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© Guillaume Binet pour Action contre la Faim

Famine dans le monde : comprendre les causes et les conséquences

La faim dans le monde concerne près de 645 millions de personnes¹. Encore aujourd’hui, 1 personne sur 11 n’a pas accès à la nourriture en quantité et qualité suffisante alors que nous avons les moyens et les ressources pour alimenter chaque femme, homme et enfant.

Lorsque cette situation persiste et affecte la population de tout un pays, nous faisons alors face à une famine, une situation critique qui entraîne la mort de plusieurs milliers de personnes.

Même si elles sont rares, dans certains pays les populations sont actuellement au bord de la famine.

La faim dans le monde, comme la famine, apparaît à cause d’une multitude de facteurs étroitement liés qui s’alimentent entre eux. Conflits, crises alimentaires, inégalités, catastrophes climatiques à répétition ne font qu’augmenter les risques de famine.

Définition de la famine

Qu’est ce que la famine ? Quelle est la différence entre la famine et la faim ?

La famine est un état de pénurie alimentaire grave, dans lequel toute, ou une grande partie de la population d’un pays donné n’a plus accès à la nourriture sur une période longue et qui conduit à la mort des populations concernées. (définition de la famine par la FAO)

La famine est donc une réalité urgente et correspond à un état de crise humanitaire aigüe dès lors qu’elle met immédiatement des vies en danger. La faim se présente plutôt comme une situation chronique touchant une plus grande partie de la population ne pouvant pas couvrir ses besoins nutritionnels.

Comment peut-on quantifier la famine ? 

Les instances internationales ont établi des niveaux d’alerte sur l’insécurité alimentaire – appelé IPC (Integrated Food Security Phase Classification) – des populations allant de 1 à 5. Cette classification se base sur des critères définis qui permettent de définir l’état de la sécurité alimentaire dans une région du monde dans le but de d’attirer l’attention internationale sur certaines situations critiques et engager des actions.

Quels sont les niveaux les plus graves d’insécurité alimentaire ?

Un niveau d’alerte 4 correspond à une urgence. Des actions doivent être rapidement mises en place pour sauver des vies et réduire l’insécurité alimentaire dans la région concernée. Dans ce cas là, les familles ont de grandes difficultés à se nourrir pendant une période (en général la période entre la fin des réserves de la précédente récolte et les premières récoltes de la nouvelle saison). Ces gaps alimentaires sont souvent comblés par des solutions de survie pour se nourrir. Les familles changent leurs habitudes alimentaires, mangent ce qu’elles trouvent ou se rationnent. Les taux de malnutrition et de mortalité augmentent par rapport à la situation habituelle.

Le niveau 5 correspond lui à un niveau de quasi-famine où des actions urgentes doivent être mises en place pour réduire la mortalité et éviter l’effondrement total des moyens de subsistance. A ce niveau d’urgence, les familles ont d’énormes difficultés à accéder à de la nourriture mais aussi à d’autres services de base. Les taux de malnutrition et de mortalité explosent et sont extrêmement élevés.

Pour qu’une déclaration de famine dans un pays ou une région soit faite, ces trois conditions doivent être remplies selon l’IPC : 

  1. Au moins 20% de la population concernée doit être classée en niveau 5
  2. Au moins 30% des enfants souffrent de malnutrition aiguë
  3. 2 personnes sur 10 000 ou 4 enfants sur 10 000 qui meurent de faim. 

La famine reste politiquement connotée. Une fois que le groupe de travail technique national de l’IPC a classé une famine, ce sont aux autorités gouvernementales et à l’Organisation des Nations unies de déclarer une famine.

Certains États refusent de déclarer une famine sur leur territoire pour ne pas attirer l’attention sur ce qu’il se passe dans le pays et sur les problèmes de gouvernance. 

