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Virus Ebola : point sur l’épidémie

La maladie à virus Ebola est l'une des maladies infectieuses les plus redoutées au monde. Depuis sa découverte en 1976, elle a provoqué de nombreuses flambées épidémiques meurtrières en Afrique subsaharienne. Alors qu’une urgence sanitaire mondiale a été déclarée en RDC le 17 mai dernier, que sait-on de ce virus, ces modes de transmission et possibilités de traitement ?

Définition et origine de la maladie à virus Ebola 

Le virus Ebola est l’agent responsable de la maladie à virus Ebola, une fièvre hémorragique virale grave qui peut être mortelle chez l’être humain. 

Quand et comment Ebola est-il apparu ? 

Le virus Ebola tire son nom de la rivière Ebola, un affluent du Congo situé dans le nord de l’actuelle République démocratique du Congo (RDC). C’est en 1976 que deux flambées épidémiques distinctes ont été identifiées simultanément : l’une près de Nzara, au Soudan, et l’autre dans le village de Yambuku, en RDC. Ces deux événements ont marqué la découverte officielle du pathogène. 

L’épidémie originelle aurait été provoquée par un contact étroit entre des populations humaines et des animaux sauvages infectés, dans des environnements forestiers d’Afrique centrale. La consommation de viande crue ou insuffisamment cuite de primates ou d’autres animaux sauvages porteurs du virus constitue l’une des voies d’introduction du pathogène dans les communautés humaines. 

Il existe plusieurs espèces distinctes au sein du genre Ebolavirus. La plus connue et la plus létale est l’espèce Zaïre ebolavirus (EBOV), responsable des flambées épidémiques les plus meurtrières, notamment en RDC et en Afrique de l’Ouest. L’espèce Soudan ebolavirus (SUDV) a été identifiée lors de la flambée de 1976 au Soudan et a causé plusieurs épidémies depuis. Quant à l’espèce Bundibugyo ebolavirus (BDBV), elle a été responsable de deux épidémies, une en 2007 en Ouganda et une en 2012 en RDC. 

Chaque souche présente des caractéristiques épidémiologiques propres, notamment en termes de taux de létalité moyen et de zone géographique d’émergence. A ce jour la souche Zaïre, la plus connue a pu bénéficier de recherches qui ont permis de développer un vaccin et des traitements, indispensables pour contenir et stopper l’épidémie alors que pour la souche Bundibugyo, il n’y a pas de vaccin et de traitement approuvés. 

Transmission Ebola : comment se transmet le virus ?  

Le risque de transmission du virus Ebola requiert un contact direct avec les fluides biologiques d’une personne infectée : sang, sueur, salive, vomissures, selles, urine, lait maternel ou sperme. La transmission survient lorsque ces liquides entrent en contact avec les muqueuses ou des lésions cutanées d’un individu. La contamination peut se faire aussi par le contact avec des surfaces et des matériaux contaminés par le virus. 

Plusieurs situations concentrent l’essentiel des risques de transmission : les soins prodigués à des patients sans équipements de protection individuelle adéquats, les pratiques et rites funéraires traditionnelles impliquant le contact direct avec le corps du défunt, et la manipulation ou la consommation de viande crue ou peu cuite issue d’animaux sauvages potentiellement infectés. Le personnel soignant figure parmi les populations les plus exposées lors des grandes flambées épidémiques. 

Quels sont les symptômes de la maladie à virus Ebola ? 

Les premiers signes de la maladie sont peu spécifiques et peuvent facilement être confondus avec d’autres pathologies infectieuses tropicales, comme le paludisme ou la typhoïde. Les symptômes de la maladie d’Ebola peuvent apparaître soudainement et comprennent de la fièvre, des maux de têtes intense, de la fatigue, des douleurs musculaires, une conjonctivite. Ils sont suivis de mal de gorge, vomissements, de diarrhées, de douleurs abdominales et thoraciques, d’éruptions cutanées. Puis une phase de somnolence, délire et hémorragies apparaissent avant le décès de la personnes. 

Traitement et vaccin du virus Ebola 

Des avancées thérapeutiques et vaccinales majeures ont été réalisées ces dernières années. Aujourd’hui, deux vaccins constituent un outil clé de la riposte aux flambées épidémiques, contre la souche Zaïre. 

Contrairement à la souche Zaïre, il n’existe aucun vaccin homologué ni aucun traitement spécifique contre Bundibugyo, bien que des soins de soutien précoces puissent sauver des vies. 

