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A quoi ont servi les dons du Z Event 2021 ?
Dans une démarche de transparence sur l’utilisation des fonds collectés lors de l’édition 2021 du Z Event, nous revenons sur les programmes identifiés qui ont bénéficié de la générosité du public.
Le Z Event, ce marathon de streaming caritatif qui réunit chaque année des dizaines de streamers en continu sur un week-end, a collecté plus de 10 millions d’euros pour Action contre la Faim. Un record.
Nous avons créé un fonds dédié aux dons du Z Event 2021. Ces dons ont été utilisés pour soutenir plusieurs de nos programmes qui avaient des besoins de financement ou qui se trouvaient dans des contextes difficiles comme des conflits ou dans des zones avec des problèmes d’accès humanitaires.
Les dons des particuliers nous permettent de sauver plus de vies, toucher plus de gens, avoir un meilleur impact et une meilleure efficacité. Ils garantissent également notre liberté d’action, qui ne dépend pas des bailleurs de fonds publics.
Notre mission est de sauver des vies et de réduire l’insécurité alimentaire dans ces pays. Nos programmes s’articulent autour de 7 domaines d’expertise.

Z Event : on répond à toutes vos questions
En Centrafrique, priorité à la santé et à la relance agricole
Soutien au Centre Pédiatrique de Bangui
La Centrafrique est l’un des pays les plus pauvres au monde : plus de 60% des Centrafricains dépendent de l’aide humanitaire et on estime que plus de 40% de la population sont en état d’insécurité alimentaire. La moitié de la population centrafricaine habite à Bangui. Il était donc nécessaire de continuer à apporter notre soutien à ce centre ainsi qu’aux centres nutritionnels de la ville.
Grâce aux dons du Z Event, nous avons pu notamment renforcer notre soutien au Centre Pédiatrique de Bangui. 3020 enfants souffrant de malnutrition aigüe sévère ont en effet été pris en charge. De même, 60 personnels de santé ont été formés sur la prise en en charge intégrée de la malnutrition aiguë sévère et la prise en charge psychosociale. 16 Étudiants en psychologie ont bénéficié d’un stage pratique de 3 mois au sein de programme Santé mentale et soutien psychosocial d’Action contre la Faim. 60 étudiants en médecine ont effectué leur stage au sein des unités nutritionnelles thérapeutiques ainsi que 36 stagiaires infirmiers, sage-femmes et aides-soignants.
Soutien à l’hôpital d’Alindao
Dans la province de Basse-Kotto, l’hôpital de District d’Alindao est la seule structure de santé qui délivre des soins de santé primaires et secondaires de qualité gratuitement aux populations. Dans ce pays où l’extrême pauvreté prive souvent les personnes d’accès aux services de base, la gratuité est primordiale.
Avec les dons du Z Event, nos équipes ont mis en place une pompe et un système de traitement de l’eau pour que l’hôpital ait de l’eau potable et propre en quantité. Nous avons renforcé les activités de prise en charge des enfants de moins de cinq ans, pour les maladies infantiles et la sous-nutrition ainsi que celles des femmes enceintes et allaitantes tout au long de leur parcours de maternité. Nous avons fourni aussi l’équipement médical et nous avons embauché du personnel pour renforcer l’équipe de l’hôpital. Nous avons soutenu 18 500 patients.
Relance agricole dans l’Ouham
En Centrafrique, la production agricole représente 75% des revenus des populations. Cependant l’insécurité, la réduction des surfaces cultivables, les difficultés d’accès aux semences de qualité, le changement climatique, les maladies des cultures et les attaques de nuisibles entraînent souvent une production faible qui laissent les agriculteurs avec peu de ressources pour se nourrir et faire du commerce.
Pour aider les producteurs centrafricains à faire face à ces défis, nos équipes ont fourni des semences de maïs, d’arachides et de sésame ainsi que des outils et ont formé 1 750 familles (soit 8 750 personnes) à des techniques agricoles durables grâce à des champs de démonstrations. Nos équipes ont accompagné également des groupements des multiplicateurs de semences pour pérenniser ces actions. Parmi les 1750 familles, 700 ménages particulièrement vulnérables (car composés de femmes enceintes ou allaitantes ou d’enfants de moins de cinq ans) ont été accompagnées pour développer des jardins de case avec la plantation de tomates, épinards, oignons, carottes, laitues et gombos.
Nous avons ainsi atteint l’objectif d’accompagner ces familles vers une alimentation équilibrée et nutritive pour lutter contre la sous-nutrition grâce à des démonstrations culinaires et des conseils pour l’alimentation et la nourriture des jeunes enfants, et globalement de contribuer à la sécurité nutritionnelle des populations affectées par la crise sécuritaire.
Intervention d’urgence en sécurité alimentaire et en santé mentale en faveur des populations vulnérables de rapatriés et de personnes déplacées touchées par les conflits dans le nord-ouest de la République centrafricaine
La RCA a connu plus d’une décennie des tensions politiques et militaires qui ont touché tous les secteurs et plongé sa population dans une crise humanitaire aiguë. Depuis début 2017, plusieurs régions ont été le théâtre de flambées de violence ainsi que d’affrontements entre groupes armés, encore attisés par de vives tensions communautaires. Lorsque la crise a atteint son paroxysme en 2013, et par la suite, le nord-ouest de la RCA est resté le théâtre de nombreux affrontements entre groupes armés, une spirale de violence résultant de conflits qui ont provoqué d’énormes mouvements de populations à savoir 120 192personnes déplacées dans les 4 préfectures les plus touchées du Nord-Ouest.
Dans ce contexte de déplacement de populations et de ressources limitées, tous les secteurs étaient touchés avec une situation plus préoccupante en matière de sécurité alimentaire, de protection qui ont un impact direct sur a résilience et le bien-être des populations touchées par le conflit.
Avec les dons du Z event, en sécurité alimentaire, 96 554 personnes (30 276 filles, 21 365 femmes, 29 203 garçons et 15 710 hommes) ont bénéficié d’un soutien sous forme d’aide alimentaire, de transferts monétaires ou de participation à des foires. Ces interventions leur ont permis de couvrir entre 60 % et 84 % de leurs besoins alimentaires mensuels. Ces interventions ont permis de répondre avec succès aux besoins alimentaires des personnes déplacées à l’intérieur du pays (PDI), des rapatriés et des familles d’accueil dans les zones désignées par le projet.
De même, au cours du projet, nos équipes santé mentale et soutien psychocial ont mené 782 séances de psychoéducation auxquelles ont participé 13 223 personnes (2 822 hommes, 5 503 femmes, 2 547 garçons et 2 351 filles). Des groupes de soutien psychosocial ont également été organisés pour 8 396 bénéficiaires identifiés en situation de détresse psychologique (1 754 hommes, 3 756 femmes, 1 453 garçons et 1 433 filles). Par ailleurs, 41 sessions de formation aux premiers secours psychologiques ont été dispensées à 565 responsables communautaires.
Total fonds alloués à la République Centrafricaine : 1 225 142 EUR
Etude sur la transhumance transfrontalière
Réalisation d’une étude diagnostique sur la transhumance transfrontalière dans trois pays de l’Afrique centrale (Tchad, Cameroun et République centrafricaine), une problématique technique clé pour les pays ciblés, en lien avec les conflits dans la région et le changement climatique. Cette étude a permis la création d’un projet d’appui au pastoralisme et à la commercialisation du bétail (PASCO) visant à favoriser la cohabitation pacifique et la cohésion entre les différents acteurs directement et indirectement concernés et impactés par la transhumance transfrontalière, que ce soit les éleveurs ou les communautés rurales de la bande sahélienne.
