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République Centrafricaine épargne solidaire © Gabin Naganda pour Action contre la Faim

Témoignages

République Centrafricaine

Des groupes d’épargne solidaire pour lutter contre le manque de moyens

 

Dans le nord du pays, Action contre la Faim a mis en place des activités avec les producteurs pour renforcer leurs compétences, créer des emplois durables et pérenniser les filières agropastorales porteuses.

 

 

 

Ella Monkpem est détaillante au principal marché de Bossangoa où elle vend des produits vivriers qu’elle achète auprès des semi-grossistes ou des producteurs sur les marchés hebdomadaires. A 31 ans, son activité permet de générer la majeure partie des revenus pour subvenir aux besoins de ses trois enfants. « Mon mari ne perçoit pas régulièrement son salaire. Il a des salaires impayés par la mairie. Je suis obligée de prendre en charge tous les besoins de la famille. Mais, dès qu’il a son revenu nous assumons les dépenses ensemble ». Elle assume majoritairement les frais liés à la nourriture, la santé et bien d’autres besoins de sa famille.  

Il y a six mois, Ella a dû arrêter son petit commerce de produits vivriers qu’elle pratiquait depuis 11 ans. Elle avait en effet utilisé le capital de son activité pour subvenir aux besoins de son ménage, ce qui l’a laissé sans argent pour acheter sa marchandise. Ella s’est alors lancée seule dans la production maraichère au bord du fleuve Ouham. Mais un jour, les hippopotames sont entrés dans son jardin et ont détruit ces légumes réduisant à néant son labeur.

"Je me suis à nouveau retrouvée sans rien."
Ella Monkpem
Bossangoa

«  Heureusement, une amie de mon quartier Sembe 3 m’a parlé d’un groupe d’entraide crée par Action contre la Faim. C’est une association d’épargne et de crédit qui permet d’emprunter de l’argent et de démarrer ou relancer un commerce avec de l’accompagnement. C’est une grande opportunité pour moi par rapport à la situation difficile que nous vivons ma famille et moi. »

 

Créer des associations villageoises d’épargne pour favoriser l’emploi

 

 

La jeune agricultrice a rejoint l’Association Villageoise d’Epargne et de Crédit (AVEC) de son quartier qu’Action contre la Faim soutient à travers l’approche chaîne de valeur dans le cadre du projet Bêkou résilience rurale. Les membres cotisent un montant d’argent, constituant une caisse d’épargne qui est ensuite utilisée à tour de rôle comme crédit pour chacun des projets individuels des participants. Les règles de fonctionnement ainsi que les montants des cotisations et des intérêts sont fixés par le groupe qui bénéficie d’un accompagnement à la gestion financière de la part d’Action contre la Faim.

Dans le groupe d’AVEC d’Ella, la part à cotiser à chaque réunion hebdomadaire est 500 FCFA. Le taux d’intérêt appliqué est de 10%. « Après avoir acheté 6 parts, j’ai demandé un crédit de 9000 FCFA avec un intérêt de 900 FCFA à rembourser en janvier pour reprendre mon petit commerce ».

Le crédit emprunté par Ella à son groupe d’AVEC lui a permis d’acheter 4 ngawis (grandes bassines en métal servant de mesure sur les marchés) et des courges qu’elle a revendues, ce qui lui a rapporté un chiffre d’affaire de 13 500 FCFA en une semaine. Elle a acheté la seconde fois 5 ngawis de courges qui ont été vendu aussitôt. Actuellement, Ella a diversifié les produits vivriers qu’elle vend : « en plus de la courge qui m’a permis de relancer mon activité, j’ai ajouté la vente d’arachides décortiquées et du haricot. Je me bats pour rembourser le crédit et en reprendre car j’ai compris que l’argent que je dois rendre au groupe me reviendra à la fin du cycle de l’AVEC. 3 semaines après le prêt je vois déjà les résultats, j’ai foi que mon activité va prospérer.  Je trouve actuellement que la part à cotiser est faible, j’aurai voulu qu’elle soit fixée à 2500 FCFA. Je me projette dans 9 mois pour renforcer mon activité ».

Ella souhaite que son groupe d’AVEC se pérennise pour lui permettre d’avoir plus d’argent afin qu’elle passe de détaillante à semi-grossiste et même plus pour la vente des produits vivriers.

Depuis 2019, le programme « Renforcer la résilience rurale et appuyer le relèvement des producteurs et des filières agropastorales porteuses par le renforcement des capacités locales et la création d’emplois dans l’ensemble des préfectures du Nord de la RCA » a permis la constitution de 17 d’associations d’épargne et de crédit villageoises, soutenant 390 personnes. Le projet est soutenu par le fonds Bêkou (espoir en Sango), le Fonds fiduciaire européen pour la République Centrafricaine.

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