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Rapprocher l’eau des foyers pour changer des vies dans la région du Tigré
Pendant des années, Tibletse a marché plusieurs heures par jour pour aller chercher une eau insalubre qui mettait en danger la santé de sa famille. Aujourd’hui, un point d’eau réhabilité dans la région du Tigré, en Éthiopie, fournit de l’eau potable à seulement quelques minutes de chez elle. Cela a amélioré la santé de plus de 1 400 personnes, en plus de leur faire gagner un temps précieux et de leur redonner espoir.
Dans la région du Tigré, à Yechila (qebelé d’Emba Rufael), l’accès à l’eau constitue depuis longtemps un défi quotidien. Pour de nombreuses familles, s’approvisionner en eau impliquait de marcher sur de longues distances pendant des heures chaque jour. De plus, le conflit dans le nord a aggravé la situation en endommageant les systèmes d’approvisionnement en eau existants.
Pendant des années, la vie de Tibletse Heluf a été conditionnée par cette situation. Elle allait chercher de l’eau à une rivière située à plus de deux heures de chez elle. Le trajet était compliqué, surtout pendant la saison des pluies, où la route devenait glissante et dangereuse. Et même une fois à la rivière, rien ne lui garantissait l’accès à l’eau. Parfois, les inondations rendaient la collecte impossible, et elle rentrait chez elle avec des jerrycans vides.
Le temps passé à aller chercher de l’eau empiétait sur sa vie quotidienne.
« Il ne s’agissait pas que d’une question de distance », explique Tibletse. « Nous faisions la queue pendant des heures. Pendant que j’attendais, je n’arrêtais pas de penser à mes enfants et à tout ce que j’avais à faire à la maison. » En général, elle emportait deux jerrycans avec elle, mais souvent, cela ne suffisait pas, et elle était contrainte de faire un deuxième voyage.
Mais le fardeau le plus lourd n’était ni la distance, ni l’épuisement : c’était de voir ses enfants tomber malades. L’eau de la rivière était insalubre, et ses enfants souffraient fréquemment de diarrhées et de vomissements. En tant qu’agricultrice de subsistance ayant peu de revenus, il lui était difficile de couvrir les frais médicaux.
« Quand ils sont tombés malades, je me suis énormément inquiétée », dit-elle à voix basse. « Je n’avais pas d’argent pour l’hôpital. Quand la situation se gâtait, j’empruntais à mes voisins. »
Mais le soulagement était temporaire. L’eau qui les avait rendus malades était la seule dont ils disposaient.
Début 2026, le point d’eau d’Agora, qui avait été endommagé durant le conflit, a été réhabilité et remis en service par Action contre la Faim, avec le soutien financier de l’Union européenne. Cette source d’eau a considérablement réduit le temps et les efforts nécessaires pour aller chercher de l’eau. Tibletse peut désormais accéder à une eau propre et sûre en environ cinq minutes et tout au long de la journée.
Cela a considérablement amélioré son quotidien. Ses enfants sont en meilleure santé. Ses journées ne sont plus accaparées par la recherche d’eau. Elle peut préparer les repas à l’heure, s’occuper de sa maison et, surtout, être présente pour ses enfants. « Je suis très heureuse », dit-elle en souriant. « Je peux enfin envoyer mes enfants à l’école à l’heure. C’est quelque chose dont je rêvais depuis longtemps. »
Le point d’eau d’Agora est bien plus qu’une source d’eau : c’est une responsabilité partagée. Un comité composé de sept membres de la communauté veille à son bon fonctionnement pour une somme modique. Parmi eux, on trouve Letebirhan Wubet, qui a vécu les effets de ce changement à la première personne.
Elle se souvient de l’époque où sa mère quittait la maison tôt le matin pour aller chercher de l’eau et revenait des heures plus tard, épuisée. « Je me souviens que ma mère quittait la maison à 2 h du matin pour aller chercher de l’eau et qu’elle rentrait à 10 heures. Je m’inquiétais toujours beaucoup en voyant son visage fatigué. J’aurais aimé pouvoir l’aider, mais j’étais trop petite », raconte-t-elle.
Aujourd’hui, il ne faut plus que quelques minutes à sa mère pour aller chercher de l’eau.
Letebirhan est diplômée en technologies de l’eau. Elle met ses compétences au service du système et sensibilise sa communauté à l’hygiène et aux maladies causées par la consommation d’eau insalubre. « Je suis fière de servir ma communauté », nous dit-elle.
Dans les terres arides du qebelé d’Emba Rufael, le système d’approvisionnement en eau d’Agora est un symbole d’espoir et une source de moyens d’existence pour la communauté. Il dessert environ 1 400 personnes, améliorant l’accès à l’eau potable et réduisant les difficultés auxquelles les familles étaient auparavant confrontées. Avec le soutien financier de l’Union européenne, Action contre la Faim a œuvré à la réhabilitation de 10 points d’eau et à l’entretien de 38 autres à Yechila (woreda d’Abergele), ce qui a amélioré le quotidien de nombreuses communautés en leur redonnant un accès fiable à l’eau potable.