Les fonds alloués à cette étude : 54 525,55€
Soutenir la résilience à la sécurité alimentaire et nutritionnelle dans la province d’Ituri en République Démocratique du Congo
Dans l’Est de la RDC et plus particulièrement dans la province d’Ituri, les causes de l’insécurité alimentaire et nutritionnelle sont multiples et diverses. Conflits, catastrophes climatiques, épidémies ont exacerbé la pauvreté structurelle des populations principalement dépendantes de l’agriculture pour satisfaire leurs besoins alimentaires et non alimentaires en santé, éducation, hygiène, et ont aussi accentué la détresse psychologique des communautés.
Le financement issu du Z Event a servi à renforcer un projet déjà mené par Action contre la Faim dans la zone pour renforcer la prévention de la malnutrition des populations les plus vulnérables (enfants de moins de 5 ans, femmes enceintes et allaitantes), améliorer l’accès aux services d’eau, hygiène et assainissement, aider les organisations paysannes à se structurer et augmenter les productions agricoles ainsi que la diversification des productions des ménages vulnérables. Au total, nos équipes ont pu soutenir plus de 22 000 femmes enceintes et allaitantes et enfants de moins de 5 ans, 100 800 familles d’accueil, déplacées et retournées, 2000 petits producteurs et productrices et 525 structures communautaires.
Recherche opérationnelle en République Démocratique du Congo
La République Démocratique du Congo est l’un des pays les plus affectés par la malnutrition. 2,4 millions d’enfants de moins de cinq ans souffrent de malnutrition aiguë. Cette maladie cause 35 % des décès chez ces enfants de manière directe ou indirecte. A cause des difficultés d’approvisionnement et de distribution des traitements, seuls 15 à 20 % des enfants atteints de malnutrition aigüe pourraient être pris en charge.
Au Kasaï oriental, nous avons pris en charge ces enfants gratuitement, et avons mené en parallèle une recherche opérationnelle sur l’efficacité d’un traitement avec une dose réduite d’aliment thérapeutique prêt à l’emploi dans la prise en charge de la malnutrition. Une stratégie de réduction, permettant d’ajuster le dosage du produit au plus nécessaire pour la bonne guérison des enfants, permettrait également de traiter plus d’enfants avec la même quantité de traitements.
Total fonds alloués à la République Démocratique du Congo : 158 395,60€
À Madagascar, les enjeux sont multiples
Face à la crise climatique
Depuis une dizaine d’années, nos équipes observent des aléas climatiques de plus en plus intenses dans cette région du pays (pluviométrie réduite et erratique, augmentation des températures, sécheresse sévère, augmentation de la fréquence des cyclones, etc.). Ces aléas s’ajoutent à une situation préexistante de pauvreté, de manque d’eau, de manque d’infrastructures et de service de base, de crise sanitaire. On estime aujourd’hui que plus 1 million de personnes souffrent de la faim dans le Grand Sud de Madagascar.
Face à cette situation il y avait donc un enjeu de prise en charge immédiate des populations souffrant de la faim mais également de prévention et atténuation des risques liés aux aléas climatiques. Grâce aux dons du Z Event, nous avons pu renforcer les capacités de préparation et de réponses aux aléas climatiques dans la région d’Atsimo Andrefana en appuyant notamment les communautés à la mise en place de plan de contingence et en positionnant des stocks d’urgence comprenant notamment des kits de premiers secours en cas de crise, durant une période où Madagascar a été frappée par plusieurs cyclones (Ana, Batsirai, Dumako, Emnati, et Jasmine entre janvier et avril 2022).
Prise en charge et prévention de la malnutrition en milieu urbain
La ville d’Antananarivo a fait face à des besoins importants dans un contexte très spécifique de forte densité de population et de grande insécurité.
Dans la commune urbaine d’Antananarivo, Action contre la Faim a mené un programme d’Accompagnement Social et d’Appui Nutritionnel. L’objectif de cette intervention a été d’améliorer le statut nutritionnel des enfants de moins de 5 ans et des femmes enceintes et des femmes allaitantes des 15 quartiers informels les plus vulnérables à proximité du Centre d’Accompagnement Social et Appui nutritionnel (CASAN) que Action contre la Faim a soutenu de 2012 jusqu’en mai 2023. Devant se retirer en l’absence de financements disponibles, ACF a finalement transféré la coordination du centre à l’association malgache Koloaina, tout en gardant contact avec les organisations de la société civile locales.
Les activités du programme s’articulaient autour de la prise en charge de la malnutrition aigüe et la prévention de la malnutrition chronique à travers des actions intégrées en nutrition-santé, santé mentale, soutien psychosocial et protection eau, hygiène et assainissement et sécurité alimentaire et moyens d’existence, pour prévenir et intervenir sur la malnutrition chronique en milieu urbain.
Lutter durablement pour la sécurité nutritionnelle dans la région de Atsimo-Andrefana
En partenariat avec les Organisations de la Société Civile et dans le but d’influencer les politiques publiques pour modifier les causes structurelles de l’insécurité nutritionnelle, Action contre la Faim à Madagascar mène des actions de Renforcement des Systèmes de Santé (RSS) et un plaidoyer important auprès des autorités locales pour accorder plus de moyens au personnel de santé.
L’objectif de ce projet toujours en cours est de contribuer à la sécurité nutritionnelle des populations de la région de Atsimo-Andrefana en développant des actions préventives, en réalisant des diagnostics participatifs des points de blocage du système de santé et en proposant des recommandations concrètes aux décideurs politiques.
Total fonds alloués à Madagascar : 329 160,44€
En Côte d’Ivoire, soutien aux systèmes de santé et aux jeunes entrepreneurs
Renforcement des systèmes de santé
La pandémie COVID-19 a eu un impact sur le système de santé ivoirien, déjà fragile, réduisant les capacités et l’accès aux services de santé en particulier pour les personnes vulnérables comme les femmes enceintes et les adolescent.e.s.
Le projet PROSSAN commun avec le Libéria et la Sierra Leone et co-financé par l’Agence française de développement (AFD) est mis en œuvre depuis 2018, afin de renforcer les services de soins de santé primaires, restaurer la confiance des communautés dans leur système de santé et les inciter à adopter des comportements appropriés liés à leur santé.
Ce programme a permis à Action contre la Faim de développer son expertise en matière de santé des jeunes via en autres, la mise en place d’une application mobile e-Santé mais également de renforcer les services de santé primaires et les comportements liés à la santé des quartiers urbains et périurbains d’Abidjan. Le programme a pu bénéficier à plus de 300 000 personnes dont plus de 190 000 jeunes et adolescente.e.s.
Pour l’agriculture urbaine
En Côte d’Ivoire, 39,4 % de la population est en situation d’extrême pauvreté. 21,6 % des enfants de moins de cinq ans souffrent de sous-nutrition chronique et 10,8 % de la population est en situation d’insécurité alimentaire. 39,4 % de la population est en situation d’extrême pauvreté. 21,6 % des enfants de moins de cinq ans souffrent de sous-nutrition chronique et 10,8 % de la population est en situation d’insécurité alimentaire.
Dans ce contexte, où l’accès aux ressources reste un enjeu primordial pour la population et notamment les jeunes, les équipes d’Action contre la Faim ont développé le projet Jeunes Entrepreneurs en Agriculture Urbaine et Biologique (JEAUB) en partenariat avec la plateforme de services (PFS)1 de Yopougon-Abidjan.
L’objectif a été de créer des emplois pour les jeunes des quartiers défavorisés d’Abidjan en les formant à la culture de maraîchers hors sol et sous abri et de promouvoir une agriculture de proximité en circuit court. Plus de 120 jeunes de 03 cohortes ont bénéficié de 100 heures de formations afin d’améliorer leurs compétences en gestion financière, technique et organisationnelle et deux tonnes de tomates et de concombres ont été récoltées en 02 années sur le site-école.
