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Ebola West Point

Communiqués de presse

"Il faut réduire la peur pour espérer surmonter l’épidémie"

Ebola West Point

« Un an après le déclenchement officiel de l’épidémie, on constate des progrès en ce qui concerne la gestion médicale de la crise, mais ils sont particulièrement lents à cause de la résistance que représentent les nombreuses barrières culturelles et anthropologiques » résume Susana Dos Santos, directrice pays d’ACF en Guinée-Conakry, entre août 2013 et février 2015. En une année, la plus grande épidémie d’Ebola de l’histoire a déjà fait plus de 2 170 morts en Guinée.

« Des familles cachent leurs malades ; certains parlent de manœuvres politiques pour détourner l’attention des « vrais problèmes » tels que le manque d’énergie ou d’eau potable ; certains y voit une punition envers des groupes ethniques – comme la communauté du patient zéro dans le village de Melinadou – ou religieux ; d’autres accusent les «blancs» d’avoir apportés la maladie… » ajoute-t-elle. La peur se nourrit de nombreux mythes qui encouragent à la méfiance. Le phénomène a été le même en Europe au retour des personnels de santé infectés. Il est important de tenir compte des barrières culturelles et religieuses. « Nous demandons à la population guinéenne des choses qui vont à l’encontre de leurs préceptes religieux et de leurs habitudes culturelles, comme le fait d’interdire les contacts physiques. Cela rend impossible pour les familles de s’occuper convenablement des malades ou d’enterrer leurs proches, et c’est une chose d’inacceptable dans un pays comme la Guinée. Il faut beaucoup de temps et d’informations pour changer les habitudes » explique Susanna.

Ebola = la faim

Une étude récente, publiée par des experts d’Action contre la faim et de l’Université de Naples Federico III, alerte sur les conséquences de la maladie en sécurité alimentaire, car elle menace le nouveau cycle agricole. En outre, la crise économique provoquée par la réduction des revenus au niveau national et individuel, sera accentuée par les effets de la mise en quarantaine et les restrictions de mobilité des populations. C’est une région où cinq millions de personnes vivent dans l’insécurité alimentaire, mais au cours des dernières années cette prévalence avait été réduite. L’épidémie pourrait inverser la tendance.

Un rapport publié par Action contre la Faim révèle qu’en Guinée l’économie a ralenti de 75% dans les zones urbaines et de 68% dans les zones rurales. Le ministère de l’Agriculture estime que l’année dernière, il y a eu une baisse de la production alimentaire d’environ 130 000 tonnes. L’accès aux marchés a également été limité et les familles ont dû s’adapter. Dans la ville de Forecariah par exemple, beaucoup ont réduit le nombre de repas par jour passant de deux à un en Guinée et de trois à deux repas en Conakry. « De plus, le système de santé du pays s’est effondré et le personnel médical est épuisé après avoir travaillé pendant un an dans les centres de traitement d’Ebola. Ces derniers ont été désertés par les patients, par peur de la contagion, ce qui augmente la prévalence de nombreuses autres maladies liées à la sous-nutrition », a déclaré José Manuel Madrazo référent technique pour ACF qui a travaillé en Guinée l’année dernière.

Selon l’Organisation mondiale de la Santé, dans les zones touchées par le virus Ebola, 1 personne sur 3 a peur de se rendre dans les centres de soins et le nombre de consultations ainsi que les revenus de l’hôpital ont diminué de 50 % en 2014.

« Par le passé il avait déjà eu des épidémies d’Ébola, mais de façon isolé. Par exemple, dans la jungle congolaise, ce qui fait que cette épidémie est plus grave, c’est qu’elle s’est développée dans une zone de forte densité de personnes avec un trafic commercial important et près de trois frontières qui n’existent que sur papier, des conditions particulièrement favorables pour la rendre très mortelle », rappelle Susana Dos Santos.

« On peut imaginer, que cette fois, Ebola est devenue endémique dans la zone et sera un nouvel ennemi à combattre pour tous ceux qui luttent quotidiennement contre la faim en Afrique » ajoute le directeur général d’Action contre la Faim Espagne, Olivier Longué.

La réponse d’Action contre la Faim

Action contre la Faim intervenait déjà en Sierra Leone, au Liberia et en Guinée avant la maladie et a redoublé d’efforts pour répondre à cette nouvelle urgence. Les équipes mettent en place des sensibilisations aux spécificités du virus pour limiter sa propagation ; organisent une surveillance directe des cas à risque ; réhabilitent des points d’eau ; organisent la prévention et le contrôle des établissements de santé non spécialisés en Ebola, etc. En Guinée-Conakry, un anthropologue à récemment rejoint l’équipe afin d’élaborer une stratégie dans le but de faire tomber la résistance de la population contre la maladie.

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