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Irak © Sébastien Duijndam
pour Action contre la Faim

En Immersion

Irak

Reconstruire sa vie dans un camp

Sur les bas-côtés, de grands complexes immobiliers inachevés laissent apparaître leurs structures de béton et de métal. Depuis 2014 et le conflit contre Daesh, le pays vit une crise économique et financière. Nul ne sait si les travaux reprendront un jour. Pauvreté, vulnérabilité et chômage, le conflit a impacté les populations qu’elles soient locales, déplacées, ou encore réfugiées de Syrie.

Partis de la ville de Dohuk, nous roulons depuis une quarantaine de minutes quand Alhan, notre collègue kurde qui s’occupe du suivi psychologique, désigne au loin une étendue blanche. Il s’agit de Chamisku, l’un des nombreux camps de déplacés irakiens, qui accueille près de 30 000 personnes qui ont fui le groupe armé.

 

 

Après accord du gestionnaire, nous pénétrons sur le site, délimité par des barbelés. Autour de nous, des tentes rondes bâchées s’alignent dans les innombrables allées qui quadrillent et ordonnent le camp. Il fait presque 40°C, une chaleur sèche difficile à supporter. Les couleurs sont comme écrasées par le soleil, tout n’est que poussière ocre, tentes blanches et ciel délavé.

Alhan nous informe qu’il s’agit d’un des camps où les conditions de vie sont le plus acceptables : les bâtiments sont entretenus, les bâches des tentes renouvelées annuellement et les familles disposent de sanitaires privés.

Dans l’allée, une échoppe de fruits et légumes côtoie une tente sous laquelle trône un billard. A quelques pas de là, un barbier fait face à un salon de beauté. Chamisku a été créé il y a quatre ans ; tout en faisant face aux conditions difficiles, les gens ont recréé des cadres similaires à leurs vies antérieures dans leurs villages afin de vivre le mieux possible. Chaque jour, grâce à leurs étonnantes capacités de résilience, les habitants reconstruisent leur vie malgré la dure réalité d’être loin de chez eux, exilés par le conflit et affectés par le traumatisme.

Irak © Sébastien Duijndam pour Action contre la Faim

Irak

© Sébastien Duijndam pour Action contre la Faim

Irak © Sébastien Duijndam pour Action contre la Faim

Irak

© Sébastien Duijndam pour Action contre la Faim

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© Sébastien Duijndam pour Action contre la Faim

Irak © Sébastien Duijndam pour Action contre la Faim

Irak

© Sébastien Duijndam pour Action contre la Faim

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Fuir ou mourir

Une partie des personnes qui vivent ici vient de la région du Sinjar, à l’ouest de Mossoul. Ils sont majoritairement de religion Yézidie, ce qui leur a valu d’être persécutés par Daesh. En 2014, pour survivre, ces familles ont dû s’enfuir dans la précipitation, laissant tout derrière elles. Beaucoup ont opté pour la route des montagnes, au nord du Sinjar. Derrière ce massif montagneux se trouve la Syrie. Bien qu’il s’agisse d’une destination impossible, car en guerre, elle demeure un passage vers le refuge offert par le Kurdistan. Entre les deux, une semaine de marche sépare les déplacés des horreurs infligées par le groupe armé.

Nous rencontrons de nombreuses personnes qui nous relatent ces souvenirs qui sont autant de blessures à vif. Ameera vit ici depuis 4 ans, elle a une vingtaine d’années et elle se souvient : « J’étais enceinte quand j’ai fui dans la montagne. J’ai vu des enfants mourir de faim et de soif. J’avais perdu le contact avec mon mari durant la fuite, car je n’étais pas avec lui au départ. Heureusement nous nous sommes retrouvés ensuite mais j’ai tout perdu ce jour-là. Nous étions heureux avant, nous avions une ferme et une maison. » Aujourd’hui Ameera a ouvert son propre salon de beauté dans le camp. Son mari, malade, ne peut pas l’aider à subvenir aux besoins de la famille. Ils ne savent pas encore s’ils pourront retourner chez eux un jour, ni dans quelles conditions.

