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Action Contre la Faim © Christophe Da Silva pour Action contre la Faim

À la Une

Journée mondiale de la santé mentale

Quel lien entre santé mentale et faim ?

D’après l’Organisation Mondiale de la Santé, près d’un milliard de personnes souffrent d’un trouble mental.

Conflits, insécurité, catastrophes naturelles, urgence climatique, ce sont autant de raisons qui ont poussé 79,5 millions de personnes à travers le monde à quitter leur foyer d’après le Haut Commissariat aux Refugiés. Ce sont ces populations qui sont souvent les plus sujette à des chocs traumatiques, à la dépression, au stress post-traumatique ou encore au problème de sommeil.

Définition : qu’est-ce que la santé mentale ?

D’après l’Organisation Mondiale de la Santé, la santé mentale se définit comme « un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité. »

Les troubles de la santé mentale sont classés en seize catégories et se manifestent sous plusieurs formes : dépression, anxiété, schizophrénie, trouble du sommeil, anorexie mentale entres autres. Les troubles psychiques peuvent être innés, se transmettre de génération à génération ou intervenir en réaction à un événement traumatique.

Nos équipes prennent en charge les populations traumatisées vivant ou fuyant des contextes de violence et de guerres, de catastrophes naturelles ou d’épidémies.

Un traumatisme peut avoir de lourdes conséquences pour les populations : rupture du lien social, déséquilibre familial, souffrance psychologique. Dans ces situations, les besoins en soins psychologiques sont particulièrement importants car les populations affectées ont besoin de soutien psychologique et social pour se reconstruire.

 

 

La faim et la santé mentale : pourquoi Action contre la Faim travaille sur la santé mentale ?

 

Les troubles psychologiques ont une incidence sur la santé physique de la personne atteinte. Un des symptômes les plus communs de dépression est la perte d’appétit ou de volonté de se nourrir. Les troubles de santé mentale peuvent mener à la sous-nutrition.

Le traumatisme de devoir quitter sa maison, l’épreuve du déplacement vers un nouveau pays, la précarité, la perte d’un un proche laissent des traces durables dans l’esprit des populations en détresse.

Notre programme Santé Mentale, Pratique de Soin, Genre et Protection apporte une prise en charge psychosociale aux personnes en détresse et les accompagne. En se préoccupant du bien être psychologique des mamans, du ménage mais aussi de la communauté dans son ensemble, nous prévenons la sous-nutrition. 

Dans le cadre de notre programme, nos équipes mettent en place des groupes de paroles où les familles se rendent compte qu’elles ne sont pas seules dans leur combat ce qui renforce leur résilience et l’entraide. Nous avons organisé également du soutien individuel, des séances de relaxation et formé des praticiens locaux à la prise de charge de populations traumatisées.

 

RCA SMPS © Cristophe Da Silva pour Action contre la Faim

RCA

Une session de massage bébé pour renforcer les liens parentaux.

© Cristophe Da Silva pour Action contre la Faim

Action Contre la Faim © Christophe Da Silva pour Action contre la Faim

RCA

Des sessions de dessin sont organisées pour permettre aux enfants de s'exprimer.

© Cristophe Da Silva pour Action contre la Faim

Action Contre la Faim © Christophe Da Silva pour Action contre la Faim

RCA

Une session de massage bébé.

© Cristophe Da Silva pour Action contre la Faim

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Notre objectif est de prévenir la sous-nutrition chez les enfants. C’est pourquoi nos équipes agissent surtout auprès des mères enceintes et allaitantes et des enfants de moins de 5 ans, ce sont les plus vulnérables et les premiers à souffrir de la faim dans les pays dans lesquels nous intervenons. 

Les mères traumatisées peuvent souffrir de différents troubles psychologiques qui ont des conséquences sur leur santé et sur celles de leurs enfants. Elles peuvent avoir des difficultés à prendre soin de leurs jeunes enfants, ce qui influe sur la qualité relationnelle avec des effets parfois néfaste sur la santé nutritionnelle de l’enfant. Dans certains cas, elles n’ont plus la capacité ou la volonté de se nourrir et donc de nourrir leurs enfants. De plus, ils ressentent les émotions de leur parent et par compassion et mimétisme ressentent les effets du traumatisme. C’est ainsi que les enfants peuvent développer la sous-nutrition.

