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Philippines

Chroniques de distributions alimentaires

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Si ce premier constat était facile à établir, il a ensuite fallu s’assurer que les différentes zones sinistrées étaient bien dans la même situation, confirmer que les marchés des zones affectées n’allaient pas pouvoir reprendre à plein régime tout de suite afin d’être sûrs que de potentielles distributions de nourriture gratuites ne perturbent pas la reprise des marchés, établir des listes de bénéficiaires, passer les commandes de nourriture localement pour, là aussi, soutenir la reprise des marchés et parvenir à être livrés dans les temps.

En quelques jours 8000 familles, situées dans les 4 zones les plus affectées des provinces de Capiz et Iloilo sur l’île de Panay, ont été mises en lien avec les autorités locales de chaque zone. 273 tonnes de riz, 180 000 boites de sardines, 275 000 paquets de nouilles, 18 tonnes de sucre, 4.5 tonnes de sel ont été commandés auprès de différents grossistes et livrés peu à peu vers les stocks d’ACF. Une trentaine de personnes ont été recrutées pour décharger ces camions et préparer les kits familiaux de nourriture. Des sites de distribution suffisamment grands et sécurisés ont été repérés et préparés : quasiment 10 000 personnes au même endroit lors de chaque distribution : ça ne s’improvise pas ! Tout doit être pensé à l’avance, afin que le jour J, les gens n’attendent pas pendant des heures et des heures, qu’il n’y ait pas de mouvements de foule, que personne ne soit oubliée, le tout en un minimum de temps. Et pour cela, tout le monde met la main à la pâte. A peine arrivés au stock, les camions sont déchargés et la nourriture commence à être mise en kit : chaque ration doit contenir 500 grammes de sel, 2kg de sucre, 30 paquets de nouilles et 20 boites de sardines ; le tout devant être reconditionné dans des sacs adaptés.

Le stock n’étant pas assez grand pour accueillir toute la nourriture d’un coup : on doit fonctionner distribution par distribution. La nourriture devant être distribuée le lendemain arrive la veille pour être mise en kit : cela met une énorme pression sur les équipes logistiques qui doivent fonctionner en flux tendu. Ainsi, la veille de la première distribution, les 1500 kits devant être distribués le lendemain n’étaient pas encore finalisés : des volontaires philippins et toutes les équipes d’ACF se sont donc mobilisés pour tenir les délais. Jusqu’à 4h du matin, des kits étaient en cours de préparation puis chargés dans les camions pour un départ vers le lieu de distribution à 5H30.

 

A 5h30, c’est le grand départ, direction San Dyonisio à 2h30 de route. C’est par cette municipalité, située sur la côte, qu’est rentré le typhon sur l’île de Panay ; elle est donc très affectée.

 

8h00 : arrivée sur le site. Il s’agit du terrain de foot de la ville situé dans une école endommagée par le typhon. 500 personnes sont déjà là. Mauvaise nouvelle : il a plu toute la nuit et il continue de bruiner. Le sol est détrempé : nous ne sommes pas sûrs que les camions réussissent à passer.

Ricardo, le responsable de ces distributions se met immédiatement en contact avec le maire et l’adjoint au maire : ils seront là toute la journée pour aider et superviser la distribution. Ils ont mis à la disposition des équipes ACF des bénévoles et des travailleurs journaliers pour aider au déchargement, à l’information de la population, à l’enregistrement des familles et à la gestion de la foule.

Avec des cordes et des bouts de bois, des lignes de queues sont créées, pour réellement mettre en place un circuit de distribution avec des points de contrôle à différents endroits : à l’entrée, dans la zone d’enregistrement ; juste avant l’arrivée aux camions, au niveau des camions chargés de nourriture, à la sortie ; les rôles de chacun sont réexpliqués ; 6 tables d’enregistrement avec les listes complètes sont installées pour vérifier l’identité des personnes bénéficiaires…  

 

9h00 : Les 3 camions chargés de 60 tonnes de nourriture arrivent sur le site.

