Communiqué de presse

24% de la population dans l’insécurité alimentaire aiguë (IPC)
PARIS/BEYROUTH, le 29 avril 2026 – Le Cadre Intégré de Classification de la sécurité alimentaire (IPC) révèle que 1,24 million de personnes au Liban, soit 24 % de la population, sont confrontées à une insécurité alimentaire aiguë. La faim ne recule pas malgré la trêve et les nouveaux déplacements conduisent les familles à des dilemmes vitaux. Pour les soutenir, Action contre la Faim étend ses interventions dans des zones difficiles d’accès où l’aide était impossible il y quelques semaines.
« Le cessez-le-feu ne ramène pas automatiquement la nourriture, ni les marchés détruits, ni les moyens de subsistance perdus », explique Sonia Ben Salem, coordinatrice du plaidoyer pour Action contre la Faim au Liban. Face à la situation, les ménages sont contraints de sauter des repas, de réduire la quantité ou la qualité de leur alimentation, de vendre leurs biens ou de retirer leurs enfants de l’école afin de se nourrir.
Pour les personnes déplacées, la faim n’est pas seulement un manque de nourriture ; c’est une question de priorités vitales. « Lorsqu’une famille est déplacée à plusieurs reprises, la sécurité devient la priorité. Elle dépense le peu qu’elle a pour se rendre dans un lieu sûr, reléguant la nourriture au second plan », explique Madame Ben Salem. Dans ce contexte, se nourrir devient un besoin secondaire par rapport à l’urgence de trouver un abri.
Cette situation a des conséquences particulièrement graves pour les groupes les plus vulnérables. Dans certaines zones touchées, entre 12 % et 15 % des enfants âgés de 6 à 23 mois sont nourris exclusivement au lait, ce qui compromet leur croissance et leur développement. Parallèlement, les femmes enceintes et allaitantes sont exposées à un risque accru de malnutrition en raison d’un accès limité aux soins de santé et d’une alimentation inadéquate, ce qui affecte à la fois leur propre santé et celle de leurs enfants.
Tout en poursuivant son soutien dans les abris collectifs, Action contre la Faim étend ses interventions de distribution de nourriture et de nutrition infantile aux zones difficiles d’accès et en dehors des camps de déplacés, là où l’aide était encore impossible il y a quelques semaines.
« Nous nous rendons dans des endroits comme Hasbaya pour effectuer des distributions en dehors des abris, en livrant des aliments secs et des rations prêtes à consommer dans des zones où les marchés se sont effondrés », explique Sonia Ben Salem. De plus, l’organisation a repris son support nutritionnel complet et la distribution de kits d’alimentation pour nourrissons, étendant désormais ses opérations à d’autres zones du sud, au-delà des zones de déplacement.