A l’issue de trois années de collaboration, 31 jeunes ont pu être insérés (salariés ou installés à leur propre compte). Pour la durabilité de cette initiative, ACF a renforcé l’autonomie financière de la PFS en soutenant des activités d’élevage (poulets et lapins) et la production de compost à visée commerciale. En outre, un fonds de garantie de 15 000 € a été mis en place dans une institution de microfinance pour faciliter l’installations des jeunes.
Total fonds alloués à la Côte d’Ivoire : 409 999,67€
Réponse d’urgence pour les déplacements de populations suite à un choc au Burkina Faso
Depuis 2015, la situation sécuritaire s’est progressivement détériorée au Burkina Faso provoquant des déplacements massifs de population et plongeant le pays dans une crise humanitaire aiguë. L’insécurité croissante et les chocs climatiques ont entraîné la pire crise alimentaire de ces dix dernières années, avec 2,6 millions de personnes estimées en situation de crise alimentaire (phases 3 + de l’IPC) et près de 700 000 enfants de moins de 5 ans souffrant de malnutrition aiguë.
Action contre la Faim a mené un programme de réponse aux besoins urgents aux populations déplacées dans un contexte de détérioration de la situation sécuritaire et humanitaire au Burkina Faso. Nous sommes intervenus à différents niveaux : veille humanitaire, évaluation des besoins, réponse permettant de fournir un accès amélioré à l’eau, l’hygiène et l’assainissement, à un abri, une protection, etc …
Total fonds alloués au Burkina Faso : 564 392,84€
Prévention de la sous-nutrition au Burkina Faso et à Madagascar
Le Burkina Faso et Madagascar sont deux pays fortement touchés par l’insécurité alimentaire à cause des conflits au Burkina Faso, de la pauvreté et des chocs climatiques à Madagascar.
Dans ces deux pays, nous mettons en place des activités de renforcement des systèmes de santé au niveau local et national pour assurer la prise en charge de la malnutrition aigüe dans le paquet de soins primaires de santé. Par exemple, nous garantissons l’accès à des pratiques d’hygiène dans les centres de soin soutenus pour limiter les maladies diarrhéiques via l’installation de stations de lavage de mains. Spécifiquement au Burkina Faso, nous avons amélioré les méthodes agricoles agroécologiques pour assurer des moyens d’existence pérennes et une diversité alimentaire adéquate et nous avons appuyé des groupements économiques de femmes en coopératives.
Le Burkina Faso fait face à des crises alimentaires et nutritionnelles dues principalement aux effets du changement climatique, à la faiblesse des productions agropastorales et à la faible résilience des ménages du fait de l’extrême pauvreté. Depuis 2016, une forte dégradation du contexte sécuritaire engendre des déplacements massifs de population et exacerbe la situation alimentaire et nutritionnelle des populations vulnérables qui étaient déjà en situation de pauvreté. En effet, toutes les régions du pays enregistrent l’arrivée de mouvements de population fuyant les zones de conflit notamment le Nord, le Centre-Nord et le Sahel. Le nombre de personnes déplacées internes s’élève aujourd’hui à près de 2 millions.
Pour venir en aide aux personnes déplacées, les équipes d’Action contre la Faim ont mené un projet dans les provinces de Kénédougou et de Houet, dans la région des Hauts-Bassins afin d’améliorer la situation alimentaire, le statut socio-économique et la résilience de groupes de populations particulièrement vulnérables (enfants en bas âge, femmes, personnes handicapées et ménages particulièrement pauvres).

Comment on prévient, dépiste et traite la malnutrition ?
Au Bangladesh, priorité à la santé avec le renforcement du centre de stabilisation nutritionnel
860 000 réfugiés Rohingyas vivent au Bangladesh après avoir fui les violences dans l’Etat voisin du Myanmar.
Les dons du Z Event nous ont permis de renforcer notre intervention en nutrition dans le district de Cox’s Bazar, où vivent la plupart des réfugiés Rohingyas, grâce au renforcement de notre centre de stabilisation nutritionnel prenant en charge les enfants de moins de 5 ans souffrant des formes les plus graves de sous-nutrition.
Nous avons ainsi soutenu 116 728 personnes avec des activités en nutrition et santé, 425 foyers en sécurité alimentaire et 29 500 ont bénéficié d’activités en eau, assainissement et hygiène. De plus 3500 personnes ont reçu du support en santé mentale et soutien psychosocial.
Total fonds alloués au Bangladesh : 1 001 902,63€
Au Yémen : Maintenir l’accès et la qualité des services de santé et de nutrition
Le Yémen connaît l’une des plus graves crises humanitaires au monde. Plus de la moitié de la population yéménite est exposée à des niveaux élevés d’insécurité alimentaire, tandis que les cas de malnutrition aiguë atteignent des taux records parmi les enfants de moins de cinq ans. L’intensification des hostilités depuis le mois décembre 2021 combinée à une crise de financement continuent d’entraver l’acheminement d’une aide humanitaire pourtant vitale pour éviter la famine. En l’absence d’un financement durable, plusieurs structures de santé ont déjà dû fermer ou suspendre leurs services en 2020, interrompant l’accès aux soins de santé essentiels pour les populations affectées par le conflit. Les enfants et les femmes enceintes et allaitantes sont particulièrement affectés par l’interruption des services de santé.
Face à cette situation dramatique, il est impératif de soutenir les services de santé et de nutrition pour empêcher le pays de basculer dans la famine.
Garantir l’accès à la santé
L’accès aux soins de santé et à la nutrition dans plusieurs régions du Yémen, notamment dans les gouvernorats d’Al Hudaydah, de Lahj et d’Abyan.
Dans les districts d’Az Zuhrah, Bajil, Tur Al Baha, Al Madaribah Wa Al Alah et Khanfar, les fonds ont permis de soutenir des centres de santé et des équipes mobiles intervenant auprès des populations les plus vulnérables. Cette aide a été essentielle pour garantir la continuité des services alors que des retards de financements humanitaires risquaient d’entraîner des ruptures de prise en charge.
Les équipes d’Action contre la Faim ont assuré le dépistage, la prévention et le traitement de la malnutrition chez les jeunes enfants ainsi que chez les femmes enceintes et allaitantes. Elles ont également mené des activités de sensibilisation sur l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant, les bonnes pratiques de santé familiale et l’importance du suivi nutritionnel dès les premiers mois de vie.
Dans le gouvernorat d’Al Hudaydah, le financement a notamment permis la distribution de 1 406 boîtes de compléments nutritionnels Plumpy’Mum destinés aux femmes enceintes et allaitantes, afin de prévenir la malnutrition et de protéger leur santé ainsi que celle de leurs enfants.
Au-delà de la nutrition, les fonds du Z Event ont contribué à maintenir une offre complète de soins de santé primaires : consultations médicales, vaccination, prise en charge des maladies infantiles, suivi des grossesses, soins postnataux et orientation des patientes vers les services adaptés lorsque nécessaire.
Action contre la Faim a également renforcé durablement les structures de santé soutenues à travers la formation et l’accompagnement du personnel soignant, la fourniture de médicaments et d’équipements médicaux, ainsi que l’amélioration des infrastructures. Des travaux ont notamment permis de renforcer l’accès à l’eau, l’assainissement et la gestion des déchets médicaux dans les centres de santé.
Le financement a aussi joué un rôle clé dans la continuité de la réponse humanitaire et la disponibilité des services pour les populations affectées.
Dans un contexte de crise prolongée, les fonds du Z Event ont ainsi permis à des milliers de familles yéménites de continuer à accéder à des soins vitaux, tout en renforçant les capacités des services de santé locaux à répondre aux besoins des communautés.
