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Communiqués de presse

SAHEL

Au Sahel, l’intervention militaire débattue, les populations abattues

Le débat sur l’efficacité et la légitimité de l’opération française au Sahel ne doit pas occulter le manque de protection dont souffrent les populations civiles, prises en étau entre les groupes armés, les milices et les forces de sécurité nationales ou internationales.

« Tous acteurs confondus, les réponses militaires au Sahel en cours font autant partie du problème que de la solution. Au Mali 80 000 des personnes déplacées en 2019 déclarent avoir fui suite aux opérations militaires. Nous demandons donc de mettre la protection des populations au cœur du débat au Sahel » interpelle Maureen Magee, Directrice régionale du NRC.

Face à la gravité de la situation, les différents acteurs politiques et militaires doivent avant tout prendre leurs responsabilités envers les populations civiles et opérer un virage vital en commençant par garantir le respect du Droit International Humanitaire afin de contribuer à la protection de toutes les populations sans discrimination. Tout en renforçant impérativement la réponse humanitaire d’urgence, les Etats doivent également dans la mesure du possible soutenir des solutions durables pour les déplacés, la mise en place et le bon fonctionnement de la justice et des services sociaux de base.

« Les déplacements massifs, plus d’un demi-million de personnes en 2019, ont contribué à multiplier quasiment par trois, par rapport à l’année passée, le nombre de personnes en insécurité alimentaire et nutritionnelle sur la zone du Sahel central » déplore Mamadou Diop, le Représentant Régional d’Action contre la Faim.

Au Burkina-Faso, Victorine témoigne : « nous n’avons pas d’accès à l’eau, nous n’avons pas d’abris, plus aucune ressource, je ne peux pas manger tous les jours, sans aide humanitaire je ne peux pas subvenir aux besoins de ma famille ».

Malgré les investissements massifs dans les interventions militaires au Sahel, les violences n’ont fait que croître en 2019, année qui s’est tragiquement terminée avec le massacre d’Arbinda, la veille de Noël, causant la mort de 35 civils, dont 31 femmes. « Il semble évident qu’une réponse uniquement militaire ne fonctionne pas, il faut regarder la réalité en face et explorer et investir de

manière conséquente dans des solutions non- militaires, avec et pour les communautés affectées, et se mobiliser d’urgence pour répondre aux besoins humanitaires qui explosent » conclut Adama Coulibaly, Directeur Régional d’Oxfam. En 2019, les plans de réponse humanitaire n’ont été financés qu’à 50%.

Des porte-parole sont disponibles pour des interviews dans la région.


Notes aux rédactions :

La crise du Sahel en chiffres

· Le nombre de victimes d’attaques de groupes armés a été multiplié par cinq en trois ans au Burkina Faso, au Mali et au Niger

· Plus de 4.000 décès dus à cette violence ont été signalés en 2019 dans ces 3 pays, contre 770 décès en 2016 (source : UN).

· Au Mali, les opérations militaires ont poussé 80 000 personnes à se déplacer en 2019 (source : NRC)

· En 2019, plus d’un million de personnes – deux fois plus que l’an dernier – ont été déplacées à l’intérieur des frontières des cinq pays du Sahel (source : UN)

· Selon les résultats consolidés des analyses du Cadre Harmonisé conduites dans les 16 pays du Sahel et de l’Afrique de l’Ouest, plus le Cameroun, près de 10.8 millions de personnes sont en phase de crise alimentaire à pire (Ph3-5) sur la période d’Octobre à Décembre 2019 (4.2 millions Ph3-5 sur les pays du G5 Sahel, soit 5% de la situation en situation de crise ou pire). Selon les projections pour la prochaine période de soudure (Juin à Août 2020), ce chiffre pourrait atteindre 15.5 millions (pour les pays du G5 Sahel, 6.6 millions, soit 8% de la population).

· L’aide humanitaire française dans les pays du G5 Sahel ne représentait que 2,3% de l’aide humanitaire française dans le monde en 2017

· L’aide humanitaire française dans les pays du G5 Sahel ne représentait que 0,6% de l’APD française dans ces mêmes pays en 2017 (source : Creditor Reporting System de l’OCDE) ;

· Seulement la moitié du plan de réponse humanitaire des Nations Unies au Mali a été financé en 2019 : la France n’a contribué que 1,5% des fonds alors que l’Allemagne a contribué à hauteur de 9,5% (source : Financial Tracking Service).

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