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IN_NUT_2019_LysArango_Govandi-26 © Lys Arango pour Action contre la Faim

À la Une

Hygiène et santé menstruelle

Quand les règles accentuent les inégalités

La menstruation est un phénomène physiologique au cours duquel l’utérus évacue du sang et des tissus par le vagin. C’est un processus mensuel, naturel et sain chez les personnes qui ont un utérus, non enceintes en âge de procréer (femmes, filles, hommes transgenres ou personnes non-binaires). Au cours de sa vie, une personne menstruée passe en moyenne trois à huit ans à avoir ses règles. Pour certain·e·s, elles représentent un désagrément plus ou moins fort. Pour des millions d’autres personnes, les a priori, le manque d’infrastructures et de protections hygiéniques provoquent des atteintes à la dignité, des pertes de leurs droits (notamment à l’éducation), des dangers pour leur santé et des risques pour leur sécurité alimentaire.

Aujourd’hui dans le monde, on estime à 500 millions le nombre de femmes et de filles qui n’auraient pas les moyens de se procurer régulièrement des protections hygiéniques. En France, elles sont près de deux millions.¹ C’est ce qu’on appelle la précarité menstruelle. 

L’accès à une hygiène menstruelle appropriée est au cœur de la lutte contre les inégalités de genre et de justice sociale et donc un moyen efficace pour favoriser l’émancipation des femmes et des filles. Pour lutter contre les discriminations liées au genre, il est nécessaire de faire évoluer les pratiques, de développer des infrastructures adaptées et d’en finir avec les stéréotypes qui empêchent les personnes, pendant leurs menstruations, de prendre part aux activités culturelles, éducatives, sociales et génératrices de revenus.

 

Qu’est-ce que l’hygiène menstruelle ? définition 

 

Pour une hygiène menstruelle appropriée, on considère² qu’il est nécessaire d’avoir accès à : 

  1. Des protections menstruelles pour recueillir le sang menstruel, autant que nécessaire
  2. Un lieu sécurisé pour se changer en toute intimité, aussi souvent que nécessaire
  3. De l’eau et du savon pour se laver, aussi souvent que nécessaire
  4. Des installations fonctionnelles pour utiliser, jeter ou nettoyer les protections menstruelles
  5. Un accès aux services de santé et à une éducation complète à la sexualité et à l’hygiène menstruelle 

 

L’hygiène menstruelle, une question de droit humain fondamental

 

Les normes sociales et la stigmatisation engendrées par les stéréotypes liés à la menstruation peuvent engendrer des discriminations et avoir de graves répercussions sur la dignité des personnes menstruées et sur leurs droits à l’égalité, à la santé, à l’éducation, à la sécurité, à l’accès au travail et à participer à la vie culturelle, religieuse et publique sans discrimination. (UN)

 

Droit à l’égalité et à la dignité

 

Le manque ou l’absence d’accès physique ou financier à des protections hygiéniques oblige les personnes menstruées à imaginer des solutions alternatives, souvent moins efficaces et discrètes que celles que nous connaissons. L’utilisation de chiffons, de feuilles de papier journal ou autre cause de l’inconfort et des fuites de sang, ce qui provoque honte et gêne dans nos sociétés ou les menstruations sont tabous.

Des experts des Nations Unies ont également témoigné que dans certains pays, les femmes et les filles qui ont leurs règles sont considérées comme contaminées et impures. Des restrictions leur sont imposées, telles que l’interdiction de toucher de l’eau ou de cuisiner, d’assister à des cérémonies religieuses et culturelles, de participer à des activités communautaires et de travailler. Elles peuvent également être bannies dans des espaces extérieurs. 

Rosi_Khatun_India_Covid_6 © Rosi Khatun pour Action contre la Faim
ACF-trauma-3023 © Adrienne Surprenant pour Action contre la Faim
Anjum_Nisar_Khan_India_Covid_15 © Anjum Nisar pour Action contre la Faim
IN_NUT_2019_LysArango_Govandi-26 © Lys Arango pour Action contre la Faim
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Droit à l’éducation  

 

La gestion de l’hygiène menstruelle a un impact direct sur la scolarisation des personnes menstruées.

