Début de la mission :1991
Personnel national : 35
Expatries :4
Lieux d’intervention
Province de LUANG NAMTHA
Types d'intervention :
Le Laos, l’un des derniers bastions communistes au monde, est également parmi les pays les plus pauvres d’Asie du Sud-Est. Depuis 1986, le pays s’ouvre progressivement à l’économie de marché et compte aujourd’hui mettre à profit ses ressources naturelles et son positionnement au carrefour de l’Asie du Sud-Est pour nourrir sa croissance économique. Le gouvernement laotien a notamment mis en place des mesures pour attirer les investissements étrangers, en majorité chinois, et pour orienter l’agriculture de subsistance vers les cultures commerciales (notamment dans les hautes terres).
Ce développement masque toutefois de fortes inégalités au sein de la population, au détriment des populations rurales (souvent issues de minorités ethniques). Les principales problématiques en milieu rural sont un taux de mortalité élevé chez les enfants de moins de 5 ans, de forts taux de malnutrition chronique, un accès à l’eau et l’assainissement limité et une insécurité alimentaire.
Dans le but de réduire la pauvreté et de moderniser les zones rurales, le gouvernement laotien a mis en place il y a une quinzaine d’années une politique de relocalisation des populations rurales (volontaire, forcée, coercitive ou fortement encouragée) vers les plaines. Le principal résultat de cette politique a été une déstructuration économique et sociale des populations, sans atteindre les objectifs de développement fixés. Aujourd’hui, la relocalisation est encore utilisée par le gouvernement comme un moyen de développement des zones rurales mais le contexte a considérablement évolué :
- Le gouvernement privilégie notamment aujourd’hui des relocalisations des hautes terres vers les hauts plateaux (et non vers les plaines), qui sont moins traumatisantes et déstructurantes pour les populations.
- Le développement des cultures de rente crée de nouvelles opportunités dans les hautes terres.
- Le gouvernement a été fortement sensibilisé aux risques et dangers de cette politique quand elle est menée sans concertation et de manière brutale ; il cherche donc à mettre en place des alternatives
L’accès à l’eau et la sécurité alimentaire des populations rurales restent encore problématiques et nécessitent une réponse de long terme. La politique publique qui incite à développer les cultures de rente au détriment de l’agriculture de subsistance a par exemple des impacts considérables encore peu maîtrisés et peu connus sur le paysage, l’environnement, l’économie et surtout le mode de vie des populations rurales. Ainsi, les cultures commerciales exercent une pression foncière considérable et prennent petit à petit la place des cultures de subsistance, ce qui peut générer à terme des problèmes d’insécurité alimentaire. La situation des populations rurales et des minorités ethniques dans le pays doit donc être suivie.
Ces dernières années, ACF a assisté d’une part les populations relocalisées dans les plaines (fin des programmes : mi-2008) et d’autre part les populations vivant dans les montagnes, proposant ainsi une alternative à la relocalisation (fin des programmes : mi-2009).
En 2009, ACF a finalisé un programme d’amélioration des moyens de subsistance des populations montagneuses (province de Luang Namtha – District de Long) via notamment l’accroissement des surfaces de riz irriguées, un accès pérenne à des points d'eau (systèmes gravitaires), la construction de routes, la distribution de kits de semences et outils ainsi que des formations agricoles
chronicité et la mise en place de mécanismes de développement semble
plus pertinente qu’une action forte sur le traitement de la MAS. Les
taux de prévalence actuels de la Malnutrition Aigüe Sévère (MAS) ne
soulignent pas d’urgence humanitaire en la matière.
- Au plan
national, la lutte contre la malnutrition chronique apparaît comme
prioritaire, pour le gouvernement, mais les ressources financières et
humaines allouées restent cependant limitées notamment pour les ONGs.
La fermeture fut effective au 30/06/2009 suite à finalisation de ses projets de développement rural sur les bases de Muang Long et Luang Namtha ;
ACF entretient depuis un certain nombre de réseaux et de contacts pour suivre l’évolution de la situation sur la MAS et se tient près à répondre à une urgence humanitaire ou une dégradation significative des taux de prévalence.