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Rupture des services d’eau potable après le passage du cyclone Gezani
Un risque sanitaire inquiétant
Le passage dévastateur du cyclone Gezani sur Madagascar a laissé derrière lui un bilan humain alarmant : près de 500 000 sinistrés, dont 382 000 nécessitant une aide humanitaire d’urgence. Dans la région d’Atsinanana, les infrastructures vitales ont été balayées, particulièrement dans le district de Toamasina I et II, dont la commune de Fanandrana. Ces localités font face à une crise sanitaire majeure, l’accès à l’eau potable et aux services d’assainissement de base sont aujourd’hui lourdement compromis.
Dans le district de Toamasina II, de nombreuses familles se retrouvent confrontées à une situation critique : l’accès à l’eau potable est devenu extrêmement difficile, parfois impossible. Outre la destruction des systèmes hydrauliques, plusieurs sources d’eau ont été contaminées, notamment par des pollutions liées à des dommages industriels ou par les débris transportés lors des inondations. Par conséquent, les habitants d’Atsinanana se retrouvent dans l’impossibilité d’accéder à des sources d’eau propre.
Sur le terrain, les équipes d’Action contre la Faim se mobilisent pour secourir les populations sinistrées. À Ampasimbola, village de la commune de Fanandrana durement touché par la catastrophe, Charles, 48 ans et père de famille, témoigne de l’ampleur du désastre :
« Notre village compte au moins 200 foyers. Pourtant, il ne reste aujourd’hui que deux pompes manuelles fonctionnelles, situées à l’extérieur du village», déplore-t-il. « Avant le cyclone, nous disposions de plusieurs points d’eau, mais le vent et l’accumulation de débris les ont emportés. ».
Ces dégâts matériels contraignent les populations à adopter des pratiques dangereuses. L’usage direct des eaux de rivières ou de puits souillés par les débris charriés par les vents violents accroît de manière préoccupante les risques de maladies hydriques.
Logistique d’approvisionnement en eau potable en zone sinistrée
Pour répondre à l’urgence les experts d’Action contre la Faim, grâce au soutien financier de l’Union européenne, ont installé une station de potabilisation dans le fokontany de Tananambo (commune de Fanandrana). Cette installation vitale permet de transformer l’eau des sources locales en eau potable, sécurisant ainsi la santé des familles dans le district de Toamasina II durement éprouvées par le cyclone. Elle permet ainsi de fournir rapidement de l’eau potable aux villages de la commune et aux zones environnantes sévèrement touchées. La station présente actuellement une capacité de traitement de 20 m³ d’eau par jour, garantissant un accès à l’eau saine pour les familles vivant à proximité. Chaque ménage reçoit jusqu’à 40 litres d’eau traitée par jour, via des distributions organisées quatre fois par semaine.
Deux semaines seulement après le passage du cyclone Gezani, trois sites stratégiques sont déjà opérationnels. Ce dispositif d’urgence garantit un accès sécurisé à l’eau potable pour près de 3 000 ménages, chaque station ayant été dimensionnée pour approvisionner au moins 1 000 foyers sur le long terme.
L’impact sanitaire est immédiat, comme en témoigne Soazely, résidente du fokontany de Tananambo :
« L’accès à cette eau potable est un immense soulagement. Dans ces conditions précaires, cela nous protège de maladies hydriques graves, comme la diarrhée, qui menacent nos familles. »
Pour les localités plus isolées, un dispositif de camion-citerne a été mis en place. Ce système de distribution mobile permet d’acheminer l’eau potable vers les villages les plus durement touchés, là où les infrastructures locales sont totalement hors d’usage.
Au-delà de l’urgence, Action contre la Faim engage la réhabilitation durable des points d’eau et la désinfection des puits contaminés. Ce soutien accompagne également le relèvement des foyers : grâce à des aides financières et des kits de première nécessité, les familles peuvent ainsi commencer à reconstruire leurs habitats et relancer leurs activités quotidiennes.