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Pagak Reception Center © Action contre la Faim Ethiopie

Communiqués de presse

Ethiopie

À la frontière entre l’Ethiopie et le Soudan du Sud, la malnutrition frappe un enfant sur cinq

Si le monde entier est au courant du conflit dans la région du Tigré, en Éthiopie, une autre crise se déroule dans l’ouest du pays. En février, le nombre de réfugiés et de demandeurs d’asile a doublé au centre d’accueil de Pagak, à la frontière entre l’Éthiopie et le Soudan du Sud, en raison du conflit, de l’insécurité alimentaire et des inondations au Soudan du Sud.

Pagak, un centre d’accueil temporaire de la taille de deux terrains de football, est surpeuplé et n’est pas assez équipé pour faire face aux besoins importants en eau, en assainissement, en santé et en alimentation des plus de 16 000 personnes qui y trouvent actuellement refuge. Du 17 au 19 février 2021, Action contre la Faim a mené un dépistage de masse auprès de 1 979 enfants réfugiés de moins de cinq ans au centre d’accueil de Pagak. Les données ont montré que 20,8 % des enfants souffraient de malnutrition aiguë, dont 7 % de malnutrition aiguë sévère, la forme la plus meurtrière de la faim. Un taux plus de deux fois supérieur à celui que l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés considère comme une grave urgence de santé publique.

« La vie était belle. Nous avions assez à manger. Jusqu’au jour où mon mari est décédé pendant la guerre civile… Je suis venue ici parce que mes enfants mouraient de faim », déclare Nyabuony Puoch, 30 ans et mère de quatre enfants. La famille a marché pendant sept jours afin de pouvoir emprunter de l’argent pour payer le transport jusqu’à Pagak. La plus jeune fille de Nyabuony reçoit actuellement un traitement contre la sous-nutrition.

En temps normal, les personnes comme Nyabuony sont placées dans des camps officiels quelques semaines après leur arrivée à Pagak, mais le COVID-19 a paralysé l’enregistrement et la relocalisation. Des milliers de familles sont donc coincées dans des camps surpeuplés, où elles sont exposées à la faim et à la maladie. L’étendue de la propagation du COVID-19 est inconnue car le dépistage est inadéquat.

Beaucoup de nouveaux réfugiés et demandeurs d’asile arrivent sous-alimentés après avoir voyagé pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines. Selon Action contre la Faim, plus de 70 % des habitants de Pagak sont des femmes et des enfants.

« La situation est désastreuse », déclare Abdulwasi Yusuf, coordinateur d’Action contre la Faim pour la région de Gambela en Éthiopie, où se trouve Pagak. « Les produits alimentaires sont extrêmement limités. De nombreuses mères de famille réfugiées ont dû aller chercher des feuilles et des noix dans la forêt afin de se nourrir et de nourrir leurs enfants. Beaucoup de familles n’ont pas d’abri sont exposées à un soleil de plomb et à d’autres conditions extrêmes jour et nuit, sans aucun répit. »

À Pagak, les services d’eau et d’assainissement sont de mauvaise qualité, il n’y a pas d’hôpital et les autres services essentiels sont insuffisants. Les conditions du centre d’accueil accélèrent la propagation de maladies telles que le choléra et le COVID-19 est une réelle menace. De nombreux réfugiés ont besoin d’un traitement médical contre la sous-nutrition ou d’autres problèmes de santé, mais le centre de santé le plus proche se trouve à plus de 16 km, sans système de transport fiable.

Action contre la Faim demande au gouvernement éthiopien de reprendre l’enregistrement des réfugiés et des demandeurs d’asile, ce qui permettrait aux autorités de placer des milliers de familles vulnérables de Pagak dans des camps officiels. Ses équipes fournissent également des traitements nutritionnels vitaux aux jeunes enfants de Pagak, avec le soutien du Programme alimentaire mondial, de l’UNICEF et de l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés. L’organisation distribue des biscuits à haute teneur en énergie aux enfants, aux femmes enceintes et aux mères allaitantes et a intensifié son programme de nutrition d’urgence.

« La vie ici est dure parce que nous venons de loin et que nous n’avons pas assez de produits de première nécessité, comme de la nourriture, des ustensiles, un bon abri, du savon et des draps. Nous allons chercher du bois pour nous chauffer et des fruits pour les vendre, et nous proposons des services aux commerçants, comme le transport de l’eau », a déclaré Puoch. « Même si je souffre, je préfère cela que de revenir en arrière. »

« Pagak n’est pas un camp de réfugiés. C’est un centre d’accueil où les gens sont censés rester quelques jours ou quelques semaines, et non pas des mois », déclare Panos Navrozidis, directeur national d’Action contre la Faim en Éthiopie. « Nous demandons au gouvernement éthiopien, aux Nations Unies et aux donateurs de soutenir le transfert d’urgence du centre d’accueil dans un lieu plus approprié. Nous devons améliorer les conditions du centre d’accueil en menant des interventions en santé et nutrition, en distribuant de la nourriture, en fournissant des services d’eau, d’assainissement et d’hygiène de base et en effectuant plus de tests de dépistage du COVID-19. »

 

Action contre la Faim en Éthiopie

 

Les équipes d’Action contre la Faim en Éthiopie, opérationnelles depuis 1985, fournissent des services vitaux aux communautés qui en ont le plus besoin dans les secteurs de la nutrition, de la sécurité alimentaire, de la santé mentale et de l’eau, l’assainissement et l’hygiène. En 2019, ses 615 employés sont venus en aide à plus de 950 000 personnes en menant des programmes tenant compte de la dimension du genre pour promouvoir la sécurité alimentaire et les moyens d’existence, le traitement de la sous-nutrition et des services d’eau, d’assainissement et d’hygiène qui favorisent la résilience à long terme.

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