Car si aujourd’hui le conflit est fini, officiellement depuis décembre 2017, il reste encore près de 2 millions de personnes éloignées de leur foyer. 3,9 millions ont déjà pu rentrer chez elles, mais les conditions de retour sont souvent mauvaises : réseaux d’eau détruits, champs dévastés, manque de services de santé que cela soit en ville ou dans les campagnes. D’ici fin 2018, seulement 30% des déplacés songent pouvoir retourner chez eux. Les retournés n’ont souvent plus aucune ressource ou épargne pour redémarrer leurs vies. Ayant tout laissé sur place, ils ne retrouvent que destruction et peu de perspectives d’avenir. 

Penser à l’avenir : se former à un métier et surmonter ses traumatismes

Certains ont fait le choix d’attendre encore un peu, dans ces camps qui ont été créés pour les accueillir, ou dans des logements de fortunes loués bien trop chers aux abords des villes.

Mais dans un contexte de crise, avec un marché de l’emploi périclitant et fortement concurrentiel, trouver un emploi ou une source de revenus relève de l’exploit. Pour répondre à cette situation, Action contre la Faim a développé un programme de création d’emploi doublé de suivi psychologique pour permettre aux plus vulnérables de retrouver des revenus tout en les aidant à surmonter leurs traumas et à avoir de nouveau confiance en eux.

Ameera fait partie des 150 personnes issues des populations déplacées, des communautés locales ou encore des réfugiés syriens qui ont été soutenues pour créer leur propre entreprise ou devenir apprenties dans des commerces locaux. Elle a choisi l’esthétique parce qu’elle travaillait déjà dans ce secteur avant son déplacement. Tout comme Yasir : pâtissier et réfugié syrien qui a quitté son pays avec sa femme, en 2011. Durant six ans, il a travaillé comme travailleur journalier sur des petits chantiers de construction. « Cela faisait 11 ans que j’étais pâtissier en Syrie, pouvoir reprendre mon métier c’est comme un rêve qui devient réalité » explique-t-il.

Irak - Yasir © Sébastien Duijndam pour Action contre la Faim

Irak

Yasir Abdulkarim MahmoodHomme, 34 ans, réfugié syrien, ville de Batifa – pâtisserie Yasir vient d’ouvrir sa pâtisserie dans une petite ville où il a trouvé refuge il y a 6 ans. C’est un pâtissier de métier. Il a exercé durant 11 ans en Syrie, après avoir été formé 5 ans. Durant ses premières années de réfugié, il a travaillé comme journalier sur des postes non qualifiés comme de la construction. Pour lui c’était un rêve inespéré de pouvoir reprendre son ancien métier. Selon ses mots, redevenir pâtissier est un « rêve devenu réalité ». Il a pris un jeune homme déplacé pour l’aider car il trouve normal de se soutenir les uns les autres. Partis de Syrie avec sa femme et sa fille, il a perdu cette dernière dans un accident de voiture. Aujourd’hui il a un petit garçon de 3 ans et une fille d’un an et demi. Chaque soir il leur ramène des gâteaux et il espère pouvoir leur transmettre son métier. Il a peur qu’un jour le gouvernement lui fasse fermer sa pâtisserie car il est réfugié bien qu’il ait le droit de travailler.

© Sébastien Duijndam pour Action contre la Faim

Irak - Yasir © Sébastien Duijndam pour Action contre la Faim

Irak

Yasir Abdulkarim MahmoodHomme, 34 ans, réfugié syrien, ville de Batifa – pâtisserie Yasir vient d’ouvrir sa pâtisserie dans une petite ville où il a trouvé refuge il y a 6 ans. C’est un pâtissier de métier. Il a exercé durant 11 ans en Syrie, après avoir été formé 5 ans. Durant ses premières années de réfugié, il a travaillé comme journalier sur des postes non qualifiés comme de la construction. Pour lui c’était un rêve inespéré de pouvoir reprendre son ancien métier. Selon ses mots, redevenir pâtissier est un « rêve devenu réalité ». Il a pris un jeune homme déplacé pour l’aider car il trouve normal de se soutenir les uns les autres. Partis de Syrie avec sa femme et sa fille, il a perdu cette dernière dans un accident de voiture. Aujourd’hui il a un petit garçon de 3 ans et une fille d’un an et demi. Chaque soir il leur ramène des gâteaux et il espère pouvoir leur transmettre son métier. Il a peur qu’un jour le gouvernement lui fasse fermer sa pâtisserie car il est réfugié bien qu’il ait le droit de travailler.

