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Mariama Cameroun © Léa Vollet pour Action contre la Faim

Témoignages

Cameroun

Se reconstruire au Cameroun

Quand j’étais en RCA je vivais bien, j’avais mes bovins. Je pouvais consommer leur lait, manger leur viande ou bien en vendre pour gagner de l’argent. Quand les attaques ont commencé pendant la crise des Balakas, en 2014, on a utilisé la piste de transhumance entre la RCA et le Cameroun pour fuir. Je suis partie avec mes enfants et mon mari a été tué. J’ai cinq enfants, le dernier avait deux mois quand on s’est échappés. J’ai réussi à amener quelques bêtes avec moi mais désormais je n’en ai plus. J’ai mal au cœur. Parfois, même pendant des actions anodines, quand je bois de l’eau, je pense à eux, à ma vie et ça me fait mal.

" J’ai eu une maladie en arrivant ici, un choc, j’ai perdu tous mes cheveux mais maintenant ils ont repoussé."
Mariama Ousmanou
, Cameroun

Je suis venue ici parce que ma mère s’est réfugiée dans ce village pendant le premier conflit en 2006, je vis dans sa maison mais elle est décédée il y a cinq mois et j’ai peur qu’on me demande de partir. A mon arrivée, on m’a mise dans un site de réfugiés ; nous vivions sous un abri de bâche, il faisait froid, j’ai vendu mon dernier bœuf pour trouver l’argent pour sortir du site et rejoindre ma mère. Là-bas les gens font la queue pour utiliser les toilettes, ce n’est pas très propre, je ne voulais pas rester.

Je n’ai pas beaucoup de moyens, je cueille les feuilles d’oseille de guinée (hibiscus) pour manger. La farine pour faire la boule, c’est trop cher. Je ne peux même pas aller couper du bois, comme le font la majorité de mes compatriotes parce que je ne peux pas mettre de charge sur ma tête. J’ai une maladie mentale. Ça a commencé en RCA, j’étais déjà marié avec trois enfants. Un jour, j’ai amené ma fille à l’eau pour faire la lessive et c’est comme si le sommeil me tombait dessus, je me suis couchée au sol et je ne voulais plus bouger.

On m’a attachée, on m’a donné un remède mais deux mois après cela a empiré; je vois la lune et le soleil dans mes yeux et deux corps d’hommes morts puis un bruit survient derrière ma tête, quand je me retourne, je ne reconnais plus rien ni personne. C’est la famine ou le mauvais esprit. Ça va un peu mieux maintenant, même si j’entends encore le bruit parfois mais je ne peux pas faire de tâches trop physiques.

 

Mariama et sa famille Cameroun © Léa Vollet pour Action contre la Faim

Élever des canards, j’espère que ça me rapportera ma part quand on les vendra. Je mettrai une partie de l’argent de côté, et avec le reste j’achèterai de la nourriture. Je pourrai payer les médicaments si ma famille est malade. Ici les gens font le champ, mais tu vas planter et tu attends, tu attends, tu as les yeux rouges à force alors qu’avec les bêtes si tu as besoin tu peux vendre ou manger la viande.

Si j’avais suffisamment d’argent, j’ouvrirai un petit commerce et je ferai construire une maison ici. Il est impossible de rentrer, après tout ce qui s’est passé c’est trop dur de repartir. En plus je n’ai plus de bœufs, comment je vivrai là-bas ? 

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