Traiter et prévenir la sous-nutrition
Au Yémen, plus de 2,25 millions d’enfants de moins de cinq ans et 1 million de femmes enceintes et allaitantes souffrent de malnutrition aiguë. Les ménages ont une consommation alimentaire largement insuffisante se traduisant par une malnutrition aigüe et une mortalité élevée, ainsi qu’au recours à des stratégies de subsistances négatives telles que la vente de leurs avoirs.
Face à ce constat dramatique, le traitement de la sous-nutrition et la diffusion des pratiques nutritionnelles chez les nourrissons est essentielle pour contribuer à la sécurité alimentaire des personnes affectées par le conflit. Pour cela, nous avons soutenu les établissements de santé dans la prise en charge et le traitement de la malnutrition sévère et aigüe chez les enfants de moins de cinq ans, ainsi que chez les femmes enceintes et allaitantes. Ces traitements ont ciblé en priorité les personnes déplacées et les communautés d’accueil vulnérables et affectées par le conflit.
En parallèle, nous avons proposé des sessions de suivi et d’accompagnement sur les bonnes pratiques nutritionnelles aux femmes enceintes et allaitantes. Des formations ont également proposées aux personnels de santé et aux travailleurs communautaires pour renforcer leurs compétences en matière de nutrition.
Total fonds alloués au Yémen : 1 061 809,05€
Au Népal
Renforcer la sécurité alimentaire des familles par la production de cultures négligées et sous-utilisées
Environ 65% de la population totale du Népal dépend de l’agriculture pour vivre. Selon l’Organisation internationale du travail, le secteur fait vivre 68 % de la population népalaise et représente 34 % du PIB. Néanmoins, le Népal peine à produire un approvisionnement suffisant en nourriture pour ses citoyens. Les agriculteurs ont un accès limité aux semences améliorées, aux nouvelles technologies et aux opportunités de marché. En l’absence d’infrastructures, de systèmes de marché et de connaissances fiables, ainsi que d’un système alimentaire et agricole non durable, le secteur est sous-exploité et les moyens de subsistance qui y sont associés sont limités.
Le Népal possède une grande diversité de cultures dites négligées, sous-utilisées ou encore marginalisées. Ces cultures comme l’acacia, le moringa, le champignon, l’épinard etc… ont d’énormes valeurs nutritionnelles, médicinales et économiques qui pourraient contribuer à la réduction de la pauvreté, principalement dans les zones rurales, et à l’amélioration de l’état nutritionnel et sanitaire de la population locale.
En lien avec l’association locale SAHARA, les équipes d’Action contre la Faim sont intervenues dans le district d’Udayapur, zone particulièrement vulnérable aux événements climatiques, dans le but d’améliorer la sécurité alimentaire des familles les plus vulnérables par le biais du développement de la chaîne de valeur du bambou, des champignons et d’autres espèces de cultures négligées et sous-utilisées. 478 agriculteurs ont pu ainsi bénéficier de notre soutien.
Améliorer l’accès à l’eau potable et à l’assainissement dans les zones rurales
Les dons du Z Event nous ont permis d’améliorer l’ accès à l’eau potable et à l’assainissement pour 6336 personnes dans les zones rurales des districts de Nuwakot et de Rasuwa, le long de la vallée de la rivière Trishuli où nos équipes interviennent depuis le tremblement de terre de 2015. Nous avons pu rénover les réseaux d’eau et les améliorer avec des branchements domiciliaires, mais aussi construire des stations d’épuration des eaux et mener des séances de promotion d’hygiène et gestion des déchets solides pour préserver la santé publique et protéger l’environnement.
Total fonds alloués au Népal : 241 931,98€
Au Pakistan
Améliorer la santé et l’état nutritionnel des enfants et des mères
Depuis des décennies, la malnutrition est répandue à tous les âges au Pakistan. La malnutrition ne touche pas seulement les enfants, mais aussi les femmes en âge de procréer qui souffrent d’anémie, généralement liée à une carence en fer dans les communautés les plus pauvres, en partie due à l’insécurité alimentaire.
Le pays compte le troisième plus grand nombre d’enfants de moins de cinq ans souffrant d’un retard de croissance au monde (45 % à l’échelle nationale, 50 % dans la province de Sindh et 63 % en moyenne dans les zones rurales).
Action contre la Faim contribue à l’élimination de la sous-nutrition et de la faim en améliorant la santé et l’état nutritionnel des enfants et des mères en renforçant ses interventions spécifiques en matière de nutrition dans huit districts ciblés de la province de Sindh, région très exposée aux risques de catastrophes naturelles.
Les dons reçus par le Zevent ont permis de cofinancer un projet déjà existant dans la province de Sindh. Au total, plus de 20 000 personnes touchées ont bénéficié d’un meilleur accès aux services de santé et de nutrition (4 982 personnes), à des interventions dans les domaines de l’eau, de l’assainissement et de l’hygiène et de la gestion de l’hygiène menstruelle (7 441 individus) ainsi qu’un soutien monétaire (7 805 personnes soit 1 1715 foyers).
Au total, 25 membres du personnel médical et paramédical des établissements de santé publics, ainsi que 34 agentes de santé communautaires, ont été formés à la prise en charge intégrée de la malnutrition aiguë, à l’alimentation du nourrisson et du jeune enfant, à la mesure du périmètre brachial en milieu familial et à l’évaluation des risques de malnutrition.
En parallèle, 1 520 aidants familiaux ont été formés à la mesure du périmètre brachial lors de 60 sessions, afin d’identifier en temps opportun les enfants souffrant de malnutrition au sein de la communauté et de les orienter rapidement vers des soins adaptés.
545 enfants dont 326 filles et 219 garçons souffrant de malnutrition aiguë sévère ont reçu un traitement, tandis que 2 858 enfants âgés de 6 à 59 mois (1 543 filles et 1 315 garçons) ont fait l’objet d’un dépistage dans les zones ciblées par le projet.
Répondre aux inondations massives
Nos équipes sont intervenues sur les inondations de 2022 au Pakistan en soutien à la réponse menée par les autorités pakistanaises dans les provinces du Balouchistan et du Sindh. Cette intervention avait pour objectif de fournir une assistance immédiate pour sauver des vies et s’assurer que les populations affectées par les inondations puissent avoir accès aux besoins humanitaires de base dans des conditions sûres et dignes. Les dons de Zevent ont complété des projets déjà existants. Ceux-ci ont permis de venir en aide à plus de 1 344 731 personnes tout financements confondus. La réponse humanitaire visait à réduire l’impact à court et à moyen terme des inondations et des destructions qui en découlent afin de soutenir le rétablissement des populations touchées.

LES INONDATIONS AU PAKISTAN PLONGENT LA POPULATION DANS L’INCERTITUDE ET LA PRÉCARITÉ
Total fonds alloués au Pakistan : 122 253,70€
Venir en aide aux personnes déplacées par le conflit au Myanmar
Depuis le coup d’Etat du 1er février 2021, plus de 320 000 personnes ont été déplacées à l’intérieur du Myanmar. Action contre la Faim, en partenariat avec l’association KMSS-Kalay, a répondu aux besoins essentiels des populations déplacées touchées par le conflit. Pour pallier aux besoins en matière d’eau, d’assainissement et d’hygiène, nous avons distribué des kits d’hygiène aux personnes déplacées et aux communautés d’accueil et fournit de l’eau potable dans les zones urbaines à 22 160 personnes. En parallèle, les équipes ont mené des activités en santé mentale et soutien psychosocial auprès de 687 personnes déplacées touchées par la détresse psychosociale liée au déplacement, au deuil et à la perte de leurs moyens de subsistance.
