• Liban

Communiqué de presse

Liban 2025
© Elisa Bernal Arellano

Liban. Le cessez-le-feu ne signe pas la fin à la crise

Suite à l’annonce d’un cessez-le-feu au Liban, la situation humanitaire reste extrêmement fragile avec plus d’un million de personnes privées de nourriture, d’eau ou d’un lieu sûr de retour. Action contre la Faim souligne que la cessation des hostilités n’apporte pas de soulagement immédiat aux populations les plus vulnérables, qui continuent de faire face à des déplacements, à des destructions massives et à un manque d’accès aux services de base.

Dans les heures qui ont suivi l’annonce, les équipes d’Action contre la Faim présentes sur place ont observé des mouvements de population très intenses, avec des schémas de mobilité variés :

« Beaucoup de personnes tentent de rentrer chez elles et d’autres souhaitent vérifier l’état de leur logement, » explique Sonia Ben Salem, coordinatrice du plaidoyer d’Action contre la Faim au Liban. «Certaines ne peuvent pas le faire ou décident d’attendre par crainte de devoir à nouveau se déplacer.»

À l’heure actuelle, on compte déjà plus de 1 200 000 personnes déplacées, dont 390 000 enfants. Parmi les besoins essentiels de ces communautés déplacées, l’organisation constate notamment l’accès à des hébergements sûrs, ainsi qu’à l’eau, aux soins de santé et aux autres services de base.

Les Libanais qui rentrent chez eux se retrouvent sans nulle part où aller.

« Beaucoup de gens rentrent dans des maisons détruites ou gravement endommagées. D’autres ne peuvent pas rentrer car ils vivent dans des zones déclarées à haut risque, où des affrontements ont toujours lieu. Le niveau de destruction dans certaines zones est comparable à celui de Gaza : des villages entiers rasés, sans eau, sans hôpitaux, sans moyens de subsistance. » explique Sonia Ben Salem.

Le cessez-le-feu, à lui seul, ne réduit pas la vulnérabilité de la population ni ne met fin à la situation d’urgence.

« Un cessez-le-feu ne reconstruit pas les maisons, ne garantit pas la nourriture et ne rétablit pas les services de base. La vulnérabilité ne disparaît pas du jour au lendemain, et les besoins persisteront longtemps s’il n’y a pas de reconstruction et de rétablissement des services publics », précise Sonia Ben Salem.

Les organisations humanitaires continuent d’adapter leurs interventions aux nouveaux besoins. Actuellement, 112 membres de l’équipe d’Action contre la Faim travaillent au Liban. Les activités de santé et de nutrition, qui sont vitales pour sauver des vies, restent une priorité. Il a été constaté qu’environ 15 % des enfants âgés de 6 à 23 mois dans les zones de déplacement sont nourris exclusivement au lait, ce qui présente un risque nutritionnel élevé pour leur santé. De plus, 24 % de la population est confrontée à une insécurité alimentaire aiguë, un chiffre qui n’a pas diminué suite à l’annonce du cessez-le-feu.