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GB008236xo Guillaume Binet /MYOP

Communiqués de presse

18 organisations humanitaires appellent les gouvernements de la région de permettre le débarquement des réfugiés coincés dans le Golfe du Bengale et sur la mer d’Andaman

Des centaines de réfugiés, des Rohingya pour la plupart, seraient actuellement bloqués en mer. Le Bangladesh a récemment autorisé 400 réfugiés à débarquer sur ses côtes. Cependant, les gouvernements de la région sont de plus en plus réticents à autoriser cela, en raison notamment du COVID-19. Au cours de ces dernières semaines, au moins deux bateaux de réfugiés se sont vu refuser le droit d’accoster et ont été repoussés vers la mer entre la Malaisie et le Bangladesh. La situation actuelle inquiète et fait écho à la crise migratoire asiatique de 2015, appelée « boat crisis » : des milliers de réfugiés étaient restés coincés dans des bateaux sur la mer d’Andaman pendant plusieurs mois, causant des centaines de morts.

Les réfugiés à bord de ces bateaux vivent dans des conditions déplorables : le manque de nourriture, d’eau fraîche et de soins met leurs vies en jeu. Lorsque le 15 avril dernier un bateau a accosté au Bangladesh avec à son bord près de 400 Rohingya, la plupart des survivants étaient sévèrement et visiblement mal nourris et déshydratés. Parmi eux, au moins 150 enfants, dont la plupart étaient des filles et non accompagnés ou séparés de leurs familles. De graves traumatismes mentaux ont été observés.

Le COVID-19 n’est pas une excuse pour empêcher les personnes de débarquer et il n’exempte pas non plus les États de leurs obligations en vertu du droit international des droits de l’homme, du droit international humanitaire, du droit des réfugiés et du droit maritime. Repousser des individus à la mer constitue une violation du principe de non-refoulement qui interdit aux États de renvoyer des personnes vers des territoires où ils risquent des persécutions ou toute autre violation grave des droits humains. Empêcher ces bateaux d’accoster risque fortement d’entraîner de nouvelles morts en mer.

Les gouvernements régionaux doivent adopter une approche coordonnée. La Malaisie, l’Indonésie, le Myanmar, la Thaïlande et le Bangladesh sont tous membres du Processus de Bali sur le Trafic illicite d’êtres humains, la traite des personnes et la criminalité transnationale connexe, qui encourage une approche régionale coordonnée du débarquement. En février 2020, le groupe de travail du Processus de Bali sur la planification et la préparation a réaffirmé son engagement à sauver des vies, en réponse « à la migration maritime illégale », ainsi que son adhérence au principe de non-refoulement.

De toute évidence, il faut s’attaquer à la racine du problème pour le résoudre et voir ce qui pousse des personnes vulnérables à fuir en pleine pandémie mondiale ; nous demandons au gouvernement du Myanmar de répondre immédiatement aux problèmes qui conduisent les Rohingya à risquer leurs vies en mer, et ce, notamment en suivant les recommandations faites par la Commission consultative sur l’État de Rakhine. Ainsi, la citoyenneté doit être octroyée de manière non discriminatoire à tous, y compris à la population rohingya. Les restrictions à l’accès humanitaire et à la liberté de circulation doivent également être levées, ainsi que toute autre barrière à l’accès aux services essentiels.

Nous exhortons tous les gouvernements de la région à sauver des vies et à prioriser les besoins des personnes vulnérables. Les gouvernements ont le devoir d’apporter protection et soins aux réfugiés et

demandeurs d’asile, y compris s’il est nécessaire de les mettre en quarantaine tout en assurant le respect de leurs droits et en répondant à leurs besoins élémentaires. Les agences humanitaires doivent pouvoir accéder à ces sites. Les gouvernements doivent également procéder aux arrangements nécessaires afin que les réfugiés débarqués soient réunis avec leurs familles.

Liste des signataires

  • Action Contre la Faim
  • Asia Pacific Refugee Rights Network
  • Asian Dignity Initiative
  • CARE
  • ChildFund International
  • COAST Trust
  • Danish Refugee Council
  • Humanity and Inclusion
  • ISDE Bangladesh
  • Médecins du Monde France
  • Médecins du Monde Switzerland
  • MUKTI Cox’s Bazar
  • Norwegian Refugee Council
  • Oxfam
  • PHALS
  • Plan International
  • Save the Children
  • Solidarités International

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