Total fonds alloués au Myanmar : 249 998,87€
L’accès à l’eau en Jordanie
En Jordanie, l’accès à l’eau potable ainsi qu’aux services d’hygiène et d’assainissement reste un défi considérable. L’afflux de réfugiés des pays voisins et les conséquences du changement climatique accentuent la pression sur les ressources en eau. En raison d’une baisse de financements, il devient de plus en plus difficile de maintenir l’accès à l’eau et à l’assainissement dans les camps de réfugiés. Dans le camp d’Azraq, l’utilisation et la conservation de l’eau reste un sujet de préoccupation majeur pour les 44 000 résidents syriens. Les systèmes d’approvisionnement en eau, les installations sanitaires et la gestion des déchets restent largement insuffisants pour subvenir aux besoins des réfugiés syriens, en particulier les femmes et les filles.
Il est donc essentiel de sécuriser l’approvisionnement en eau en promouvant les bonnes pratiques liées à l’hygiène et à l’assainissement. Les dons du Z Event ont permis d’améliorer l’accès à l’eau et à l’hygiène pour 43 915 réfugiés syriens résidents du camp d’Azraq. L’objectif était de diffuser les bonnes pratiques d’utilisation et de conservation de l’eau, d’améliorer la gouvernance communautaire autour de la gestion des infrastructures sanitaires, et de renforcer l’accès à la santé et l’hygiène menstruelle.
Renforcer les bonnes pratiques liées à l’eau
Depuis 2017, Action contre la Faim travaille sur une stratégie de mobilisation communautaire avec les résidents du camp d’Azraq. Cette approche vise à diffuser les bonnes pratiques liées à l’eau, l’hygiène et l’assainissement, afin de promouvoir une gestion responsable et durable des ressources du camp. Grâce à cette mobilisation, nos équipes ont renforcé les structures de gouvernance communautaires dans la gestion de l’eau et des infrastructures sanitaires. Les fonds levés lors du Z Event ont permis à nos équipes d’accompagner les résidents du camp d’Azraq dans la gestion de l’eau et l’entretien des infrastructures sanitaires.
Nos équipes ont sensibilisé 9,271 résidents (5,395 femmes, 596 hommes, 1 509 garçons et 1,771 filles) sur les bonnes pratiques d’utilisation et de conservation de l’eau, à travers trois campagnes . Afin de responsabiliser les réfugiés, une campagne de communication a sensibilisé également les résidents du camp sur l’importance de l’entretien des installations sanitaires.
Améliorer l’accès à l’hygiène et la santé menstruelle
Dans le camp d’Azraq, 89% des femmes rencontrent des difficultés dans la gestion de l’hygiène menstruelle. Parmi les principaux obstacles se trouvent le stigma social qui entoure les menstruations, la faible disponibilité des protections hygiéniques et le coût élevé de ces produits. En effet, le tabou qui entoure les règles peut parfois contraindre les filles et les femmes à s’exclure de toute forme de vie sociale lors de leur menstruation. De plus, lorsque les ressources et les infrastructures sanitaires sont indisponibles ou inadaptées, elles se retrouvent parfois contraintes de recourir à des pratiques néfastes pour gérer leurs menstruations qui menacent leur santé. Il est donc impératif de renforcer l’accès à la santé et à l’hygiène menstruelle dans le camp d’Azraq.
Nous avons renforcé l’accès aux bonnes pratiques d’hygiène et de santé menstruelle pour 2 215 femmes et adolescentes du camp (986 femmes et 1 229 adolescentes), à travers une campagne d’information et la distribution de protections menstruelles. En parallèle, nos équipes ont contribué à briser le tabou qui entoure les règles en améliorant les connaissances de 14 garçons résidents sur l’hygiène et la santé menstruelle.
Total fonds alloués à la Jordanie : 700 000,42€
Promotion de l’eau potable et de l’Hygiène en Libye
Suite à près de dix ans de conflit en Libye, le processus de paix et les efforts de réconciliation sociale enclenchés depuis octobre 2020, n’ont pas encore tenu leurs promesses, avec un agenda parfois éloigné des attentes des populations, laissant ces dernières avec des besoins primaires accrus et grandissants – 803 000 personnes ayant besoin d’une aide humanitaire ciblée en décembre 2021 dans le pays – notamment en terme d’eau d’hygiène et d’assainissement (environ 381 000 personnes en décembre 2021).
Un soutien pour assurer la fonctionnalité de base des installations d’eau, d’hygiène et d’assainissement, notamment dans les zones où les infrastructures d’eau – déjà éprouvées par des décennies de mauvaise gouvernance et vieillissantes – ont été endommagées pendant le conflit (comme les centres urbains), est nécessaire pour garantir l’accès à l’eau potable. Sans investissements importants et de longue durée pour réparer et développer les infrastructures, l’accès à ces services a peu de chances de s’améliorer et pourrait même se détériorer davantage sous l’effet d’une pression supplémentaire. Par ailleurs, en raison des conflits armés qui ont eu lieu au fil des ans, les infrastructures d’eau et d’assainissement sont presque totalement dysfonctionnelles dans plusieurs régions, et de multiples cas de contamination des eaux souterraines par les eaux usées ont été signalés.
Action contre la Faim a contribué à répondre aux besoins immédiats et urgents des populations dans le mantikas de Benghazi – où les besoins sont prégnants avec 25 400 personnes déplacés internes, 9 800 rapatriés internes et 17 400 migrants – en matière d’eau, d’hygiène et de protection à la COVID-19 tout en augmentant la résilience des populations touchées par le conflit. Ce projet a permis à 2 125 bénéficiaires de renforcer leur résilience grâce à l’accès à des services de santé mentale et de soutien psychosocial (MHPSS), ainsi qu’à des services d’eau, d’assainissement et d’hygiène (WASH). La réhabilitation des infrastructures sanitaires dans les deux écoles ciblées par le projet a permis à 1 863 enfants (953 filles et 910 garçons) d’accéder à des installations sanitaires améliorées. Par ailleurs, 1,489 étudiants (788 filles et 701 garçons) ont aussi pu assister à des sessions de sensibilisations co-créées avec le Croissant Rouge Libyen qui ont renforcé leurs connaissances en matière d’hygiène et de protection de l’environnement. Cela a permis d’oeuvrer à la réduction de la propagation de virus et de maladies hydriques tout en permettant aux enfants, d’avoir des bonnes conditions pour étudier. Enfin, ACF a fourni un soutien psychosocial au niveau de la communauté et des écoles à 715 bénéficiaires.
Total fonds alloués à la Libye : 192 000€
Améliorer la résilience, la sécurité alimentaire et l’accès à l’eau à Bassora, en Irak
Par la promotion de l’agriculture durable
En Irak, le secteur agricole représente 18 % des emplois, 2% de l’économie, et joue un rôle non-négligeable dans l’employabilité des femmes (qui représentent 50% des actifs du secteur), et dans l’amélioration de la résilience des populations, et de leur sécurité alimentaire. Cependant, ce secteur est freiné par la dépendance irakienne à l’égard d’une mono-économie basée sur l’exportation pétrolière – qui représente 70% de l’économie mais seulement 1% des emplois – ainsi que par les impacts du changement climatique tels que la hausse des températures, la baisse des précipitations, la forte salinisation et pollution des cours d’eau, et la perte de nutriments des terres agricoles.