Inversement le mot famine est parfois utilisé de manière excessive par certains acteurs pour attirer l’attention médiatique et du financement sur une crise même si celle-ci ne remplit pas toutes les conditions pour être qualifiée de famine. 

Qu’est-ce qui peut causer la famine ?

Les conflits restent la principale cause de l’insécurité alimentaire mondiale, suivi des chocs économiques et les dérèglements climatiques.

La famine dans le monde : des cas historiques

Au cours de l’histoire de nombreuses famines ont frappé les populations du monde entier, souvent liées à des conflits, à des épidémies, à des politiques économiques ou agricoles non adaptées ou tout simplement à de mauvaises récoltes.

L’Europe et la grande famine irlandaise

C’est l’histoire de la pire catastrophe humanitaire des années 1800. Elle est d’autant plus stupéfiante qu’elle est survenue au Royaume-Uni, alors pays le plus riche et le plus puissant du monde. Un micro-organisme phytophthora infestans est alors importé d’Amérique du sud dans les soutes des navires de commerce, et sera responsable de la propagation du Mildiou, une maladie cryptogamique s’attaquant à la pomme de terre. Le Mildiou est le déclencheur de la grande famine en Irlande, entre 1845 et 1851 ; toutefois il n’explique pas l’ampleur de la catastrophe. En Irlande, un tiers de la population rurale vit dans une pauvreté extrême et subsiste presque exclusivement à partir de la pomme de terre, à la fois tubercule très nourrissant et aliment le moins couteux. Le régime foncier britannique encourage les transformations de l’utilisation des terres, repoussant les classes laborieuses vers une agriculture de subsistance extrêmement fragile.

Par ailleurs, les politiques publiques libérales, caractérisées par du « laissez-faire économique », ont entravé l’efficacité de la réponse. Bien qu’ayant importé du maïs, crée des travaux publics, financé des soupes populaires et modifié la législation sur les pauvres, plusieurs choix politiques ont rendu l’assistance insuffisante, surtout après le changement de gouvernement de 1846. Pendant que des populations mouraient de faim en Irlande, des quantités importantes de nourriture continuaient à être exportées, principalement vers la Grande-Bretagne.  L’estimation de l’excès de mortalité serait proche d’un demi-million de victimes. Elle provoqua aussi un exode massif ; au moins 1,25 million d’irlandais aurait quitté le pays, principalement vers l’Amérique du Nord et la Grande-Bretagne.

Et c’est ce qui explique aussi la phrase célèbre du nationaliste irlandais John Mitchel :« God sent the blight, but the English created the Famine » (C’est Dieu qui a envoyé le mildiou, mais ce sont les Anglais qui ont provoqué la famine). Elle exprime une interprétation politique de la catastrophe plutôt qu’un consensus historiographique simple. Les travaux historiques contemporains montrent une réalité plus complexe, tout en considérant largement la réponse britannique comme profondément insuffisante.

La famine en Ethiopie en 1984

L’histoire de l’Éthiopie a été marquée par une multitude de famines remontant jusqu’au IXe siècle. Ce pays fonde son économie sur l’agriculture, aujourd’hui plus de 70% de la population travaille dans ce secteur. Mais avec le changement climatique, l’Ethiopie et ses habitants sont de plus en plus menacés et vulnérables aux événements climatiques extrêmes comme les sécheresses. Lorsque le secteur principal flanche, c’est tout un pays qui bascule.

En Ethiopie la pire famine du XXIe siècle va frapper le pays et le monde entier en 1984, les images de la catastrophe feront le tour de la planète. Le bilan est tout aussi lourd que la famine irlandaise sinon plus. 1 million de morts et plus de 2,5 millions de personnes sont forcées de se déplacer à l’intérieur du pays et même dans les pays voisins.

