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Communiqué de presse

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@Action contre la Faim

Lutter contre la précarité en agissant sur l’insécurité alimentaire

Pendant un an, Action contre la Faim, en collaboration avec la Fondation de l’Armée du Salut et la ville de Montreuil, a mené un projet inédit combinant aides financières, accompagnement social et atelier sur l’alimentation durable pour lutter contre l’insécurité alimentaire comme facteur supplémentaire d’isolement et de précarité. Ce dispositif fait l’objet d’un suivi poussé porté par l’INRAE, institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement, pour mesurer son impact auprès des familles concernées. Les résultats qui sont prometteurs démontrent que ce type de support réduit significativement l'insécurité alimentaire et améliore le bien-être des personnes en situation de précarité. 

Le projet Passerelle  

Passerelle a été implémenté à Montreuil après la crise sanitaire de 2020 qui avait exacerbé certaines inégalités sociales et fait la lumière sur de nouvelles situations de précarité. Le département de la Seine-Saint-Denis avait été particulièrement impacté. A Montreuil, 15 % de la population avait eu recours à une aide alimentaire pendant la pandémie.  

« Comme les équipes ont pu le constater dans d’autres projets qu’Action contre la Faim mène à l’international, les aides financières libres d’utilisation apparaissent comme une solution intéressante parmi les approches alternatives ou complémentaires à l’aide alimentaire directe. Nous avons donc choisi de mener cette expérimentation en France avec la Fondation de l’Armée du Salut qui visait à proposer un soutien financier couplé à une orientation vers l’accès aux aides sociales. Nous avons, à notre échelle, étudié son impact auprès des foyers en situation de précarité. Si les premières observations étaient concluantes, nous avons voulu pousser la réflexion plus loin pour avoir des résultats mesurés scientifiquement en collaboration avec l’INRAE pour démontrer l’efficacité d’un tel dispositif pour lutter contre l’insécurité alimentaire en France » détaille Emilie Martin, coordinatrice des projets d’Action contre la Faim en Ile-de-France.  

Les résultats de cette étude confirment l’efficacité d’une aide financière directe et accompagnée  

Cette étude a été menée auprès de 342 ménages identifiés en situation de grande précarité (soit 1 274 personnes) qui ont reçu pendant quatre mois un versement de 60 euros directement chargés sur une carte de paiement qui permettait une totale liberté d’utilisation. Sur la base du volontariat, un suivi personnalisé de la Fondation de l’Armée du Salut a également permis d’orienter ces personnes vers des dispositifs sociaux adaptés. Un atelier collectif sur l’alimentation durable, animé par un.e diététicien.e, est également venu favoriser les échanges autour des enjeux de santé, de budget et d’environnement liés à l’alimentation. Pour cette étude, une série d’indicateurs a été évaluée lors de 3 temps d’enquête entre 2 groupes de ménages, un composé de personnes bénéficiaires et un groupe « témoin ». Des entretiens individuels sont venus compléter cette analyse. Après 3 mois d’accès au dispositif, les ménages participants présentent près de 2 fois moins de risque d’insécurité alimentaire que le groupe témoin, avec une division par deux de l’insécurité alimentaire sévère ; ainsi qu’une amélioration significative du sentiment de bien-être et une réduction significative de l’isolement relationnel et du sentiment de solitude. 

Les prochaines étapes 

Action contre la Faim milite pour l’effectivité du droit à l’alimentation en France afin que tout le monde puisse accéder dignement à une alimentation suffisante, saine et durable. Passerelle Plus montre qu’il est possible d’agir autrement face à la précarité, en faisant confiance aux acteurs locaux pour atteindre les personnes en difficulté, et aux personnes elles-mêmes pour gérer au mieux leurs budgets contraints. 

« Maintenant que cette étude a démontré qu’un dispositif comme Passerelle basé sur la confiance et la dignité peut transformer durablement la vie des personnes et permettre de réduire significativement l’insécurité alimentaire, nous souhaitons faire davantage connaître ces résultats notamment auprès des pouvoirs publics afin qu’une telle approche puisse être davantage privilégiée et mise en œuvre plus largement » conclut Emilie Martin.