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Nutrition Cameroun © Christophe Da Silva pour Action contre la Faim

Témoignages

Cameroun

Former le personnel médical pour vaincre la malnutrition

A l’entrée de l’hôpital de Tokombéré, à l’Extrême-Nord du Cameroun, Hawa emmaillote fermement sa fille Zeinam pour la maintenir accrochée sur son dos. Elle s’installe comme passagère sur la moto-taxi et fait signe au chauffeur de démarrer. Après douze jours de prise en charge au sein du centre thérapeutique nutritionnel interne, où elle a été soignée pour de la malnutrition aiguë sévère, Zeinam peut enfin rentrer chez elle.

« Quand j’ai vu que mon bébé n’allait pas bien, qu’elle ne voulait plus manger, je ne pouvais pas patienter à la maison sans rien faire, raconte Hawa, je l’ai emmenée au centre de santé proche de chez moi et ils m’ont référée ici. La maladie, c’est toujours le problème des moyens. Mon mari n’a pas assez d’argent pour acheter suffisamment de nourriture. Je manquais de lait pour elle aussi. Mais maintenant les infirmiers m’ont dit qu’elle allait bien, ils lui ont donné les produits pour la guérir.»

Zeinam est l’un des 41 000 enfants de moins de 5 ans qui souffrent de malnutrition aiguë sévère dans la région de l’Extrême-Nord du Cameroun. Cela représente un enfant sur deux dans cette zone impactée par la crise du Lac Tchad. Alors même que les enfants malnutris ont neuf fois plus de risques de mourir que ceux en bonne santé, la malnutrition aiguë sévère est une maladie traitable. Au-delà de la fourniture de médicaments, la formation et l’accompagnement du personnel de santé sont indispensables pour réussir à vaincre les conséquences de la faim.

Nutrition Cameroun © Christophe Da Silva pour Action contre la Faim

Infirmier diplômé d’Etat, Thomas Baitouay est le responsable du centre thérapeutique nutritionnel interne (CNTI) à l’Hôpital de District de Tokombéré depuis neuf ans. L’unité a été créée en avril 2006 mais à cette époque les enfants malnutris n’étaient pas pris en charge. C’est en 2012 que le personnel a été formé une première fois par une organisation.

Cependant le manque de suivi, d’appui et de matériel nécessaire rendait impossible la mise en application des connaissances reçues de manière efficace. « La prise en charge des enfants malnutris au CNTI n’était pas de qualité, se remémore Thomas, car nous n’avions pas de connaissances véritables sur les spécificités de la malnutrition aiguë sévère par manque d’accompagnement post-formation. Nous prenions en charge les enfants malnutris comme des enfants pédiatriques, depuis le diagnostic jusqu’à l’administration des traitements. Entre 2014 et 2015, les taux de décès d’enfants malnutris étaient supérieurs à 12%. Nous avons perdu beaucoup d’enfants et nous inculpions très rapidement tous ces décès à l’arrivée tardive à l’hôpital ou aux causes naturelles. »

Thomas Baitouay est le responsable du centre thérapeutique nutritionnel interne (CNTI) à l’Hôpital de District de Tokombéré © Christophe Da Silva pour Action contre la Faim

A partir de 2017, les équipes d’Action contre la Faim, dans le cadre du programme RESILIANT, interviennent au centre avec de multiples formations auprès du personnel de santé pour leur permettre d’acquérir des compétences et des connaissances pratiques sur la malnutrition aiguë sévère. Ainsi, de 12% en 2015 les taux de décès ont réduit à moins de 5% depuis 2017 à nos jours.

Désormais dans cet hôpital, les enfants souffrant de malnutrition aiguë sévère avec des complications médicales bénéficient d’une prise charge adéquate dans cette unité dédiée qui dispose de 19 lits.  « Action contre la Faim paie les repas des accompagnants des enfants malnutris, ils ont construit la cuisine du centre, ce qui nous permet de préparer le lait thérapeutique qu’on donne aux enfants les plus faibles, ceux qui n’arrivent pas à manger, dans de bonnes conditions d’hygiène. Ils nous ont aussi donné des draps, du savon et des jeux pour les enfants que les mères peuvent utiliser. Cela diminue le taux d’abandon car les personnes se sentent en confiance. »

 « Cette stratégie d’accompagnement a été la solution magique qui nous a redonné le sourire et l’espoir devant nos enfants malnutris pris en charge et l’assurance de pouvoir sauver leurs vies. » conclut Thomas Baitouay


Le programme RESILIANT Programme de Redressement Economique et Social Inclusif et de Lutte contre l’Insécurité Alimentaire et Nutritionnelle des Territoires du Nord Cameroun est financé par l’Union européenne à travers le Fond Fiduciaire d’Urgence de l’Union européenne pour l’Afrique. Il a pour objectif de renforcer la résilience des populations vulnérables à l’insécurité nutritionnelle tout en contribuant à la cohésion sociale en améliorant l’accès aux services de base et les connaissances des ménages en eau, assainissement et hygiène ainsi qu’en nutrition et santé et en facilitant la création d’opportunités. Depuis son commencement, ce sont 95 299 personnes qui ont bénéficié des activités en nutrition et santé dont 80 167 enfants de moins de cinq ans.

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