Dans le monde, 19 % des écoles ne disposent d’aucun service d’assainissement: près de 700 millions d’enfants sont concernés (UNICEF/WHO). Près de 100 000 000 jeunes filles ratent donc jusqu’à une semaine d’école par mois à cause du manque d’infrastructures d’eau et d’assainissement adaptées et sécurisées et du manque d’accès à des produits d’hygiène intime adaptés. Cette déscolarisation forcée a évidemment un impact sur leur formation et donc sur leur progrès économique, compromettant ainsi l’égalité entre les sexes. (UN)

 

Quelques chiffres

Un tier
des filles manquent l’école entre un à trois jours
par mois pendant leurs règles en Asie du Sud
1 fille sur 10
manque l’école pendant son cycle menstruel
en Afrique Subsaharienne
71 %
des adolescentes ne savent pas ce que sont les menstruations
avant d’avoir leurs premières règles en Inde

À Basrah dans le sud de l’Irak, l’amélioration de l’accès à l’eau et à l’assainissement dans une école secondaire pour filles par Action contre la Faim a significativement diminué l’absentéisme des filles qui ont pu continuer à assister aux classes pendant leurs menstruations. 

 

Droit à la santé

 

L’utilisation de protections menstruelles non adaptées cause également des risques pour la santé. Les chiffons ou papiers utilisés sèchent lentement et sans possibilité de se laver correctement et régulièrement, ils provoquent des infections. 

L’accès à des toilettes sûres et fonctionnelles n’est pas garantie non plus pour près de la moitié de la population mondiale (OMS/UNICEF), et un tiers de celle-ci n’a pas d’installation de base pour se laver les mains à la maison (OMS/UNICEF). 

Les menstruations sont aussi responsables de douleurs qui peuvent parfois être handicapantes sans médicaments ou traitement adaptés. L’endométriose par exemple (maladie qui se caractérise par la présence de tissu semblable à la muqueuse utérine en dehors de l’utérus), touche près de 10 % des femmes et des filles en âge de procréer à l’échelle mondiale (WHO) et cause des douleurs aigües aux moment des règles.

À Madagascar, Action contre la Faim soutient la coopérative des femmes Vehivavy Mihary. La coopérative dispose désormais d’un atelier équipé et a livré sa première commande de 3 600 serviettes hygiéniques lavables destinées aux populations victimes de la crise nutritionnelle. De nouvelles gammes de produits sont en cours de développement incluant des kits d’hygiène menstruelle, des serviettes hygiéniques à prix très abordable pour les populations des quartiers. La coopérative bénéficie de l’appui direct des équipes d’Action contre la Faim qui assistent avec l’approvisionnement en matières premières, le développement de nouveaux produits et la gestion administrative.

 

Sécurité alimentaire 

 

La gestion de l’hygiène menstruelle ayant un impact sur la scolarisation et l’assiduité au travail des personnes menstruées, elle menace par conséquence la sécurité alimentaire de celles-ci. Dans certaines régions du monde, les femmes sont même obligées de s’isoler et donc de s’absenter de leur lieu d’activité entraînant ainsi une perte de revenus (PSEAU).

Le coût des protections menstruelles peut être également très élevé par rapport à la capacité financière des femmes. En Afrique du Sud par exemple, « jusqu’à 7 millions de filles n’ont pas accès ou ne peuvent pas se permettre d’acheter des protections hygiéniques ». Elles doivent donc faire un choix inhumain entre acheter de la nourriture ou acheter des protections hygiéniques (Humanium). Au Niger, les femmes sont souvent dépendantes des hommes économiquement et par extension, pour les achats liés aux menstruations. Or, ils sont parfois « réticents » à ces achats, notamment à cause des normes sociales qui défavorisent les femmes. (PSEAU)

 

 

L’hygiène menstruelle en contexte de crise

 

La gestion de la menstruation est d’autant plus difficile dans un contexte d’urgence où les privations sont exacerbées, les accès aux infrastructures plus compliqués et les espaces privés limités.

Dans ces situations d’urgence, les personnes menstruées ont toujours besoin d’un accès à des produits d’hygiène de base (dont le savon et les protections hygiéniques), d’un lieu sûr et privé pour se changer, se laver et disposer les protections usagées. Les infrastructures d’assainissement doivent donc répondre à ces besoins.

En Jordanie, Action contre la Faim mène par exemple des activités pour l’amélioration de l’accès à l’eau et à l’assainissement dans le camp accueillant des réfugié.e.s Syrien.e.s d’Azraq. Nos équipes travaillent, avec la communauté, pour informer sur les bonnes pratiques menstruelles, réduire la stigmatisation et favoriser l’accès aux protections menstruelles. 

Pour en savoir plus, venez rencontrer nos équipes au Festival Sang Gêne organisé par notre partenaire Règles Elémentaires les 28 et 29 mai au Pavillon des Canaux à Paris. Action contre la Faim participe à une table-ronde avec la réalisatrice Evelina LLewellyn samedi 28 mai à 16h.

 


Sources

¹ Le Monde
²  « WASH in Schools – Empowers Girls’ Education – Resources • SuSanA » sur www.susana.org)

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