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Yasmeen 2 © Wissam Nassar
pour Action contre la Faim

Témoignages

Bande de Gaza

Être cheffes d’entreprise à Gaza

Ces 10 années de blocus ont des conséquences désastreuses sur les populations :

  • 80% des habitants de Gaza dépendent de l’aide humanitaire,
  • 40% de la population ne reçoit de l’eau que deux fois par semaine,
  • 60% achète de l’eau à des fournisseurs privés qui ne sont pas régularisés et dont la qualité de l’eau est très mauvaise,
  • 1 million de personnes sont exposées à de graves risques de santé publique, la plupart causés par l’insalubrité de l’eau,
  • Près de la moitié des foyers souffrent d’insécurité alimentaire.

En réponse à l’urgence, Action contre la Faim a mis en place un projet pour que les femmes retrouvent une activité économique. Les 160 femmes qui font partie de ce projet sont issues des gouvernorats de Rafah et Deir Al Balah, identifiés comme ceux possédant le plus haut niveau d’insécurité alimentaire à Gaza. 

Grâce aux formations et aux fonds distribués par Action contre la Faim, ces femmes ont pu relancer le commerce qu’elles avaient perdu pendant la guerre. 

Mona, Yasmeen, Wafaa et Haana nous racontent leurs parcours, leurs vies. Témoignages. 

Wafaa and Hanaa 1

Gaza

Wafaa et Haana

© Wissam Nassar pour Action contre la Faim

Wafaa and Hanaa 2

Gaza

Wafaa et Haana

© Wissam Nassar pour Action contre la Faim

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WAFAA et HAANA – RAFAH

« Jamais je n’aurais imaginé qu’un jour on allait étendre notre travail en Cisjordanie », a dit Wafaa en me montrant les taies d’oreiller et les draps qu’elle a confectionnés avec sa sœur Haana.

Initialement, elles avaient intégré un programme générateur de revenus mis en place par Action contre la Faim. Aujourd’hui, pour économiser le loyer, elles travaillent de chez elle. C’est Hanaa qui a vu l’annonce du programme d’Action contre la Faim dans une association de femmes et qui les a poussées à postuler.

Wafaa et Hanaa rêvaient de transformer leur petite affaire en petit usine mais les restrictions de flux de mouvements et de personnes, entre Gaza et la Cisjordanie, ne leur a pas permis de gérer une entreprise normale. « On ne peut quitter Gaza que sous des conditions très restrictives, nous a expliqué Wafaa. Nous ne pouvons pas encore répondre aux importantes commandes que l’on reçoit de Cisjordanie via notre page Facebook. »

Les deux sœurs ont parcouru un long chemin avant d’en arriver là. Hanaa, 35 ans et mère de 6 enfants, seul soutien économique de la famille, a été très préoccupée lorsque son mari s’est trouvé au chômage après l’intifada de 2001. Lors des trois dernières guerres à Gaza, Hanaa et ses enfants s’en sont sortis grâce aux intérims de son mari et à l’aide de sa belle-famille. « Ma sœur m’a convaincue de prendre des cours de couture dans un centre pour les femmes, explique Hanaa. À l’époque, je ne savais pas que j’étais en train de tracer mon petit chemin. »

Le conflit de 2014 a aussi durement impacté sa petite sœur Wafaa, qui a 25 ans. L’atelier qu’elle avait établi pour couvrir ses frais de scolarité a été totalement détruit. Grâce au projet d’Action contre la Faim, les deux sœurs ont réalisé qu’elles pourraient renforcer leurs affaires si elles travaillaient ensemble. « La formation que l’on a reçue nous a permis de mieux gérer notre entreprise, on a même appris à utiliser Facebook pour donner de la visibilité à notre travail », sourit Wafaa.

Hanaa se trouve chanceuse d’avoir le soutien de sa famille dans cette nouvelle étape de sa vie. « Pendant la formation, j’ai connu une femme qui était victime de violences conjugales. Mon rêve est d’avoir une entreprise composée de femmes qui ont eu un passé difficile. » Finalement elle nous confie que son rêve à long terme est de se marier et d’avoir une famille mais, que, pour l’heure, sa priorité est le travail.

