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Communiqués de presse

Les risques liés au dérèglement climatique remettent en cause les progrès accomplis depuis 10 ans dans la lutte contre la faim

Sans actions immédiates et conjointes des gouvernements et de la communauté internationale pour agir de concert contre la faim, notamment via la mise en œuvre de systèmes alimentaires qui soient durables d’un point de vue environnementale et résilients vis-à-vis des impacts du dérèglement climatique, il est illusoire d’espérer atteindre les objectifs d’éradication de la faim d’ici 2030.

Le nombre de personne souffrant de la faim a atteint 821 millions en 2017. Une personne sur neuf est ainsi sous-alimentée dans le monde. Après des années de baisse progressive, les chiffres de la faim augmentent pour la troisième année consécutive. Or cette baisse vient contrecarrer les progrès réalisés auparavant : le nombre de personnes souffrant de la faim est similaire à celui d’il y a 10 ans !  Cette situation s’illustre à la fois par le retour des phénomènes de faim extrême dans les zones de conflits (comme dans le Kasaï en République Démocratique du Congo, ou au Yémen), mais aussi par une augmentation du nombre de personnes souffrant d’insécurité alimentaire dans des zones plus stables.

S’il convient ainsi de rappeler que, pour lutter efficacement contre la faim, il faut briser le lien entre faim et conflit (75% des personnes souffrant de malnutrition vivent dans des zones de conflit), la faim s’inscrit dans une dynamique de long terme en grande partie entretenue par le dérèglement climatique. 600 millions de personnes supplémentaires souffriront ainsi de la faim d’ici à 2080 à cause des dérèglements climatiques. Les pays les plus touchés par la faim sont également ceux qui sont les plus touchés par les aléas climatiques extrêmes et par l’évolution générale du climat.

Cette réalité frappe d’abord les populations les plus pauvres et en particulier les femmes. Si le rapport des agences des Nations Unies énonce les progrès effectués dans la lutte contre la malnutrition, ces progrès sont clairement insuffisants au vu de l’enjeu et risquent d’être remis en question par les impacts du changement climatiques. A ce titre et dans un contexte marqué par la coexistence croissante de cas de sous-nutrition et de surnutrition, un effort particulier doit être fait concernant la promotion de régimes alimentaires durables, diversifiés, sains et nutritifs.

 « Le nombre d’évènements climatiques extrêmes a doublé depuis le début des années 1990. Ces évènements soudains, couplés à un changement progressif du climat et de l’augmentation des températures, ont un impact direct sur la sécurité alimentaire et la malnutrition de millions de personnes qui dépendent de l’agriculture et de l’élevage comme principal moyen de subsistance » note Pascal Revault, le directeur Expertise et Plaidoyer d’ACF France.

Dans des pays où les moyens d’existence sont fortement dépendants des aléas climatiques, on observe ainsi une corrélation forte entre dérèglements climatiques et hausse de la faim. C’est le cas des pays du Sahel où les secteurs de l’agriculture et de l’élevage emploient 65% de la population active et où les faibles pluviométries de l’année dernière ont hypothéqué la sécurité alimentaire de millions d’individus en diminuant drastiquement les disponibilités de ressources fourragères pour les populations pastorales. 

 « Pour pallier à ce problème, il faut repenser entièrement notre approche de l’agriculture et promouvoir des systèmes alimentaires qui soient durables et nutritifs ! L’agriculture est le premier contributeur au changement climatique avec 70% des émissions de gaz, tandis que les sècheresses sont à l’origine de 80% des pertes agricoles. Il est urgent d’adopter une transition agro écologique avec des modes de production qui soient durables et qui bénéficient aux plus vulnérables. » explique Pascal Revault.

 

"Il est urgent d’adopter une transition agro écologique avec des modes de production qui soient durables et qui bénéficient aux plus vulnérables."
Pascal Revault
Directeur Expertise et Plaidoyer, Action contre la Faim

Les plus vulnérables, notamment les petits producteurs doivent être placés aux centres des politiques agricoles et de réponse aux changements climatiques. Les fonds disponibles pour leur permettre de s’adapter doivent être largement augmentés. Au-delà du changement d’échelle, c’est aussi un changement de paradigme qui est nécessaire pour relever le défi de la faim dans un monde au-dessus de 2 degrés.

Une transition agro-écologique est demandée en premier lieu par les protagonistes des systèmes agricoles des pays africains et sud-américains. Ces derniers, premières victimes de la faim et du dérèglement climatique, appellent avec insistance à un changement de pratiques et à une transition agro écologique qui soit durable, nutritive et réellement bénéfique aux plus vulnérables. Appel, qui n’est pour le moment pas entendu comme il se doit par les gouvernements, qu’ils soient du Nord ou du Sud !

 


Pour toute demande d’information ou d’interview, veuillez contacter Mathieu Fortoul
Email : mfortoul@actioncontrelafaim.org
Tél. : +33 1 70 84 72 29 / +33 7 89 31 55 58

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