 

9h10 : Deux camions sur trois sont embourbés… impossible de les bouger. On doit changer le circuit de distribution pour s’adapter à l’endroit où ils sont restés bloqués…

 

9H30 : L’adjoint au maire annonce au méga-phone le début de la distribution et rappelle les règles de fonctionnement : les 25 différents hameaux composant la municipalité seront appelés un à un, le chef du hameau aidera à contrôler que les personnes présentes sont bien uniquement du hameau en question.

 

9h40 : Top départ ! Les premières familles s’avancent vers les tables d’enregistrement, s’identifient, signent les listes puis s’avancent vers les camions. Dans les camions, ça s’active pour décharger au rythme de l’avancée des personnes : un sac de riz de 30 kg et 1 sac contenant le sel, les sardines, les nouilles et le sucre sont donnés à chacun.

 

9h50 : Les premières personnes ont reçu leur kit alimentaire : « la ration est énorme ! on ne s’attendait pas à cela ! Depuis les typhon, on ne recevait que des rations avec quelques conserves et 1 ou 2 kg de riz. Là on a de quoi voir venir ! ». ACF avait bien sûr prévenu les différentes autorités, mais personne n’y avait vraiment cru ! Le message passe dans la foule et les téléphones sonnent dans tous les sens : pensant que ce serait une petite distribution, les familles n’avaient envoyé qu’une personne pour prendre le kit… et le plus souvent la grand-mère ou le grand père : les maris sont appelés à la rescousse. En parallèle, avec des volontaires de la communauté, se met en place un système pour aider les moins forts à porter les sacs.

 

10h : De petits camions arrivent en renfort pour décharger les gros camions coincés dans la boue et amener ainsi la nourriture sur le lieu de distribution.

 

11h : Déjà 4 hameaux sont passés, mais la foule ne dégrossit pas sur le site. On organise des rotations pour que ceux qui déchargent les camions puissent se reposer un peu. Cédric, le responsable des finances de l’équipe d’urgence, s’en donne à cœur joie dans les camions « pour une fois que je ne suis pas devant un tableau excel : j’en profite ! ». De même, Fernando, le chauffeur d’une des voitures ACF, est également venu donner un coup de main.

 

12h : Sur l’initiative de la femme du maire, une petite « buvette » se met en place à coté du site de distribution pour que toutes les personnes organisant la distribution puissent manger quelque chose et surtout boire : il fait très chaud malgré les ondées intermittentes.

 

13h : Ca fait bien longtemps qu’on a arrêté de comptabiliser le nombre de  « merci »  et de « serrage de mains » depuis ce matin. C’est la récompense de toutes ces heures sans dormir  ! Tout le monde a le sourire, partout, malgré l’attente parfois longue.

 

15h : Petite discussion avec Melinda qui vient de récupérer sa ration alimentaire : Elle a 3 enfants, âgés de 5 à 12 ans, son mari était conducteur de touk-touk mais il est désormais détruit : « en ce moment, il trouve des petits boulots journaliers pour gagner un peu d’argent ». Leur maison est également détruite. « On essaie en ce moment de réparer la maison comme on peut, le toit notamment. On avait reçu deux fois des aides alimentaires auparavant, mais jamais autant : on avait eu juste 9 boites de conserve de riz. Je suis ravie des rations reçues aujourd’hui : elles sont grosses, ça va vraiment nous permettre de tenir plus longtemps ! »

 

16h : Fin de la distribution. Ça y est, 1500 familles sont passées ! Discussion avec quelques familles restantes qui n’étaient pas sur les listes : on se met d’accord pour repasser plus tard, car on n’a plus assez de kits pour les restants.

 

16h15 : Cédric, remet sa casquette de financier, et s’installe dans une salle de classe désaffectée pour payer tous les journaliers engagés pour la distribution.

 

 

16h30 : nettoyage du site et photo souvenir avec le maire de San Dyonisio et le petit groupe d’étudiants en droit venus aider pour la journée « on pensait les avoir tués à leur faire faire du déchargement toute la journée, mais en fait, ils sont toujours à fond : lundi ils reviennent pour aider pour les distributions suivantes ! » explique Charlotte, la coordinatrice des équipes d’urgence. Allez, plus de 6500 familles !

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