Un investissement dans le secteur agricole irakien serait un investissement dans la stabilité du pays, ébranlé par la COVID-19 qui a creusé les inégalités de richesse, notamment pour les personnes dépendant d’un emploi informel et de moyens de subsistance alternatifs. Bassora est le lieu prioritaire pour le développement d’une agriculture durable, étant donné sa centralité géopolitique, tant dans le conflit que dans la dynamique du changement climatique dans l’ensemble de l’Irak. Malgré son potentiel agricole, le gouvernorat est actuellement confronté à une pénurie d’eau disproportionnée, ainsi qu’à un niveau élevé de contamination de l’eau, ce qui en diminue la qualité. Par ailleurs, le gouvernorat de Bassora est confronté à un chômage élevé, notamment parmi les jeunes. Ce paradoxe est d’autant plus marqué que la province constitue le principal pôle de production pétrolière du pays, sans que cette richesse ne se traduise systématiquement par une amélioration des conditions de vie de l’ensemble de la population, contribuant ainsi au maintien d’importantes vulnérabilités socio-économiques.
Pendant un an, Action contre la Faim a œuvré à renforcer la capacité de production alimentaire locale – tout en adoptant des pratiques plus économes en eau – afin d’améliorer la sécurité alimentaire à Bassora, une des régions d’Irak les plus touchées par le changement climatique. Le programme de revitalisation – incluant au minimum 40% de jeunes – reposait sur deux piliers : l’amélioration de la résilience climatique du secteur et la promotion de la cohésion sociale. Des membres d’associations agricoles, et d’associations d’utilisateurs d’eau ont été formés aux bonnes pratiques en matière d’utilisation de l’eau, tandis que des petits exploitants agricoles ont bénéficié de nouvelles technologies agricoles adaptées au climat telles que des irrigateurs goutte-à-goutte, ou encore des pompes solaires. Enfin, des éleveurs de buffles et des petits exploitants agricoles ont aussi été sensibilisé aux technologies vétérinaires et fourragères afin de réduire la pression sur les ressources financières. Par ailleurs, des ouvriers ont bénéficié d’activités de travail contre rémunération à court terme pour construire des bacs à compost.
A travers un premier projet, l’installation de sept pompes à eau solaires et de sept systèmes d’irrigation goutte-à-goutte a permis à plusieurs familles d’agriculteurs d’améliorer leur accès à l’eau tout en réduisant leurs coûts de production et leur consommation d’eau. Ces équipements ont contribué à sécuriser les activités agricoles et à renforcer les revenus des ménages. Par ailleurs, les associations d’agriculteurs et 24 fermiers ont été formés à la gestion de l’eau et aux pratiques agroécologiques. Les ménages bénéficiaires ont également été sensibilisés à une meilleure gestion des déchets afin de préserver la qualité des ressources en eau et l’environnement local. Enfin, sept unités de production hydroponique de fourrage vert ont été mises en place pour fournir une alimentation animale régulière et de qualité, tandis que 10 éleveurs ont reçu une aide financière pour accéder à des services vétérinaires. Ces activités ont permis d’améliorer la santé du bétail, de réduire les pertes et de renforcer la sécurité alimentaire des familles concernées.
Lors d’un second projet, l’ installation sanitaire dans 10 écoles a été réhabilitée, avec l’intégration systématique d’espaces adaptés à la gestion de l’hygiène menstruelle pour les filles. En parallèle, 10 agents de la Direction de l’Eau (DoW) ont été formés à l’utilisation de technologies de détection des fuites et de cartographie des réseaux d’eau, ce qui a permis l’identification et la réparation dehuit8 fuites, contribuant ainsi à une meilleure gestion des ressources en eau. Par ailleurs, 12 143 élèves (8 914 filles et 3 229 garçons) ont participé à des activités de promotion de l’hygiène, renforçant leurs connaissances et l’adoption de bonnes pratiques sanitaires. Les capacités de gestion de 12 administrations scolaires ont également été renforcées en matière de gestion de l’eau, d’hygiène menstruelle et de préparation aux pénuries d’eau, favorisant ainsi un environnement scolaire plus sûr, sain et résilient.
Améliorer l’accès à l’eau, à l’assainissement, aux services d’hygiène
En Irak, les fonds du Z Event ont permis de soutenir la mission d’Action contre la Faim Irak dans le sud de l’Irak Fédéral en supportant la mise en œuvre d’un projet visant à améliorer l’accès à l’eau, à l’assainissement, aux services d’hygiène et à la gestion des ressources dans le district de Bassorah, fortement touché par le stress hydrique. A travers ce projet, Action contre la Faim a adopté une approche basée sur deux piliers pour soutenir et améliorer la gestion de l’eau : (i) le renforcement de l’appropriation et de la capacité du gouvernement à entretenir le réseau d’eau, et (ii) l’inclusion des communautés de jeunes au niveau des écoles par la promotion de l’hygiène et l’amélioration des infrastructures .
Sous le premier pilier, Action contre la Faim a œuvré à la formation, au mentorat et au soutien de la Direction de l’Eau afin d’identifier et de réparer plus efficacement les fuites dans le réseau d’eau. De plus, Action contre la Faim a formé la Direction de l’Eau sur la planification, l’identification du réseau d’eau, la cartographie et la détection des fuites, ainsi que la priorisation et la réparation de ces dernières.
Sous le second pilier, Action contre la Faim a soutenu la réhabilitation et l’amélioration des infrastructures sanitaires au niveau des écoles, notamment en soutenant la création de lieux sûrs pour la gestion de la menstruation. De plus, Action contre la Faim a organisé des sessions de promotion de l’hygiène pour les élèves. Parallèlement, Action contre la Faim a œuvré également à améliorer la réponse communautaire aux futures épidémies de maladies d’origine hydrique en renforçant les mécanismes de planification préventive basés sur les installations. Enfin, Action contre la Faim a soutenu le renforcement de la capacité des écoles à soutenir les enfants confrontés à des enjeux de protection.
Total fonds alloués à l’Irak : 462 362,24€
Améliorer l’accès à l’alimentation pour les personnes précaires en France
L’arrivée de l’épidémie Covid-19 en France a mis en lumière des inégalités sociales de santé fortes et des facteurs de risque multiples pour les populations précaires et exclues. La perte d’activité et de revenu, touchant en tout premier lieu les personnes ayant un travail précaire et/ou informel a entrainé une précarisation de nouvelles populations, avec un probable impact durable sur l’accroissement des inégalités d’ici à 2025.
Selon les associations, la France compterait un million supplémentaire de personnes vivant sous le seuil de pauvreté venant s’ajouter aux 9,3 millions déjà existants.
Les activités d’Action contre la Faim en France contribuent, par leur action de terrain et expertise aux côtés de nos partenaires opérationnels, à l’amélioration de la réponse aux besoins des plus précaires en France, pour favoriser leur accès à une alimentation saine, durable et de qualité en Ile-de-France et à Marseille.
Depuis le début du conflit en Ukraine fin février 2022, 4 millions de personnes ont fui l’Ukraine. Si une très large majorité de ces personnes sont restées dans les pays frontaliers, une partie d’entre elles a aussi rejoint d’autres pays dont la France. Au 30 mars 2022, 33.000 personnes fuyant l’Ukraine ont été recensées à l’entrée du territoire français incluant des personnes à besoin spécifique (nourrissons, personnes âgées, personnes à mobilité réduite, …). Une partie de ces personnes étaient en transit mais une grande partie d’entre elles souhaitent rester en France.
Les fonds du Z Event ont permis d’améliorer les dispositifs de prise en charge des personnes exilées touchées directement ou indirectement par la crise ukrainienne sur Paris et petite couronne en facilitant leur accès à une prise en charge en santé mentale et soutien psychosocial et à des services permettant de répondre à tous leurs besoins essentiels.
Total fonds alloués à la France : 580 000€
En Sierra Leone
Valoriser la production de l’arachide
En Sierra Leone, plus de la moitié de la population est en situation d’insécurité alimentaire, une prévalence particulièrement élevée chez les ménages agricoles.
Le secteur agricole est le pilier de l’économie, mais malgré un potentiel élevé, la croissance actuelle de la production agricole et la transformation professionnelle de ses produits restent faibles en raison du manque de pratiques agricoles modernes.