La famine en Corée du Nord en 1995

Le bilan de la famine qui sévit en Corée du Nord à partir de 1995 est sujet à controverse. En l’absence de données solides, les chiffres de la mortalité peuvent varier dans une grande mesure. La presse étrangère avança régulièrement le bilan effroyable de 3 millions de morts, soit 10% of la population nationale. Ce bilan ferait de la famine en Corée du Nord la plus dévastatrice en terme relatif. Des études récentes indiqueraient un bilan démographique plutôt situé entre 0.6 et 1 million de victimes, combinant les décès excédentaires et les naissances « perdues ». Les livraisons massives d’aide alimentaire internationale ont permis au régime de limiter l’ampleur de la famine.

Cette crise trouve son origine dans des précipitations exceptionnelles qui se sont abattues le 26 juin 1995, avec près de 600mm de pluie en dix jours. Les deux cinquièmes des rizières furent endommagées et la région la plus touchée, à l’ouest du pays, perdit plus de la moitié de la récolte. Ces fortes pluies eurent des conséquences d’autant plus catastrophiques que les déforestations massives à partir des années 1960 ont accru la vulnérabilité aux évènements climatiques.  S’en suivit l’exode des régions les plus touchées d’un demi-million de personnes. Les mauvaises récoltes successives et gestion économique de la crise, la corruption, la fin de l’Union Soviétique à laquelle l’économie de la Corée du Nord dépendait fortement, permettent de mieux comprendre les conséquences dévastatrices de pluies diluviennes.

La famine en Somalie en 2011

En 2011, la Somalie a été frappée par une famine dévastatrice causée par une combinaison de facteurs. La sécheresse, considérée comme la plus sévère en 60 ans, a anéanti les récoltes et décimé le bétail, laissant les populations sans ressources alimentaires. Les conflits armés ont aggravé la situation, rendant l’acheminement de l’aide humanitaire extrêmement difficile.

Les conséquences ont été dramatiques : environ 490 000 personnes ont été en situation de famine. 

La famine au Soudan du Sud en 2017

La famine au Soudan du Sud en 2017 a été déclenchée par une série de facteurs complexes. L’instabilité politique et la guerre civile qui ravagent le pays depuis 2013 ont considérablement aggravé la situation. Les conflits ont non seulement déplacé des millions de personnes, mais ont également détruit les infrastructures agricoles, rendant difficile toute production alimentaire.

Les conditions climatiques difficiles, notamment les sécheresses, ont aussi joué un rôle crucial. Ces éléments ont entraîné une pénurie alimentaire grave. Au total près de 100 000 personnes ont été confrontées à la famine. 

Quels sont les pays les plus touchés par la famine aujourd’hui ?

Tout au long de nos plus de 40 ans d’actions et de lutte contre la faim nous avons été et sommes présents pour répondre à de nombreuses crises parfois oubliées des médias.

La guerre au Yémen depuis 2014

Dans les pays comme le Yémen, secoués par des conflits interminables notre action est d’autant plus vitale. A cause des guerres les populations civiles sont privées d’accès à la nourriture, à l’eau potable et aux soins de santé. Ajoutez à cela, les déplacements de populations à cause du conflit, les effets du dérèglement climatique mais aussi l’effondrement économique du pays : le Yémen est au bord de la famine. Si aucune action internationale commune n’est prise un grand nombre de femmes, d’hommes mais surtout d’enfants risquent de mourir de faim.

Aujourd’hui, quatre districts des gouvernorats d’Amran, d’Al Hodeidah et de Hajjah sont considérés en phase 5 de l’IPC (Classification intégrée de la sécurité alimentaire).

Nous menons sans relâche des actions de plaidoyer et nous continuons nos actions sur le terrain notamment en matière d’accès à l’eau encore trop limité pour l’ensemble de la population. L’ONU ne cesse d’avertir sur l’urgence de la situation la qualifiant comme la pire crise humanitaire actuelle.

