.

      Laura Derache Chargé Mobilisation et Campagnes