Mona 1

Gaza

Mona

Wissam Nassar pour Action contre la Faim

Mona 2

Gaza

Mona

Wissam Nassar pour Action contre la Faim

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MONA – DEIR AL BALAH

J’étais en face des ruines de ce qui, un jour, a été la maison familiale de Mona et le magasin de sa mère. Ce quartier a été complétement rasé lors de la guerre de 2014, aujourd’hui, il est en reconstruction. « Je suis désolée mais je ne peux pas te donner une chaise. On partage l’étage avec la famille de mon frère en attendant que l’immeuble soit reconstruit. On ne peut pas acheter de meubles », s’excuse-t-elle.

Mona a quitté l’école à l’âge de 12 ans pour prendre soin de ses parents, malades, et de ses frères et sœurs. Elle a dû apprendre à gérer son bétail. « J’ai grandi en regardant ma mère prendre soin des animaux sans savoir qu’ils couvraient les besoins de toute la famille ». Mona ne pouvait pas savoir ce qu’il allait lui arriver lors de la guerre. À 28 ans, elle n’a pas de maison, mais elle est en charge de sa famille et du commerce familial.

Après que sa maison a été détruite, Mona et sa famille avaient déménagé chez des proches qui habitaient dans une zone considérée plus sûre. Quand après la guerre, Mona a vu tout son quartier sous les décombres, y compris la maison familiale, elle a décidé de louer une maison. « Quand deux mois plus tard, après avoir vendu toutes nos affaires personnelles, on n’avait plus d’argent, ni pour payer le loyer ni pour acheter de la nourriture, cuisiner au gaz était devenu très cher. Heureusement, nous avions des coupons de nourriture, ça nous a beaucoup aidé. »

En tant que femme célibataire et soutien de la famille, Mona a postulé au programme d’aide économique d’Action contre la Faim. Elle a donc pu commencer à monter sa propre entreprise et ainsi marcher dans les pas de sa mère, qui, elle-même, a marché dans les pas de sa grand-mère. « Les formations m’ont montré l’importance d’économiser, d’investir dans mon activité, et de me préparer à de futures urgences, nous déclare Mona. Les choses vont commencer à s’améliorer, si Dieu le veut »

Yasmeen 1 Wissam Nassar pour Action contre la Faim

Gaza

Wissam Nassar pour Action contre la Faim

Yasmeen 2 © Wissam Nassar
pour Action contre la Faim

Gaza

Wissam Nassar pour Action contre la Faim

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YASMEEN –DEIR AL BALAH

« J’habite toute seule alors c’était pratique d’avoir mon salon de coiffure chez moi, je lui ai dédié un espace, m’explique Yasmeen en m’introduisant chez elle. Cette maison a été partiellement détruite pendant la dernière guerre. On a pu faire quelques travaux avec les dédommagements mais il nous reste beaucoup de travail. Regarde, tu vois les ravages ? »

Yasmeen est célibataire et habite toute seule dans un quartier conservateur de Gaza. Elle nous parle de ses parents qui sont décédés, de son père, notamment, qui a été tué pendant la guerre en 2014. « Mes parents m’ont toujours soutenue pour finir mes études et être indépendante économiquement ».  Plus loin, elle nous montre la maison de ses frères. « Ils veulent contrôler ma vie et mon travail. J’ai souffert des abus de leur part et de la part de leurs femmes plus d’une fois. Du coup j’apprécie mon indépendance, j’en profite. »  

Après avoir obtenu un diplôme de coiffure et de beauté en 2007, elle a travaillé comme esthéticienne et coiffeuse à domicile. Mais les guerres à Gaza ont compliqué sa situation. Elle s’est reconvertie dans l’élevage de moutons pour pouvoir survivre, même si elle n’y connaissait rien. Grâce au programme de relance économique d’Action contre la Faim, elle a pu ouvrir son salon de coiffure et de beauté. « J’ai ma propre affaire et je sais pourquoi je me lève tous les matins. Même si je mariais un jour, laisser mon affaire n’est pas une option » affirme-t-elle. Elle aspire à avoir un salon en-dehors de sa maison et à pouvoir employer d’autres femmes. Normalement, Yasmeen n’a plus besoin d’autres fonds pour poursuivre.

Grâce à la formation d’Action contre la Faim, Yasmeen a appris à gérer les réseaux sociaux et à faire du marketing. Elle a également appris à tenir son budget pour agrandir son salon.

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