Des crises à répétition en République Démocratique du Congo

La République démocratique du Congo est elle aussi concernée, des crises à répétition engendrant des mouvements de populations et des violences ont poussé les habitants de la région du Kasaï et plus récemment de l’Ituri dans une situation sanitaire et nutritionnelle dramatique. Nous avons déployé une intervention d’urgence en 2018 au Kasaï pour venir en aide à la population au bord de la famine qui n’avait plus accès aux moyens de production ni à la nourriture. La plupart étaient des enfants de moins de 5 ans, 400 000 étaient en insécurité alimentaire grave et nécessitaient une aide humanitaire pour survivre.

En RDC, la situation alimentaire se situe majoritairement entre les phases IPC 3 (crise) et IPC 4 (urgence), avec près de 28 millions de personnes confrontées à une insécurité alimentaire aiguë. Les niveaux les plus critiques se concentrent dans l’est du pays, où les conflits et les déplacements aggravent fortement la situation, tandis que d’autres zones restent durablement en phase de crise. La situation est particulièrement préoccupante à l’est, dans les provinces du Nord-Kivu, du Sud-Kivu, de l’Ituri et de Tanganyika, où 10,2 millions de personnes se trouvent en phase 3 de l’IPC ou plus.

Les conflits et les mouvements de populations qui s’en suivent maintiennent les populations dans une grande précarité et une grande insécurité alimentaire.

La famine dans le Nord du Darfour au Soudan depuis 2024

Le Soudan est confronté à une crise alimentaire sans précédent, exacerbée par la guerre qui sévit depuis avril 2023. L’escalade du conflit et la crise humanitaire ont entraîné une détérioration sans précédent de la sécurité alimentaire. La situation s’est aggravée à cause du conflit qui dure, de l’accès restreint aux marchés et aux services de base, de la destruction des zones agricoles, de l’inflation importante et de la hausse des prix des denrées alimentaires.

Le conflit en cours et l’accès humanitaire limité ont conduit à la famine dans certains camps de personnes déplacées notamment au Nord-Darfour et en particulier dans le camp de Zamzam qui abrite près d’un demi-million de personnes.

Depuis le début du conflit en avril 2023 et jusqu’en juin 2024, Action contre la faim Soudan a pu aider 1 102 790 personnes dans 4 états et 11 localités.

Les données publiées aujourd’hui par l’IPC (Integrated Food Security Phase Classification – Système intégré de classification de la sécurité alimentaire) confirment que deux nouvelles zones dans l’Etat du Darfour du Nord, Um Baru et Kernoi, ont désormais dépassé le seuil de famine (phase 5, la plus grave de l’IPC).

La famine à Gaza

Un risque élevé de famine persiste dans l’ensemble de la bande de Gaza tandis que le conflit se poursuit et que l’accès humanitaire est restreint.  Environ 96 % de la population de la bande de Gaza soit 2,15 millions de personnes est confrontée à des niveaux élevés d’insécurité alimentaire aiguë.  

L’ensemble du territoire est classé en situation d’urgence (phase 4 de l’IPC) et plus de 495 000 personnes sont encore confrontées à des niveaux catastrophiques d’insécurité alimentaire aiguë (phase 5 de l’IPC). Dans cette phase, les ménages sont confrontés à un manque extrême de nourriture, à la famine et à l’épuisement des capacités de survie.  

Action contre la Faim travaille dans des conditions d’insécurité extrêmes pour continuer à assurer une assistance humanitaire, à travers la distribution de nourriture, de repas chauds, de services de nettoyage, de transport d’eau par camion, de gestion des déchets solides et de distribution de kits d’hygiène et d’abris. 

Comment résoudre le problème de la faim dans le monde ?

Malgré l’urgence, malgré le changement climatique, la pauvreté, les guerres et les inégalités, il existe des moyens pour lutter contre la faim. 

Nous développons des programmes intégrés en nutrition, santé mentale et soutien psychosocial, sécurité alimentaire et moyens d’existence, ainsi qu’en accès à l’eau, à l’assainissement et à l’hygiène, afin de répondre aux causes et aux conséquences de la faim. Cette approche globale permet d’agir à la fois sur la prévention des maladies, la sous-nutrition et la résilience des populations.