Le virus Ebola reste une menace sanitaire grave pour les populations d’Afrique subsaharienne. La surveillance épidémiologique, la mobilisation communautaire pour expliquer la maladie et faire accepter les mesures de prévention, la détection précoce des cas suspects et le suivi des contacts, la mise en place des centres de traitement d’Ebola, la prévention et le contrôle des infections dans les structures de santé grâce aux équipements de protection, le triage et l’isolement des patients présentant des symptômes, la fourniture d’eau et de produits d’hygiène, la distanciation sociale, le soutien psychologique et lorsque c’est possible, la vaccination des populations à risque constituent les leviers essentiels de la lutte contre cette maladie. 

Les organisations humanitaires présentes sur le terrain peuvent jouer un rôle déterminant dans cette riposte, en appuyant les capacités des systèmes de santé locaux et en apportant une aide directe aux patients et aux communautés touchées. 

S’agit-il du virus le plus mortel au monde ? 

Ebola est l’un des virus les plus mortels connus, sans être pour autant le plus létal dans l’absolu. Son taux de létalité moyen varie considérablement selon la souche impliquée et les conditions de prise en charge : il peut osciller entre 25 % et 90 % selon les flambées épidémiques. 

Historique des grandes épidémies : quels pays sont concernés par Ebola ? 

Ebola en Afrique : pourquoi Ebola est-il un problème en Afrique ? 

Plusieurs facteurs expliquent la concentration des épidémies d’Ebola en Afrique subsaharienne. La présence du réservoir animal dans les forêts tropicales d’Afrique centrale et d’Afrique de l’Ouest favorise les premiers contacts entre le virus et les populations humaines, notamment dans les communautés pratiquant la chasse de subsistance. 

La grande épidémie de 2014-2016, qui a frappé l’Afrique de l’Ouest, principalement la Sierra Leone, le Libéria et la Guinée, a été la plus meurtrière de l’histoire. Avec plus de 28 000 cas et plus de 11 000 décès, elle a mis en lumière la vulnérabilité des systèmes de santé de ces pays face à une flambée épidémique de grande ampleur, et a confirmé l’urgence de renforcer les capacités sanitaires locales. 

La Sierra Leone a été particulièrement touchée lors de cette épidémie, enregistrant le plus grand nombre de cas confirmés. Ce pays, qui sortait d’une longue période de guerre civile, ne disposait que de très peu d’infrastructures sanitaires fonctionnelles, ce qui a rendu la réponse à l’épidémie extrêmement complexe. Des centres de traitement d’urgence ont dû être construits en quelques semaines, avec l’appui de la communauté internationale. 

Quel est le pays le plus touché par le virus Ebola ? 

Situation sanitaire en République démocratique du Congo 

La République démocratique du Congo est le pays le plus touché par le virus Ebola dans l’histoire. Depuis 1976, elle a enregistré 17 flambées épidémiques, dont certaines parmi les plus meurtrières jamais documentées. Sa situation géographique, au cœur de la forêt équatoriale africaine et au contact d’une faune sauvage dense, en fait un terrain d’émergence particulièrement exposé.   

La flambée épidémique de 2018-2020, survenue dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, est devenue la deuxième plus grande épidémie d’Ebola jamais enregistrée, avec plus de 3 400 cas et plus de 2 200 décès. Elle a illustré de façon concrète les défis que pose la gestion d’une crise sanitaire en zone de conflit, et a nécessité le déploiement de moyens considérables de la part des autorités congolaises, de l’OMS et des organisations humanitaires présentes sur place. 

Le 5 mai 2026, l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) a été alertée d’une épidémie à forte mortalité d’une maladie inconnue dans la zone sanitaire de Mongbwalu, province d’Ituri, incluant des décès parmi le personnel de santé. Le 15 mai 2026, le ministère de la Santé publique, de l’Hygiène et des Affaires sociales de la RDC a officiellement déclaré la 17e épidémie de maladie à virus Ebola en RDC. 

Le 17 mai, l’épidémie d’Ebola a été déclarée urgence de santé publique de portée internationale (USPI) par l’Organisation mondiale de la santé (OMS). 

Combien de morts Ebola a t-il causé en République Démocratique du Congo ? 

Selon l’OMS, au 29 mai, on estime à plus de 120 cas confirmés, plus de 900 cas suspects et plus de 220 décès suspects. L’épicentre de l’épidémie se trouve en Ituri, Mongwalu étant la zone sanitaire la plus touchée. 

Aujourd’hui, alors que la prise en charge médicale des patients est en train de s’organiser, la priorité pour Action contre la Faim est de protéger les personnels des structures de santé qui manquent cruellement de moyens, en fournissant du matériel de protection, des produits de désinfection et de l’eau potable pour maintenir l’accès aux soins de santé et nutritionnel et aussi pour éviter les contaminations dans les centres de santé.  

En étroite coordination avec les autorités sanitaires et administratives locales, Action contre la Faim a lancé une réponse d’urgence en soutien à 12 structures de santé de la région.