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Madagascar-CASAN-Henriette-4 © Guillaume Binet / MYOP pour Action contre la Faim

En Immersion

Chez Henriette

Au coeur des bidonvilles d’Antananarivo à Madagascar

La pièce de vie se trouve au premier étage d’une construction en béton ; deux fenêtres sans carreaux éclairent le domicile de 15 m² d’Henriette, 32 ans. Avec son mari et ses six enfants, ils sont huit à vivre ici. Pour y accéder, il faut grimper sur une échelle bringuebalante. Deux canapés se font face, à côté desquels une radio diffuse les informations du jour en malgache ; « la peste peut toucher tout le monde ! » martèle le message de sensibilisation radiophonique. La fille ainée d’Henriette lève les yeux au ciel et tourne le bouton du volume à son minimum. Dans le fond de la pièce, un lit deux places et quelques affaires s’amoncellent dans un coin.

Au cœur des bidonvilles, une vie de labeur

Henriette vit à Andavamamba Anjezika I, un des bas quartiers d’Antananarivo, la capitale de Madagascar. Les bas-quartiers – ou bidonvilles – se sont développés dans les années 90 suite à un exode rural massif auquel les politiques d’urbanisme de la ville n’ont pas su répondre. Des milliers de personnes en quête d’une vie meilleure se sont entassées dans des conditions sanitaires déplorables dans ces zones qui, aujourd’hui encore, ne bénéficient pas de système d’eau courante, d’assainissement ou de gestion des déchets.

Son mari est fondeur. Pour compléter leurs maigres revenus, elle achète du manioc qu’elle cuisine pour la revente dans une petite échoppe au bas de sa rue. Le terme de rue parait lui-même galvaudé ; une piste de terre battue, qui serpente entre les taudis du bidonville. Parfois, un bout de terrain détrempé apparaît entre deux habitations, on y cultive le cresson et les ordures. La zone est inondable.

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Chez Henriette

Domicile d'Henriette

© Guillaume Binet / MYOP pour Action contre la Faim

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Chez Henriette

Quartier d'Henriette

© Guillaume Binet / MYOP pour Action contre la Faim

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Chez Henriette

L'échoppe d'Henriette dans laquelle elle cuisine et vend du manioc. Elle a été totalement inondée lors de la dernière saison des pluies.

© Guillaume Binet / MYOP pour Action contre la Faim

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Chaque année à la saison des pluies, de décembre à avril, l’eau envahit les rues et les logements. Pour ceux qui n’ont pas de chaises ou de moyens de surélever leurs affaires, c’est à chaque fois un drame. En mars dernier, le cyclone Enawo qui a touché le nord de l’île avait eu des répercussions jusqu’au rez-de-chaussée d’Henriette, une pièce nue à l’exception d’un foyer et d’une cocotte, où elle prépare à manger. « Au rez-de-chaussée, j’avais de l’eau jusqu’à la moitié des mollets, mais dans la rue ça montait jusqu’à mes hanches ! » se rappelle-t-elle. En plus des destructions matérielles, les inondations aggravent les conditions sanitaires pour les habitants des bidonvilles.

Le poids de la malnutrition aigue

Sur les genoux d’Henriette, sa dernière-née, Horéa, dort. Ce matin, comme tous les jeudis, elles se sont rendues au CASAN, le centre d’accompagnement social et d’appui nutritionnel. L’enfant de deux ans souffre de malnutrition aiguë modérée et reçoit un traitement à base de pâte thérapeutique nutritionnelle depuis 4 semaines. Henriette et Horéa étaient à la maison quand des travailleurs de santé communautaires sont venus dans leur quartier pour dépister la malnutrition aiguë chez les enfants. 

"Ils m’ont dit d’aller au CASAN pour qu’elle soit prise en charge, depuis j’y vais toutes les semaines pour recevoir son traitement"
Henriette
Antananarivo, Madagascar

Sur place, l’enfant est auscultée, pesée et mesurée, par une infirmière et une médecin pour évaluer l’évolution de sa santé. « En ce moment, nous suivons 60 enfants et 20 femmes enceintes ou allaitantes. Ils viennent une fois par semaine pour être auscultés et recevoir le traitement pour sept jours. Certains marchent 3 heures aller-retour pour venir des quartiers les plus éloignés. Chaque jour est dédié à un groupe de mères et d’enfants qui se retrouvent chaque semaine, cela crée du lien. Nous faisons également des visites à domicile pour vérifier que tout se déroule bien à la maison » explique Miora, la responsable de santé communautaire du centre. Repris en 2012 par Action contre la Faim, le centre couvre 15 fokontany – quartiers – et a accueilli plus de 500 enfants pour l’année 2017.

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Henriette

Henriette et Horéa, sa dernière-née qui souffre de malnutrition aigüe modérée. La petite fille de deux ans est prise en charge par Action contre la Faim dans le centre d'accompagnement social et d'appui nutritionnel, le CASAN.

© Guillaume Binet / MYOP pour Action contre la Faim

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Henriette

Au CASAN, les familles bénéficient d'un espace de jeu. Après la consultation médicale, Horéa et Henriette profitent d'un moment de détente avant de rentrer chez elles.

© Guillaume Binet / MYOP pour Action contre la Faim

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Chez Henriette

Henriette et Horéa, sa dernière-née qui souffre de malnutrition aigüe modérée. La petite fille de deux ans est prise en charge par Action contre la Faim dans le centre d'accompagnement social et d'appui nutritionnel, le CASAN.

© Guillaume Binet / MYOP pour Action contre la Faim

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« On vit au jour le jour »

En essayant de se remémorer les événements passés, Henriette perd le compte « Horéa a été hospitalisée en 2016, elle vomissait et avait de la diarrhée. L’une de mes filles, la 5ème de la fratrie, a aussi été soignée en 2010. » Sa fille aînée enchaîne, « moi aussi quand j’étais petite, mon frère également. » Henriette a du mal à se souvenir mais les maladies ont été nombreuses : diarrhées, paludisme, vomissements, infections respiratoires, aucun de ses enfants n’y a échappé même si heureusement elle n’a perdu personne.

Couplées à de mauvaises conditions d’hygiène et un manque de diversification alimentaire, ces maladies entraînent souvent les enfants les plus vulnérables comme Horéa dans la malnutrition aiguë. Celle-ci se reconnaît à un poids trop faible comparé à la taille et l’âge de l’enfant. La moitié des enfants malgaches souffrent de malnutrition chronique ; un retard de croissance dû à des carences alimentaires qui peut laisser de graves séquelles cognitives. Depuis quelques années, Madagascar a déclaré la guerre à cette malnutrition chronique qui freine à la fois l’épanouissement de chacun et le développement du pays mais beaucoup reste encore à faire.

Henriette espère pouvoir envoyer ses enfants le plus longtemps possible à l’école mais quand on lui parle d’avenir, elle emprunte les mots de Patricia, une de ses compagnes du CASAN qui fait partie du même groupe de mère : « on vit au jour le jour ici. » conclut-elle.

 

 

Signature-Lvollet

Léa Vollet
Chargée de Communication

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