L’arachide est la légumineuse la plus cultivée en Sierra Leone et joue un rôle important dans les moyens de subsistance et les régimes alimentaires, car elle est nutritive et génère des revenus. La chaîne de valeur de l’arachide présente cependant des inefficacités à différents niveaux notamment par le manque de compétences et de formation des acteurs.
Les activitésd’Action contre la Faim en Sierra Leone visent à contribuer à la réduction de la pauvreté et de l’insécurité alimentaire dans le pays. Les fonds du Z Event ont permis d’améliorer durablement la production de l’arachide dans le district de Moyamba, en promouvant une meilleure intégration de tous les éléments de sa chaîne de valeur.
Améliorer l’accès aux services de santé
L’épidémie d’Ebola, survenue alors que le pays se remettait encore de la guerre civile, a eu un impact négatif sur le système de santé. Elle a notamment accru la méfiance de la population envers les autorités sanitaires et a lourdement impacté les ressources humaines du secteur de la santé, avec 307 infections et 221 décès parmi le personnel de santé.
Plus récemment, la pandémie Covid-19 est venue accentuée une situation déjà compliquée. Les fonds du Z Event ont permis de renforcer la qualité des services de santé et l’accès à ces derniers, en favorisant la participation active des communautés, et plus particulièrement des femmes et des jeunes, aux questions de santé nationale.
Total fonds alloués à la Sierra Leone : 520 500,19€
Renforcer la production de volailles et diversifier les moyens de subsistance des familles agricoles au Zimbabwe
Depuis 20 ans, le Zimbabwe fait face à des problématiques économiques, sociales combinées aux aléas climatiques et à la pandémie Covid-19, qui contribuent à une crise prolongée de la sécurité alimentaire dans le pays où près de 8 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté.
A cause de la pandémie Covid-19, à Mwenezi, dans la province de Masvingo, plus de 80 % des familles ont subi une forte baisse de leurs revenus et de sources de nourriture, et plus de 50 % des familles à Chiredzi. Deux districts particulièrement touchés par la sécheresse et le passage de cyclones.
Grâce aux fonds du Z Event nous avons pu travailler avec les communautés des districts de Mwenezi et de Chiredzi au renforcement de l’élevage de volailles indigènes, une production non saisonnière permettant d’avoir accès toute l’année à des aliments riches en protéines et à une source de revenus.
L’objectif était de diversifier les moyens de subsistance des familles agricoles et de minimiser leur dépendance à l’égard de l’agriculture pluviale, en mettant l’accent sur l’autonomisation des femmes qui n’ont pas un accès équitable aux moyens de production et aux moyens économiques.
Total fonds alloués au Zimbabwe : 189 840,69€
Au Cameroun
Appui aux cliniques mobiles
A l’Extrême-Nord du Cameroun, les populations déplacées à cause des violences intercommunautaires n’ont plus accès aux soins de santé primaire car les centres de santé sont trop éloignés de leurs lieux de déplacements ou qu’il est trop dangereux de s’y rendre.
Les fonds du Z Event ont permis le déploiement en urgence d’une clinique mobile auprès de ces personnes dans le département du Logone et Chari. La clinique mobile permet de prendre en charge gratuitement les enfants de moins de cinq ans atteints de malnutrition aiguë sévère.
Grace aux fonds Z Event, 5 892 personnes ont bénéficié d’activités de Santé et Nutrition dont 2 599 enfants bénéficiaires de la clinique mobile.
En parallèle, parce que les déplacements et les violences entraînent souvent un mal être psychologique, nos équipes ont mis en place des activités de prise en charge du trauma adaptées aux adultes et aux enfants qui ont permis d’atteindre 880 bénéficiaires comprenant des enfants, des femmes enceintes et femmes allaitantes ainsi que des adultes. Une cinquantaine de personnels de santé ont également été formés à la détection des signes de détresse psychologique, les premiers secours psychologiques et le référencement des bénéficiaires.
Renforcement de la sécurité alimentaire
Au Cameroun, les fonds du Z Event ont participé au renforcement des acteurs locaux de l’Extrême Nord, telles que les communes et les associations nationales, afin de contribuer à la résilience des populations face aux crises nutritionnelles et alimentaires. Les activités financées ont consisté à renforcer la capacité de gestion des crises alimentaires et nutritionnelles et la résilience des populations (réfugiées, déplacées/retournées, populations hôtes) à faire face à ces crises et ce, par un double objectif : le renforcement de la gestion opérationnelle et institutionnelle des crises alimentaires et nutritionnelles par les acteurs locaux et nationaux et l’amélioration durable des conditions de vie des ménages vulnérables à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle
Au niveau national, les acteurs de la sécurité alimentaire dans le pays ont appuyé – dans ce cadre, le Plan National de Réponse pour la sécurité alimentaire a été validé en janvier 2022 grâce à la coordination apportée par Action contre la Faim.
Au niveau local, le programme renforce la capacité des communes à faire face aux crises alimentaires et nutritionnelles, en leur permettant de mieux connaître et évaluer les besoins, et de planifier les réponses via des organes de gouvernance renforcés.
Rapid Response Mechanism (RRM)
Le mode de réponse sous la forme de mécanisme de réponse permet d’apporter des réponses rapides en assistance alimentaire, EAH, AME et abris et de faire également veille, évaluations, coordination humanitaire et assistance en besoins essentiels aux personnes affectées par les crises liées aux conflits armés, aux aléas climatiques ou à une épidémie. Dans l’Extrême Nord du Cameroun touchées par des conflits, ce mécanisme de réponse financés par les dons Z Event a permis la formation du personnel des structures de santé et des séances de sensibilisation des communautés sur l’identification des cas de protection ainsi que sur le référencement, activités grâce auxquelles 3183 cas de protection ont été identifiés et référés pour prise en charge. De même, 10 809 personnes en situation de vulnérabilité matérielle aigüe ont bénéficié de 1762 kits AME leur garantissant ainsi des solutions d’abris de base, sûres et dignes. La distribution de 1 762 kits EHA a été faite au même moment que les kits AME et Abri. De même, 2719 jeunes filles/femmes en âge de procréer ayant été assistées en TM hygiène intime. Aussi, grâce à la réparation/réhabilitation de plusieurs points d’eau, 47566 personnes ont eu accès à l’eau potable en quantité suffisante pour un usage domestique.13205 personnes ont eu accès à des installations d’évacuation des excrétas fonctionnelles, dignes, sûres et propres, 16310 personnes capables de répondre à leurs besoins alimentaires de base dont 96% ont amélioré le niveau de diversification de l’alimentation.
Total fonds alloués au Cameroun : 296 783 EUR €
Améliorer la sécurité nutritionnelle dans la région du Kanem au Tchad
Au Tchad, les activités financées par le Z Event se sont inscrites dans le cadre du projet régional Confluences financé par l’Agence Française de Développement dans 6 pays d’Afrique sub-saharienne (Burkina Faso, Cameroun, Côte d’Ivoire, Madagascar, Mauritanie, Tchad).
Ce projet vise à améliorer la sécurité nutritionnelle dans la région du Kanem au Tchad pour les enfants de moins de 5 ans, les femmes enceintes et allaitantes, ainsi que les comités de santé ou comités de gestion des structures de santé, à travers un plaidoyer auprès des collectivités locales des districts sanitaires et des institutions nationales.
Au Tchad, ces activités ont permis de renforcer les services de santé et l’application de politiques adaptées pour améliorer l’accès aux soins médicaux-nutritionnels. Les bénéficiaires des activités menées par ACF et ses partenaires sont les ménages vulnérables structurés en groupements mixtes ou groupements de femmes, soit près 8 591 personnes bénéficiaires atteints par la CPP et 43 665 personnes par les projets socles.