© Sébastien Duijndam pour Action contre la Faim

Irak - Yasir © Sébastien Duijndam pour Action contre la Faim

Irak

Yasir Abdulkarim MahmoodHomme, 34 ans, réfugié syrien, ville de Batifa – pâtisserie Yasir vient d’ouvrir sa pâtisserie dans une petite ville où il a trouvé refuge il y a 6 ans. C’est un pâtissier de métier. Il a exercé durant 11 ans en Syrie, après avoir été formé 5 ans. Durant ses premières années de réfugié, il a travaillé comme journalier sur des postes non qualifiés comme de la construction. Pour lui c’était un rêve inespéré de pouvoir reprendre son ancien métier. Selon ses mots, redevenir pâtissier est un « rêve devenu réalité ». Il a pris un jeune homme déplacé pour l’aider car il trouve normal de se soutenir les uns les autres. Partis de Syrie avec sa femme et sa fille, il a perdu cette dernière dans un accident de voiture. Aujourd’hui il a un petit garçon de 3 ans et une fille d’un an et demi. Chaque soir il leur ramène des gâteaux et il espère pouvoir leur transmettre son métier. Il a peur qu’un jour le gouvernement lui fasse fermer sa pâtisserie car il est réfugié bien qu’il ait le droit de travailler.

© Sébastien Duijndam pour Action contre la Faim

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D’autres n’avaient pas d’expérience comme Rundik, 24 ans, originaire du Kurdistan irakien. Atteinte d’une difformité à la hanche, elle a dû quitter l’école pour travailler et payer ses soins médicaux. Elle est désormais apprentie dans une fabrique de confiserie avec son frère qui a également bénéficié du programme. A eux deux, ils soutiennent leurs parents et leurs proches. Rundik espère se faire opérer bientôt.

Tailleur-e, barbier, couturièr-e, chef-fe cuisinier, pâtissier-e, manutentionnaire, boutique de téléphonie, éleveur-ve de bétail ; les formations proposées sont diverses et adaptées au marché du travail local. Au total, 54 personnes ont commencé un apprentissage et 102 ont ouvert un commerce.

Au-delà de la formation technique, un support et un suivi psychologique a été apporté. Comme l’explique Andrea Bigio, le responsable de ce programme, « Quand on porte ce genre de projet, il faut prendre en compte les différents besoins des personnes. On ne parle pas uniquement de besoins techniques comme de l’argent pour démarrer un commerce mais on parle également de besoins psychologiques et affectifs. Nous avons tous besoin, à la suite d’une crise, d’un soutien spécialisé pour être capables de faire face aux difficultés et pouvoir recommencer nos vies. »

Pour lui, le projet permet aux individus mais aussi à la société d’aller de l’avant

"travailler ensemble nous permet non seulement d’avoir des impacts individuels mais également de renforcer la cohésion sociale entre les différentes communautés."
Andrea Bigio
Responsable du programme, Irak

Dans une perspective d’avenir où le retour aux lieux d’origines est incertain, que cela soit pour les déplacés irakiens ou les réfugiés syriens,bâtir les fondations de relations de confiance est essentiel pour prévenir les tensions et contribuer au vivre-ensemble. « Le fait de pouvoir recommencer à vivre, d’être des membres actifs de la communauté c’est très important pour eux et pour leur place dans la communauté. Nous avons remarqué de grandes améliorations en termes d’estime de soi. »


i Le Programme européen de développement régional et de protection (RDPP) pour le Liban, la Jordanie et l’Irak est une initiative de quatre ans lancée en juillet 2014. Le RDPP est soutenu par une plate-forme de huit donateurs européens : la République tchèque, le Danemark, la Commission européenne (DEVCO), l’Irlande, les Pays-Bas, la Norvège, la Suisse et le Royaume-Uni.

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