• Madagascar

À la une

Madagascar cyclone
© Action contre la Faim

Cyclone Gezani : premières interventions à Toamasina 

Une semaine après le violent cyclone qui s’est abattu sur Madagascar, le pays tente encore de mesurer l’ampleur des dégâts humains et matériels. Le cyclone Gezani a laissé derrière lui plus de 400 000 personnes sinistrées et des milliers de familles sans abri, après que les toitures aient été arrachées par des vents violents dans la nuit du 10 février. Les districts de Toamasina I et II, de Brickaville et d'Ambatondrazaka figurent parmi les zones les plus touchées. Habitations, centres de santé de base et hôpitaux ont été lourdement endommagés, perturbant gravement les services essentiels et rendant les besoins humanitaires pressants. Beaucoup de familles, désormais sans logement, ont trouvé refuge dans des lieux d’hébergements d’urgence, comme l'école primaire publique d'Ampasimbola.

Les douloureux souvenirs des habitants  

De nombreux habitants se remettent encore du choc et des pertes subies comme Euphrasie, une institutrice de 58 ans: « En l’espace d’un instant, notre vie a basculé. Le ciel est devenu notre toit ». Le toit de sa maison s’est envolé et, comme de nombreux habitants, elle s’est réfugiée avec sa famille à l’école primaire publique d’Ampasimbola. Avec les kits fournis par Action contre la Faim, elle va pouvoir sécuriser le toit et rentrer chez elle. Les habitants espèrent que d’autres aides viendront renforcer ce premier soutien, car les besoins demeurent considérables. 

Maurice, 48 ans, est tisseur de toits en ravinala et maçon. Sa maison a été emportée par le cyclone, et il a passé la nuit seul dans la forêt. « Je ne pensais pas survivre », confie-t-il, encore marqué par l’événement. « Heureusement, j’avais envoyé ma famille chez mes parents, dans une zone plus sécurisée. » Reprendre une vie normale lui semble encore difficile, mais sa détermination demeure intacte. « Ce sera dur, mais on se relèvera, parce qu’il le faut », assure-t-il. 

La réponse humanitaire s’organise sur le terrain

Sur le terrain, les équipes d’Action contre la Faim et les acteurs locaux œuvrent chaque jour pour rétablir l’accès aux services essentiels, distribuer de l’aide alimentaire, installer des tentes, soutenir les structures de santé et venir en aide aux enfants et aux familles les plus vulnérables. 

Une réponse multisectorielle s’est rapidement organisée sous la coordination du Bureau national de gestion des risques et des catastrophes. Dans le cadre de cette intervention financée par l’Union européenne et Start Fund, les efforts des équipes d’Action contre la Faim se concentrent sur deux priorités : offrir un logement décent et assurer l’accès à l’eau potable et à l’assainissement aux ménages les plus vulnérables. 

Dans la commune de Fanandrana, dans le district de Toamasina II, les familles dont les maisons ont été endommagées reçoivent des kits d’abri comprenant des bâches, des gaines en plastique, des cordes, un marteau et des clous pour réparer rapidement leur toiture, ainsi que des kits de cuisine comprenant des assiettes, des ustensiles, des marmites, des seaux et des gobelets. Des transferts monétaires sont prévus pour les habitations totalement détruites, afin de soutenir la reconstruction. Au total, 550 kits ont déjà été distribués grâce à un dispositif logistique mobile utilisant un camion comme entrepôt pour atteindre les zones les plus touchées. 

« Nous devons réparer au plus vite pour protéger notre maison, car il n’y a rien de mieux que d’être chez soi », explique Euphrasie, qui voit dans cette aide la possibilité de rentrer chez elle. 

Marovavy Marie Julianna, une jeune mère de deux enfants, se souvient de la nuit « interminable » passée sous un lit après que sa maison a été emportée : « Cette aide sera un nouveau départ pour reconstruire. » 

En parallèle, l’accès à l’eau potable a été rétabli grâce au déploiement d’une station de traitement mobile. Installée au pont Tananambo dans la commune de Fanandrana, cette unité produit 5 000 litres par heure. Le site a été stratégiquement choisi pour sa source d’eau saine, préservée de toute pollution et située au plus près des populations. 

Ces actions contribuent à réduire les risques sanitaires, à protéger les ménages et à relancer progressivement la vie des habitants. Toutefois, les besoins restent importants : abris durables, accès continu à l’eau potable, relance des moyens de subsistance et réhabilitation des services essentiels. Dans les zones les plus touchées, le retour à la normale dépendra de la poursuite de la mobilisation humanitaire et du soutien apporté aux communautés pour reconstruire, pas à pas, leur quotidien.