Fanny Mantaux
Chargée de communication opérationnelle
Communiqué de presse
Un mois après sa déclaration officielle le 15 mai, l’épidémie d’Ebola en République Démocratique du Congo continue de progresser. A Mongbwalu, en Ituri, les équipes d’Action contre la Faim intensifient leurs efforts dans la réponse et alertent sur le manque de financement et de moyens alloués à la crise
Depuis le début de la crise, Action contre la Faim est présente à Mongbwalu. « 16 membres du personnel sont actuellement déployés pour appuyer les autorités sanitaires », précise Michele Torti, coordinateur de la réponse d’urgence pour Action contre la Faim en RDC.
Même si des tests sont désormais disponibles à Monbgwalu et permettent un diagnostic rapide des patients, la peur, le refus de soin, la désinformation sont des facteurs qui compromettent l’éradication du virus. C’est pourquoi Action contre la Faim accentue sa réponse dans la mobilisation communautaire.
« On ne peut pas éradiquer l’épidémie sans la confiance des communautés ».
Pour gagner cette confiance, il faut d’abord que les communautés comprennent mieux la maladie. Pour cela, Action contre la Faim mène une campagne de sensibilisation via des diffusions radiophoniques portant sur différents sujets tels que les symptômes d’Ebola, les conduites à tenir, les mesures de protection, ainsi que les pratiques d’enterrements dignes et sécurisés.
En parallèle, la formation des agents de santé reste une priorité :
« Les centres de santé et les relais communautaires sont en première ligne. Pour les appuyer, nous avons formé près de 180 agents de santé et relais communautaires à Mongbwalu sur les bonnes pratiques de prévention et de contrôle des infections (PCI). Plus de 50 infirmiers titulaires ont également été formés”,
ajoute Michele Torti. Ces formations permettent, entre autres, de renforcer les connaissances du personnel soignant sur l’épidémie, notamment les modes de transmission, les mesures de prévention et comment mieux la détecter.
Action contre la Faim distribue du matériel de prévention et de prise en charge des infections et met en place des zones de triage dans les centres de santé.
« Depuis le début de l’épidémie nous avons envoyé à Mongbwalu environ 9 tonnes de matériel médical et WASH. Encore cette semaine, un camion avec du matériel médical, des lits et des kits WASH, a été acheminé pour renforcer notre réponse dans la zone ».
L’association assure également la continuité de la prise en charge de la malnutrition aigüe.
“150 cartons de RUTF (aliments thérapeutiques) ont également été livrés pour soutenir le système de santé de la zone, déjà très fragile et vulnérable avant cette crise.”
Une crise aux impacts psychologiques durables
Ebola est une maladie particulièrement redoutée. Les mesures mises en place pour lutter contre la maladie, bien que nécessaires, peuvent s’avérer très intrusives sur le plan culturel.
« Parce que les corps sont contagieux, les rites funéraires sont interdits. Il est souvent difficile pour les familles endeuillées de faire leur deuil dans des conditions dignes ».
Au-delà de l’urgence sanitaire, l’épidémie risque d’engendrer de nouveaux traumatismes dans des communautés touchées par l’insécurité et la précarité et d’avoir des répercussions durables sur la santé mentale ainsi que sur les moyens de subsistance des familles et des communautés touchées.
Face à cette situation, Action contre la Faim souligne l’importance d’intégrer pleinement la prise en charge de la santé mentale dans la riposte, tout en veillant au maintien des services de santé essentiels non liés à Ebola.
Le financement de la réponse humanitaire dans le pays reste malheureusement insuffisant au regard des besoins. Aujourd’hui, seul 35 % du Plan d’intervention humanitaire est financé.
« L’épidémie risque de durer sur le long terme. Il est crucial de garantir la continuité des soins de santé essentiels, comme la prise en charge de la santé mentale, afin de limiter l’ampleur des conséquences humanitaires », conclut Michele Torti.