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Prendre en compte la santé mentale à Action contre la Faim
Un ensemble de raisons ont convergé vers la question de la prise en charge des bénéficiaires traumatisé : des interrogations du terrain sur les limites de notre approche, la volonté du siège d’améliorer la qualité de nos services, l’expérience des programmes psycho-sociaux menés par différentes ONG en Europe de l’Est, un questionnement éthique sur les besoins des bénéficiaires au niveau psychologique.
L’idée d’un projet-pilote a germé avec pour objectif de définir des propositions sur la prise en compte de la santé mentale dans les programmes d’Action contre la Faim en s’appuyant notamment sur les éléments suivants :
- Les situations dans lesquelles intervient Action contre la Faim sont souvent des situations de crises, de déstructuration sociale et/ou de violences politiques et/ou physiques, qui ont Rapport « santé mentale à Action contre la Faim »/Février 2001/Cécile Bizouerne 6 nécessairement un impact sur la santé mentale des bénéficiaires, des équipes nationales et des expatriés, ne serait-ce que par le bouleversement de la vie habituelle et la perte des repères qu’elle entraîne. Comment Action contre la Faim peut-elle tenir compte de cet aspect dans son travail au quotidien ?
- Les bénéficiaires ont souvent vécu ou été témoins d’exactions, de violences physiques et/ou sociales, ont dû abandonner leur maison et leurs terres, ne savent pas ce que sont devenus certains de leurs proches… Face à cette souffrance psychique, quelles réponses Action contre la Faim peut-elle apporter ? Comment peut-elle encore améliorer les services qu’elle propose tant dans l’urgence que dans la post-urgence ou les situations plus chroniques ?
- Comment éviter notamment que le passage dans les centres de nutrition n’aie un effet traumatisant supplémentaire pour des personnes déjà très vulnérables ?
- Comment essayer de prévenir les effets psychiques à moyen et long terme des traumatismes subis ?