Pour renforcer et favoriser la relation parent-enfant, nous organisons ainsi des ateliers de massages bébé et des séances de stimulation par le jeu pour les mères et leurs enfants.

 

Santé mentale _ Jordanie © Sébastien Duijndam pour Action contre la Faim

Jordanie

Roa’a, Roa’a, psychologue formatrice d’Action contre la Faim en consultation.

© Sébastien Duijndam pour Action contre la Faim

Santé mentale Jordanie © Sébastien Duijndam pour Action contre la Faim

Jordanie

Roa’a, psychologue formatrice d’Action contre la Faim.

© Sébastien Duijndam pour Action contre la Faim

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Comment agissons-nous ?

La santé mentale, un sujet tabou en Jordanie

En Jordanie, comme dans beaucoup de pays, la santé mentale est encore un sujet tabou. Les personnes peuvent avoir peur d’être stigmatisées en allant dans une clinique spécialisée et préfèrent généralement aller dans un centre de santé public. Or, en dehors des grandes villes, il existe un cruel manque de psychologues et de psychiatres. Ainsi, les frais de déplacement et de consultation peuvent très rapidement grimper, rendant alors l’accès à un suivi inaccessible pour les plus vulnérables. Partant de ce constat, nos équipes ont formé de nombreux professionnels de santé à la prise en charge de certains troubles psychiques et problèmes psychologiques. Il est par exemple courant que des patients consultent pour des maux physiques qui sont en réalité dus à une souffrance d’ordre psychologique qu’il faut apprendre à détecter. Douleur à l’estomac, mal de tête, etc. sont autant de symptômes qui peuvent être causés par le stress, l’anxiété ou la dépression. Sans détection et sans prise en charge, l’état mental peut se dégrader et conduire à des problèmes encore plus graves. Nous avons donc accompagné les travailleurs de santé afin qu’ils puissent évaluer les symptômes et diriger les cas vers des solutions adaptées.

Roa’a, psychologue formatrice d’Action contre la Faim, raconte « Un jour un enfant est venu pour un check-up physique car il avait arrêté de communiquer, de jouer, d’aller à l’école. L’infirmière que nous avions formée a compris que le problème était plutôt d’ordre psychologique car le garçon avait vécu un grave incendie chez lui. Elle a pu l’aider à gérer ses cauchemars et ses flashbacks et il va désormais beaucoup mieux ».

Saddam, médecin généraliste, témoigne « Un patient âgé de 38 ans est venu ici pour des palpitations et des vertiges. Je l’ai d’abord envoyé au laboratoire pour effectuer quelques tests à la recherche d’une maladie. Je lui ai ensuite demandé plus de détails et il m’a alors confié souffrir d’hallucinations. En creusant un peu grâce à la formation que j’ai suivi, j’ai découvert qu’il souffrait en réalité de troubles psychotiques et j’ai pu le transférer chez un spécialiste. Nous le suivons toujours et il a maintenant un traitement adapté ».

Les conflits ont laissé des traces en Irak

Entre 2013 et 2017, l’Irak a été confrontée à la crise des réfugiés Syriens et au prise avec un conflit initié par DAECH qui a entraîné plusieurs vagues de déplacements des civils. Aujourd’hui, bien que le conflit ait pris fin, des sources d’instabilité subsistent et le pays est confronté à une situation préoccupante en santé mentale. Le temps passé sous le régime de Daech et les conflits armés ont exacerbé le traumatisme psychologique ressenti par la population. Les communautés hôtes, comme les personnes réfugiées et déplacées internes ont dû faire face à des changements socio-économiques et à des situations traumatisantes et stigmatisantes conduisant à une détresse psychologique importante, et créant un énorme besoin non comblé d’aide en santé mentale et soutien psychosocial.

Action contre la Faim intervient avec des programmes en santé mentale, soutien psychosocial, pratiques de soins et protection au Kurdistan et en Irak Fédérale depuis 2013 auprès de personnes déplacées, de réfugiés Syriens et de communautés d’accueil. Nos équipes viennent en aide dans des situations d’urgence aux populations vulnérables, afin de soulager la détresse psychologique, telles que la dépression, l’anxiété, le stress et les traumatismes. Nous venons en aide à plus de 12 000 personnes avec des sessions de psychoéducation, des groupes de soutien et du soutien psychologique individuel.