Réponse d’urgence aux populations de la province de N’Djamena affectées par les inondations
Les inondations causées par le débordement des fleuves Chari et Logone avaient engendré des dégâts importants dans la capitale N’Djamena occasionnant la destruction des habitations et affectant un grand nombre de personnes qui vivent dans des zones exposées aux inondations. Environ 88 590 personnes ont été affectées et se trouvaient dans le besoin. Grâce aux activités financées par les dons Z Event, toutes les personnes ciblées ont eu un accès sécurisé et équitable aux infrastructures en eau et d’assainissement. 7380 personnes ont eu un accès sécurisé et équitable à au moins 15 l/j/p d’eau conformément aux normes de qualité standards SPHERE. 2230 ménages sinistrés ont reçu un kit minimal d’hygiène. Lors du ciblage des bénéficiaires pour la distribution des kits d’hygiène, 30 379 personnes sur les 3 sites ont été sensibilisées sur les bonnes pratiques d’hygiène et assainissement via la sensibilisation porte à porte, sensibilisation de masse, causeries éducative avec boites à images, et la visite à domicile. Les thèmes abordés au cours de ces séances de sensibilisation étaient: la promotion à l’hygiène et à l’assainissement (lavage des mains avec du savon, la gestion et la maintenance des points d’eau, hygiène alimentaire, le cycle de l’eau, la défécation à l’air libre etc.) et l’engagement communautaire. Enfin, 40 latrines sont d’urgences ont été construites et sur les 5 points d’eau identifiés, 3 ont été réparés et les 5 parfaitement désinfectés.
Total des fonds alloués au Tchad : 140 835,19€
Libéria : améliorer la santé des populations vulnérables du Liberia
Depuis les années 1980, le Liberia a été touché par de violents conflits, des catastrophes naturelles et des épidémies de grande ampleur (choléra, Ebola, COVID-19). Si le pays a connu une certaine stabilité, les nombreuses crises et chocs ont fragilisé les services publics qui peinent aujourd’hui à répondre aux besoins de la population.
Les femmes libériennes sont particulièrement vulnérables pendant la grossesse et l’accouchement. Le Liberia fait partie des douze pays sur 183 ayant les taux de mortalité maternelle les plus élevés au monde. Les taux élevés de grossesse chez les adolescentes au Libéria (30%) posent les plus grands défis à la santé et à la nutrition des filles ainsi qu’à la croissance saine de leurs enfants.
Grâce aux fonds du Z Event nous avons pu améliorer la santé des populations vulnérables du Liberia, à savoir les femmes, les enfants de moins de cinq ans et les jeunes, grâce à des soins de qualité adaptés aux besoins spécifiques des populations ciblées.
Total des fonds alloués au Libéria : 72 030,46€
Maintenir les financements au Moyen Orient
Des besoins croissants confrontés à une baisse de financements
Les conséquences du COVID-19 au Moyen-Orient ont exacerbé des fractures préexistantes, plongeant la région dans une fragilité extrême. Alors que les tentatives embryonnaires de démocratie risquent de s’effondrer en Libye et en Irak, même les pays habituellement plus stables comme la Jordanie sont affectés. Pendant ce temps-là, la guerre au Yémen s’éternise. Alors même que les besoins humanitaires dans la région augmentent, l’attention des pays occidentaux se détourne vers d’autres crises émergentes, comme en Afghanistan, en Ethiopie ou en Ukraine. Les fonds disponibles pour alléger les souffrances des populations au Moyen Orient s’amenuisent et sont de plus en plus difficiles à accéder pour les ONG humanitaires. L’enveloppe de la Commission Européenne pour le financement de la réponse humanitaire en Irak a diminué de 20% par an au cours des cinq dernières années, tandis qu’en Libye, cette enveloppe ne dépasse pas plus de 3 millions d’euros pour couvrir les besoins en 2022.
Ces évolutions sont révélatrices d’une crise des financements humanitaires au Moyen-Orient, qui entrave et met en péril la capacité des acteurs humanitaires à répondre aux besoins vitaux des populations. Cette baisse de financement est d’autant plus préoccupante que les contextes d’intervention au Moyen-Orient sont extrêmement complexes, tant au niveau administratif qu’au niveau de la sécurité. L’ouverture de notre base à Hodeidah a pris près de deux ans, tandis que notre enregistrement dans l’Irak fédéral s’est finalisé au bout de trois ans. En l’absence de soutien financier, Action contre la Faim pourrait être contraint d’interrompre ses programmes et de fermer certains bureaux d’intervention dans la région, notamment dans le nord du Yémen (Sanaa), au sud de l’Irak (Bassora) et dans l’est de la Libye (Benghazi).
La réponse aux défis croissants du Moyen-Orient
Face aux conséquences de la guerre en Ukraine ; de la pandémie de Covid-19 et du changement climatique, l’insécurité alimentaire, la malnutrition et la pauvreté au Moyen-Orient risquent d’augmenter fortement dans un futur proche. C’est pourquoi, malgré la baisse des financements disponibles, Action contre la Faim s’engage à maintenir sa présence et à poursuivre ses actions dans la région. Grâce aux fonds du Z Event, nous avons garanti la continuité de nos programmes en Irak, en Jordanie, au Yémen et en Libye, au moins jusqu’en 2024. Ce soutien a permis notamment à nos équipes sur le terrain de d’apporter une aide cruciale et de mettre en œuvre des projets innovants avec les acteurs locaux pour soutenir les populations face aux nombreux défis de la région, tels que l’insécurité alimentaire, les risques accrus de sécheresse et de stress hydrique et la fragilité des systèmes de santé nationaux.
Total des fonds alloués à la région : 800 392€
Fourniture de produits nutritionnels essentiels (ATPE-RUTF) pour renforcer la prise en charge des enfants de 6 à 59 mois souffrant de malnutrition aiguë sévère dans l’État de Sokoto au Nord ouest du Nigéria
Les ruptures de stock souvent répétitives dans le nord-ouest enregistrées chez l’UNICEF, responsable national de la chaîne d’approvisionnement en aliments thérapeutiques prêts à l’emploi (ATPE) dans le pays, et l’incapacité d’aucun autre acteur à fournir ces ATPE à ACF a parfois entrainé une pénurie dans la chaîne d’approvisionnement en ATPE a un impact négatif sur la réponse d’urgence aux besoins croissants au niveau des établissements de santé.
Grace aux dons Z event, ACF a pu garantir l’approvisionnement en produits nutritionnels essentiels (aliments thérapeutiques prêts à l’emploi ATPE– RUTF) afin de pérenniser la prise en charge de 1 185 enfants de moins de 5 ans bénéficiant de l’intervention nutritionnelle d’urgence menée par ACF dans l’État de Sokoto, au nord-ouest du Nigeria, et à faire en sorte que les autres enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère (MAS) identifiés dans les zones ciblées par ACF aient accès à une intervention nutritionnelle de qualité. Ainsi 1 187 cartons d’ATPE ont achetés et fournis à trois établissements de santé afin d’assurer le traitement continu des enfants de moins de 5 ans souffrant de malnutrition aiguë sévère sans complications médicales.
Grace a ce traitement rendu possible par les dons Z event, au total, 1 018 enfants (509 garçons, 509 filles) étaient inscrits au programme de prise en charge nutritionnelle pour prise en charge dont 945 enfants guéris (462 garçons, 483 filles) ; 29 enfants transférés vers des centres de soins (SC) pour y recevoir des soins hospitaliers 40 (19 garçons, 21 filles) ont abandonné le traitement. Aucun cas de non-guérison ou de décès n’a été enregistré au cours de notre intervention.