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ML_NUT_2018_TobyMadden_169 © Toby Madden
pour Action contre la Faim

Témoignages

Mali

Allaye : « Il faut donner le pouvoir aux femmes »

« Il est inacceptable de voir des enfants mourir de malnutrition encore aujourd’hui » s’indigne Allaye Tembely, chef adjoint de la base Kita d’Action contre la Faim au Mali.

Allaye est aussi sociologue, il a contribué à identifier les causes de la malnutrition au Mali, où nous sommes présents depuis plus de 15 ans. Notre travail a permis de réduire considérablement les taux de malnutrition dans la région de Kita.

Nous avons formé grand nombre de bénévoles communautaires de santé qui vivent dans des villages reculés. Ils aident à dépister et traiter la malnutrition directement chez les habitants du village. Ils travaillent dans des zones isolées et difficile d’accès et que l’on atteint le moins de manière conventionnelle.

« Il y a eu de grands changements. Avant, personne ne savait ce que c’était la malnutrition. Lorsqu’un enfant était malnutris, on pensait que c’était de la sorcellerie. Maintenant, grâce à nos programmes, nous intervenons dans les villages pour informer les habitants. Aujourd’hui la majorité des habitants connait la malnutrition et sait qu’elle est due en partie à l’alimentation lorsqu’elle n’est pas suffisamment varié et à l’accès aux soins. »

 

ML_NUT_2018_TobyMadden_182 © Toby Madden pour Action contre la Faim

Mali

Allaye Tembely est chef adjoint de la base Kita d’Action contre la Faim au Mali. Il est également sociologue,

© Toby Madden pour Action contre la Faim

ML_NUT_2018_TobyMadden_189 © Toby Madden pour Action contre la Faim

Mali

Allaye Tembely est chef adjoint de la base Kita d’Action contre la Faim au Mali. Il est également sociologue,

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L’importance d’un régime alimentaire varié

« La pluie peut elle aussi avoir un impact sur les taux de malnutrition. Cette année il a plu mais en 2017 en 2014 il n’a pas beaucoup plus et ces deux années ont été terribles. Lorsqu’il ne pleut pas ou peu il n’y a pas de nourriture. Les prix augmentent et le pays doit importer des aliments. Le riz, par exemple est importé de pays comme le Vietnam, le Japon et la Thaïlande. D’autres aliments comme les graines, la farine ; et le lait en poudre viennent d’Algérie. Dans le cas d’une saison des pluies pas très pluvieuse l’inflation de certains aliments atteint les 40%. Le prix du millet, (une céréale) peut doubler. En revanche celui d’un kilo d’haricot augmentera en passant de 40 centimes à 1 euro. »

La plupart des Maliens n’a en général pas assez d’argent pour vivre. « Ils n’ont pas les moyens suffisants pour se procurer de la nourriture et c’est à cause des politiques maliennes. » Le revenu minimum est de 60 euros par mois. « Pour acheter un poulet il faut déjà 4 euros » explique Allaye.

Le Mali a l’un des Indices de Développement Humain les plus faibles au monde, sur 189 pays évalués il occupe la 182ème place.

« Aussi, la majeure partie des personnes ne connaissent pas l’importance d’un régime alimentaire varié. En général ils mangent du riz, du millet ; des noix de coco, du couscous et des céréales. Beaucoup de graines en somme. »

Les hôpitaux ne sont pas équipés pour traiter la malnutrition et le personnel n’a pas les connaissances nécessaires pour la traiter.

« Il est nécessaire d’augmenter le niveau de compétences et connaissances technique afin d’avoir un meilleur service de santé de maternité. Il y a aujourd’hui beaucoup plus de patients que de médecins pour les traiter, dans les villages en particulier. Dans les zones rurales la communication et le partage d’information sur la malnutrition ne sont pas les mêmes. »

Emancipation des femmes

Une fille sur dix ne finit pas ses études secondaires au Mali. Le manque de droit des femmes a des conséquences sociales et économiques qui ont un impact sur tout le pays. Ces dernières années les mariages d’enfant ont augmenté dans la région et notamment au Mali ce qui pourrait être expliqué par les conflits. Les filles qui se marient jeunes abandonnent plus facilement l’école et ont des grossesses plus précoces et répétées. Selon un rapport de la banque mondiale, les enfants de mères de moins de 18 ans ont plus de chances de mourir avant l’âge de 5 ans. Le même rapport indique aussi que la réduction des mariages d’enfants pourrait générer près de 1,5 milliard de dollars par an dans le pays. L’un des éléments clés pour lutter contre la malnutrition est donc de donner le pouvoir aux femmes, de leur permettre de s’émanciper et de décider par elles-mêmes.

« Nous devons donner le pouvoir de décider aux femmes pour qu’elles puissent faire les choix alimentaires pour leurs familles et créer des opportunités économiques pour les femmes. Cela leur permettra de varier et diversifier l’alimentation de la famille non seulement pour elles mais surtout pour leurs enfants. Si l’on donne du pouvoir aux femmes elles pourront lutter efficacement contre la malnutrition.

Dans certains foyers même si la femme est informée sur la malnutrition c’est quand même le mari qui va prendre la décision sur les repas. C’est pourquoi cette prise de décision doit changer et être donnée à la femme. » 

"Les mentalités changent. Il y a de plus en plus d’hommes qui montrent l’exemple et qui font des efforts et mènent le changement."
Allaye Tembely
Sociologue, Mali

« Nous encourageons les hommes à prendre leurs enfants dans leurs bras, même les plus réticents ont vu à quel point c’était agréable. »

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