Les stratégies d’adaptation dans nos pays d’intervention 

Au Liban, l’insécurité alimentaire atteint des niveaux alarmants

Au Liban, l’intensification des violences a entraîné le déplacement de nombreuses familles, contraintes de fuir leur domicile et de vivre dans des conditions précaires. Malgré les cessez-le-feu, la situation humanitaire reste critique, avec des populations ayant un accès limité à la nourriture, à l’eau et aux services essentiels.

Selon les analyses IPC, près de 24 % de la population est en situation d’insécurité alimentaire aiguë, avec un impact particulièrement préoccupant chez les enfants. Privés de conditions de vie stables, ces derniers sont davantage exposés à la malnutrition et à ses conséquences sur leur santé et leur développement.

Face à cette situation, Action contre la Faim adapte ses interventions pour répondre aux besoins des populations déplacées, en combinant assistance alimentaire, soutien nutritionnel et accès aux services essentiels, afin de protéger en priorité les plus vulnérables

En Somalie, un risque de famine alimenté par la sécheresse et les déplacements

En Somalie, l’enchaînement de saisons des pluies insuffisantes a décimé les récoltes et le bétail, privant des millions de personnes de leurs moyens de subsistance. Cette situation, aggravée par les conflits et les déplacements de population, expose les communautés à un risque élevé de famine.

Action contre la Faim intervient en fournissant de l’eau, un soutien alimentaire d’urgence et des programmes nutritionnels, tout en accompagnant les populations déplacées particulièrement vulnérables. L’objectif est de répondre aux besoins immédiats tout en limitant l’effondrement des moyens d’existence.

En Syrie, des agents de santé communautaires au cœur du dépistage de la malnutrition

En Syrie, les difficultés d’accès aux structures de santé rendent indispensable une approche décentralisée. Des agents de santé communautaires, formés et soutenus par Action contre la Faim, interviennent directement dans les communautés pour dépister la malnutrition chez les enfants.

Grâce à leur proximité avec les familles, ils assurent un suivi régulier, sensibilisent aux bonnes pratiques nutritionnelles et orientent rapidement les cas vers les centres de santé. Ce dispositif permet d’intervenir plus tôt, comme dans les cas de Rima et Shaimaa, et d’éviter l’aggravation de la malnutrition.

Au Yémen, des centres de santé en première ligne contre la malnutrition

Au Yémen, la crise nutritionnelle touche particulièrement les enfants, avec des taux élevés de malnutrition aiguë. Dans ce contexte, les centres de santé soutenus par Action contre la Faim jouent un rôle essentiel dans le dépistage et le traitement.

Nous y mettons en place des programmes structurés incluant consultation, distribution d’aliments thérapeutiques prêts à l’emploi et suivi médical. En parallèle, nous renforçons les capacités du personnel de santé afin d’améliorer durablement la prise en charge dans un système de santé fragilisé par des années de conflit.

La lutte contre la faim doit donc se faire à travers une approche qui apporte une réponse dite multisectorielle. C’est ce que nous avons mis en place depuis plus de 45 ans pour tenter de co-construire un monde sans faim en développant des stratégies d’adaptation dans nos pays d’intervention.

En lien avec nos équipes sur le terrain, nous menons des actions de plaidoyer et de mobilisation auprès des gouvernements et des États. Ce sont ces acteurs qui ont le pouvoir de mettre en place des politiques ambitieuses pour lutter durablement contre la faim.

Toutes ces actions ont permis de soutenir plus de 21 millions de personnes dans 52 pays en 2025.

Pour un grand nombre de personnes, la menace de la famine est une réalité.

Nous voulons faire plus, nous pouvons faire plus mais nous n’y arriverons pas sans vous.