En lien avec d’autres projets, les équipes mènent une réponse intégrée aux projets d’employabilité afin d’améliorer la résilience des populations. Cette intervention inclut la formation et l’accompagnement en matière de compétences sociales et émotionnelles, des sessions de gestion des problèmes et des groupes de soutien psychosocial, et répond aux besoins de plus de 2000 personnes. Les équipes œuvrent pour le renforcement des capacités des acteurs locaux : le ministère de la santé, les départements de la santé des gouvernorats, les centres de soins de santé primaires et les organisations communautaires. L’objectif est d’améliorer la prise en charge de santé mentale dans le pays, et à former les professionnels de la santé et les organisations communautaires pour qu’ils soient en mesure de fournir de meilleurs services.

Irak Saadya © Sébastien Duijndam pour Action contre la Faim

Afghanistan : Les femmes, premières victimes de la crise

 

Marqué par 40 ans de conflit, l’Afghanistan est confronté à une crise de protection prolongée. Elle est caractérisée par le taux élevé de victimes civiles, de risques d’explosion, de graves traumatismes physiques et psychologiques, des attaques ciblées contre les écoles et les établissements de santé et une forte prévalence de la violence sexuelle. Pendant des décennies, le quotidien des Afghans s’organisait en grande partie autour de la capacité à rester en vie. On estime que 50 % de la population afghane souffre d’une forme de détresse psychologique et que 20 % sont affectés dans leur quotidien par des problèmes de santé mentale.

Le nombre de tentatives de suicide en Afghanistan est élevé, et reste plus important chez les femmes. Les populations au plus bas de l’échelle, comme les femmes, les jeunes filles et les garçons, sont les plus exposés aux différents risques. La condition des femmes dans la société s’est nettement dégradée en matière d’accès aux services, de liberté de mouvement, et de pouvoir de décision au sein d’un foyer ou de la communauté. L’inégalité qui résulte des normes sociétales, croyances culturelles et religieuses.

Compte tenu du risque accru des violences sexuelles et de problèmes de santé mentale pour les femmes en Afghanistan, nos équipes prennent en compte l’impact de la santé mentale maternelle sur l’état nutritionnel de l’enfant et sur son développement à long terme. L’intervention d’Action contre la Faim en Afghanistan se repose sur une approche intégrée pour répondre aux déterminants sous-jacents de la malnutrition, ainsi qu’en proposant des services de soutien psychosocial. Les activités de santé mentale, pratiques de soins, genre et protection sont actuellement mises en œuvre dans trois provinces du pays : Helmand, Ghor et Daykundi par les équipes composées de 83 personnes, dont une majorité des psychologues et de travailleurs psychosociaux. En 2019, 31 265 personnes, en majorité des femmes enceintes, allaitantes et leurs enfants de moins de 5 ans ont bénéficié des services de soutien en santé mentale.  

 

Cameroun deplace au nord du cameroun © Christophe Da Silva pour Action contre la Faim

Le Cameroun face aux crises

Au Cameroun, trois crises humanitaires, impactent psychologiquement les populations.

Elles sont confrontées à des situations traumatiques (pertes des biens, deuils, violences…) dans un contexte où l’accès aux soins de santé mentale reste limité. En dehors des grandes agglomérations, peu de professionnels du domaine exercent au Cameroun. Comme en Jordanie, la santé mentale porte le poids de la stigmatisation ce qui découragent les personnes dans le besoin à demander cette aide.

 

 

Nos équipes interviennent en santé mentale au sein de centres de santé ou dans des cliniques mobiles à travers différentes activités permettant de renforcer les liens entre mère et enfant : séances de bain et le massage, de jeux ou encore des groupes de discussions. Nos équipes proposent également activités comme des groupes de paroles destinées aux femmes enceintes et allaitantes sur des thématiques en lien avec l’allaitement, la détresse psychique ou la place du bébé dans la famille.

Du fait des incidents répétés que rencontre la population, les équipes d’Action contre la Faim aident aussi à la gestion du stress en délivrant des exercices de relaxation et de gestion des émotions aux personnes en détresse. L’objectif est de renforcer l’intégration de la santé mentale dans les soins de santé primaire.

La santé mentale peut compromettre la capacité des populations à bien se nourrir et est ainsi un enjeu de lutte contre la faim. En 2019, 416 086 personnes ont bénéficié d’un soutien psychologique dans nos pays d’intervention d’Action contre la Faim.

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