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Irak - Saadya © Sébastien Duijndam
pour Action contre la Faim

En Immersion

Irak

Saadya, son combat pour la dignité

Depuis quatre ans, ces personnes vivent dans des conditions précaires et tentent de reprendre le cours de leur vie, notamment à travers l’emploi. C’est le cas de Saadya. Elle vit dans le camp de Chamisku et nous raconte son histoire.

Au beau milieu de Chamisku, un camp de déplacés irakiens où vivent près 30 000 personnes, nous rencontrons Saadya. 30 ans, six enfants et une dignité impressionnante, elle nous accueille chez elle pour nous parler de son quotidien et présenter son commerce : une boutique de vente et de retouche de vêtements. Comme beaucoup d’autres déplacés, elle a fui la région du Sinjar, à l’ouest de Mossoul, en 2014 à l’arrivée de Daesh. Identifiée par les équipes d’Action contre la Faim, elle a rejoint un programme de résilience basé sur la création d’opportunité d’emploi où elle a reçu des formations et du soutien pour ouvrir sa boutique, ainsi que du support psychologique.

Alhan, la travailleuse psychosociale qui suit Saadya depuis près d’un an, nous accompagne. Elle connait bien les lieux et nous mène vers l’espace de vie. La tente est divisée en deux parties : une entrée qui fait office de débarras et de cuisine, et un espace salon parsemé de matelas et de coussins qui serviront de lits le soir venu. Dans la pénombre, les traits du visage de notre hôtesse se dessinent au fur et à mesure que nos yeux s’habituent à l’obscurité. La peau dorée, de fines rides d’anxiété, un foulard noir encadre deux grands yeux sombres qui nous fixent avec bienveillance. Ses mains, grandes et élancées, s’envolent au rythme des paroles et repoussent gentiment les enfants qui tentent d’entrer dans le salon.

Irak Saadya © Sébastien Duijndam pour Action contre la Faim

Irak

Saadya Khidhur Qasim Une femme de 35 ans, veuve, mère de six enfants qui vit dans un camp de déplacés. Elle a pu ouvrir une boutique de vente de vêtements et de retouche accolée à sa tente. Grâce à la boutique et au soutien psychologique, elle est sortie de sa dépression et elle a plus d’interactions sociales. Elle a même retrouvé des anciens voisins de son village originel qu’elle n’avait pas vu depuis des années, qui sont venus par hasard comme clients.

© Sébastien Duijndam pour Action contre la Faim

Irak Saadya © Sébastien Duijndam pour Action contre la Faim

Irak

Saadya Khidhur Qasim Une femme de 35 ans, veuve, mère de six enfants qui vit dans un camp de déplacés. Elle a pu ouvrir une boutique de vente de vêtements et de retouche accolée à sa tente. Grâce à la boutique et au soutien psychologique, elle est sortie de sa dépression et elle a plus d’interactions sociales. Elle a même retrouvé des anciens voisins de son village originel qu’elle n’avait pas vu depuis des années, qui sont venus par hasard comme clients.

© Sébastien Duijndam pour Action contre la Faim

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Saadya raconte. De sa vie passée, heureuse, lui reviennent des bribes d’instants où elle ne travaillait pas et pouvait s’occuper de ses enfants avec sa belle-famille « Nous venions de faire construire une maison grâce à l’argent gagné par mon mari ». Tout a changé quand Daesh a envahi sa région, pillant et détruisant dans son sillage. « J’ai vu des vidéos récentes de mon village, ma maison est entièrement détruite, il n’en reste rien. »

Le déplacement est un sujet sensible. Quand je lui demande si elle a amené quelque chose avec elle de son ancienne vie, l’émotion se fait vive. Sa voix tremble, elle inspire profondément, tente de répondre avant que les larmes ne débordent : « Je n’ai plus rien »

Nous échangeons un regard avec le photographe, la caméra se détourne. Alhan parle doucement en kurde, elle s’est approchée de Saadya. Elle la rassure, lui rappelle le chemin parcouru depuis plus d’un an. C’est elle qui l’a suivie psychologiquement pour l’aider à faire face à sa situation de déplacée, à son passé douloureux et à la perte de son mari quelques temps après le déplacement.

Car peu de temps après son arrivée, Saadya est devenue veuve, « Un jour, il est parti travailler sur un chantier. Mon téléphone a sonné deux fois : des amis me demandaient ce qui lui était arrivé. Ils avaient eu la nouvelle avant moi. Puis l’hôpital a finalement appelé pour m’annoncer que mon mari était décédé d’une blessure à la tête. »

Après le décès, elle s’est retrouvée seule avec ses enfants. Face à cette situation, couplée au traumatisme de la fuite, Saadya s’est sentie démunie « Je ne savais pas comment faire pour m’occuper d’eux, je me sentais fatiguée en permanence, je ne mangeais pas, je tombais malade. » Elle
nous explique que c’est auprès de ses enfants qu’elle a puisé la force de se battre : 

"Je les voyais être affectés par ma situation, sans personne pour s’occuper d’eux. Alors j’ai essayé de faire face, d’être plus forte, de les aider davantage. "
FR3A1906
Saadya
Camp de Chamisku, Irak

Le soutien psychologique apporté par Alhan lui a permis en partie de surmonter cette épreuve.

En parallèle, elle a reçu une formation, des fonds et un accompagnement pour créer sa boutique de vente et de retouches de vêtements : « J’ai reçu deux machines à coudre, un générateur, tout ce dont j’avais besoin. Je n’imaginais pas un jour recevoir tout ça. Ma situation a changé du tout au tout. Certaines de mes clientes sont d’anciennes voisines que je n’avais pas vues depuis des années. Nous sommes devenues amies. »

Irak Saadya © Sébastien Duijndam pour Action contre la Faim

Saadya nous emmène dans sa boutique. Accolé à sa tente, son magasin irradie de couleurs et de discussions vives des femmes qui farfouillent et négocient les vêtements. Le contraste est étonnant dans cette allée de camp écrasée par le soleil, où chacun fuit la chaleur. Saadya se déplace entre les femmes et présente les habits. L’argent change de main et les clientes repartent en souriant avec des vêtements colorés pour enfants. Elles reviendront peut-être pour une retouche.

Au moment de se dire au revoir, Saadya prend Alhan dans ses bras. En trois jours, elle a vendu suffisamment pour subvenir aux besoins de sa famille durant un mois complet. Dans la voiture Alhan se retourne vers nous « C’est là toute la force de ce projet, beaucoup des personnes que nous suivons ont vécu des situations extrêmement difficiles qui ont affecté leurs capacités à gérer leur vie quotidienne que ça soit avec leur famille ou dans le cadre de l’emploi. Grâce au support psychologique, nous voyons une grande amélioration. Je suis heureuse de voir ces changements et de voir ces femmes indépendantes qui réussissent à travailler et à s’en sortir. »


i Le Programme européen de développement régional et de protection (RDPP) pour le Liban, la Jordanie et l’Irak est une initiative de quatre ans lancée en juillet 2014. Le RDPP est soutenu par une plate-forme de huit donateurs européens : la République tchèque, le Danemark, la Commission européenne (DEVCO), l’Irlande, les Pays-Bas, la Norvège, la Suisse et le Royaume-Uni.

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