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Action contre la Faim Cameroun ®Christophe Da Silva
pour Action contre la Faim

Communiqués de presse

Sahel

Une période de soudure à haut risque !

En effet, la période de soudure – entre l’épuisement des réserves et le début de la récolte – commence maintenant et s’ajoute à une situation déjà dramatique. Les chiffres sont particulièrement alarmants puisque 29 millions de personnes au Sahel ont besoin d’assistance et de protection dans la région du Sahel (incluant Burkina Faso, Nord Cameroun, Tchad, Mali, Niger, Nord-Est du Nigeria, Sénégal et Mauritanie). C’est trois fois plus qu’il y a deux ans. Le nombre de personnes nécessitant une action immédiate a également été multiplié par près de huit, atteignant 143 000 personnes en 2019 et avec une prévision de 811 000 d’ici la fin 2021 en Mauritanie, Mali, Burkina Faso, Niger et Tchad.

 

La COVID-19 et l’insécurité entraînent une baisse de la couverture santé

 

« Par rapport aux pénuries alimentaires précédentes, cette année est différente et beaucoup plus grave. Aujourd’hui, les populations arrivent à cette période déjà très affaiblies physiquement et mentalement, parce qu’elles n’ont pas eu les consultations et le suivi médical nécessaires » prévient Mamadou Diop, représentant régional d’Action contre la Faim en Afrique de l’Ouest.

En effet, les mesures restrictives liées à la pandémie, ainsi que la peur de la contagion, du vaccin et de la stigmatisation de la maladie, ont eu un impact sur les conditions de mise en œuvre des programmes de nutrition: interruption des filières d’approvisionnement en produits nutritionnels ou préventifs, limitation des réunions communautaires, des examens et des activités en groupes, abandon des centres de santé par les populations.

« Parfois la réponse à la COVID-19 s’est faite au détriment d’autres couvertures nécessaires tels le paludisme et la rougeole. De plus, la peur et les croyances des populations affectent les campagnes de vaccination classiques comme le BCG ou la polio », explique Mamadou.

A cela s’ajoute une l’insécurité croissante, portant le nombre actuel de personnes déplacées et de réfugiés à 5,3 millions de personnes.

La violence entraîne un double problème d’accès : d’une part, celui des communautés aux services de base (soins de santé, éducation, accès à l’eau et aux infrastructures sanitaires) et, d’autre part, celui des acteurs humanitaires, qui sont de plus en plus exposés aux conséquences du conflit et de l’insécurité et qui, en raison des mesures de sécurité, ne peuvent pas toujours accéder et aider les populations vulnérables.

 

L’effondrement des moyens de subsistance

 

La pandémie a entraîné une augmentation alarmante de l’insécurité alimentaire : fermeture des marchés, baisse de la production agricole, perturbation des activités économiques des ménages, réduction et disparition des possibilités d’emploi formel et informel, mais aussi de graves perturbations dans l’approvisionnement et interruption des chaînes de valeur.

Les analyses montrent que plus de la moitié des ménages du Sahel ont des difficultés à accéder à des aliments nutritifs abordables ou sont incapables de le faire. L’inflation est désormais estimée à plus de 10 % au-dessus de la moyenne des cinq dernières années. Cela démontre la nécessité de renforcer la mise en place de systèmes alimentaires durables et résilients aux aléas, notamment via des projets en agroécologie, garantissant la disponibilité d’aliments nutritifs, diversifiés et sains afin de préserver la biodiversité.

 

AGIR maintenant

 

Avec l’arrivée de la période de la soudure, nous entrons dans une situation d’urgence mettant en danger la vie des populations les plus vulnérables, notamment les femmes, les enfants de moins de cinq ans et les personnes âgées. Sans des mesures et une aide d’urgence, la situation de plus de 13 millions de personnes en situation d’insécurité alimentaire grave continuera de s’aggraver. Le nombre de personnes souffrant de la faim va augmenter, et plus de 1,6 million d’enfants souffrant de sous-nutrition sévère ne seront pas soignés. Beaucoup d’entre eux pourraient mourir ou subir des dommages mentaux et physiques irréversibles.

Année après année, Action contre la Faim alerte sur les conséquences dramatiques de la période de soudure dans le Sahel. La faim dans le Sahel n’est pas une fatalité, les causes structurelles de l’insécurité alimentaire dans le Sahel ne peuvent plus être ignorées. En plus de la réponse d’urgence, il faut redoubler d’efforts pour investir massivement dans le renforcement des capacités de résilience des populations. Garantir le financement des services essentiels et l’accès des populations les plus vulnérables à ces services est crucial pour garantir leur sécurité alimentaire et nutritionnelle sur le long-terme.


Contact presse :

Mathieu Fortoul
mfortoul@actioncontrelafaim.org
+33 7 89 31 55 58

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