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Diagnostic des besoins dans les 3e et 15e arrondissements de Marseille

L’isolement, toujours plus important, des personnes précaires a incité Action contre la Faim à se concentrer sur les habitants de ces territoires et à leur donner la parole afin de comprendre l’impact socio-économique que la pandémie a sur elles.

Les ménages enquêtés cumulaient déjà un certain nombre de vulnérabilités avant la pandémie: familles nombreuses, familles monoparentales, personnes extracommunautaires à l’Union Européenne et à l’espace Schengen. L’enquête confirme que ces familles sont les premières impactées par les plans financier et sanitaire, et ce de manière alarmante, par la crise de la COVID-19. En effet, nombre d’entre elles, qui subsistaient grâce à des activités informelles (39 % avant le confinement), ont vu leur unique source de revenus s’annuler brusquement (chute de 21 points). En miroir, les familles déclarant n’avoir aucune source de revenus, ni même les aides sociales et familiales, sont passées de 5,5 % à 18,5 %. D’ailleurs 47 % des ménages ont mentionné être endettés, laissant présager une dégradation de leur situation sur la durée.

Les impacts de l’épidémie sur la couverture des besoins vitaux de première nécessité sont visibles. On constate une augmentation des problématiques d’accès à l’alimentation, entraînant des stratégies d’adaptation néfastes mises en œuvre par les ménages, du fait du manque de ressources financières. Ainsi 33 % des ménages interrogés ont mentionné que le nombre de repas par jour et par adulte a diminué pendant le deuxième confinement.

Malgré un sacrifice notable des adultes pour subvenir aux besoins alimentaires des enfants, et le fait que ces derniers bénéficiaient souvent de la cantine scolaire lors du second confinement, 19 % des personnes enquêtées mentionnent que le nombre de repas par jour et par enfant a diminué pendant cette période. L’indice domestique de la faim est de fait très préoccupant, avec 8 % de la population interrogée en situation d’insécurité alimentaire sévère, 37 % en situation d’insécurité alimentaire modérée et 55 % présentant un niveau de faim faible dans le ménage. Cette enquête montre que l’aide alimentaire reçue par les familles accompagnées ne leur garantit pas un accès à une alimentation suffisante, de qualité, durable, respectant leurs préférences alimentaires et adaptée à leurs besoins nutritionnels.

Les personnes interrogées subissent une extrême précarité financière, alimentaire et sanitaire, les rendant vulnérables au moindre choc. Sans actions coordonnées entre les acteurs institutionnels et associatifs, favorisant un accompagnement social et financier à la hauteur des enjeux, la situation de ces ménages continuera à se dégrader. Les inégalités sociales s’en trouveront renforcées et détérioreront la cohésion sociale, la santé et les finances publiques sur le long terme. Nous souhaitons des solutions d’urgence mais aussi pérennes, dignes et adaptées aux personnes, afin d’assurer leur sécurité alimentaire et leur accès à l’hygiène.

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