Communiqué de presse

Super El Niño 2026 : des crises alimentaires et nutritionnelles prévisibles selon Action contre la faim

L'analyse mise à jour du NOAA le 9 juillet, corroborée par les principaux modèles climatiques internationaux, indique que le phénomène El Niño devrait atteindre une intensité très forte en 2026. Pour Action contre la Faim, ces prévisions constituent un signal d'alerte : les conséquences humanitaires pourraient être majeures dans des contextes déjà fragilisés par les conflits, les crises économiques et le changement climatique. Cette prévisibilité impose une responsabilité collective : agir avant que la catastrophe ne se produise plutôt que d'attendre pour répondre à l'urgence.

Un risque connu, des conséquences prévisibles

Les précédents épisodes El Niño ont démontré leur capacité à perturber les régimes de précipitations, amplifier les phénomènes météorologiques extrêmes et fragiliser durablement les moyens d’existence des populations déjà vulnérables. Dans plusieurs pays d’intervention d’Action contre la Faim, les conséquences attendues sont particulièrement préoccupantes :

Anticiper et se préparer pour limiter les impacts pour les plus vulnérables

« Nous savons qu’El Niño arrive. Nous savons où les populations seront les plus exposées aux risques et nous connaissons les types d’impacts auxquels elles devront faire face. Lorsque ceux-ci arrivent sur des crises humanitaires majeures comme au Nigeria, en RDC ou au Tchad, ils agissent comme démultiplicateurs des vulnérabilités. Attendre que la crise se matérialise avant d’agir a un coût humain inacceptable et un coût économique considérable », souligne Rowan Cody, Directrice Déléguée Préparation et Réponse aux Urgences d’Action contre la Faim.

L’organisation renforce ainsi l’intégration des actions anticipatoires dans ses dispositifs de préparation aux urgences. En parallèle des plans de contingence développés dans les pays d’intervention, du renforcement des capacités locales de préparation et de réponse, de l’amélioration des systèmes d’alerte précoce et de la coordination avec les autorités nationales et les acteurs locaux, des mesures concrètes sont mises en place pour assurer une réactivité adéquate lors de la venue de l’urgence.

Dans les zones exposées aux catastrophes soudaines, telles que les cyclones ou les inondations, Action contre la Faim pré-positionne des kits d’eau, d’hygiène et d’assainissement pour assurer un accès à de l’eau propre et potable et ainsi limiter les risques de maladies hydriques tel que le cholera ou la diarrhée. De même, des kits non alimentaires incluant des ustensiles essentiels sont stockés pour répondre aux besoins des personnes déplacées lors des catastrophes.

Dans les zones menacées par la sécheresse prolongée et les épisodes de chaleur extrême, les mesures incluent par exemple ; le pré-positionnement de stocks d’aliments thérapeutiques prêts à l’emploidestinés au traitement de la malnutrition aiguë sévère, le renforcement de la surveillance nutritionnelle, et le soutien aux communautés pour préserver leurs moyens d’existence avant l’aggravation des chocs climatiques.

Pourtant, les financements humanitaires demeurent encore largement orientés vers la réponse après catastrophe plutôt que vers la prévention des impacts.

« Il est nécessaire d’augmenter les financements flexibles et prévisibles dédiés à l’anticipation et la préparation des crises climatiques, tout en maintenant les financements dédiés à l’adaptation au changement climatique. » ajoute Rowan Cody.

Alors que les effets du changement climatique multiplient la fréquence et l’intensité des aléas climatiques, l’enjeu n’est plus de savoir si une intervention sera nécessaire, mais d’agir suffisamment tôt pour éviter qu’un choc climatique prévisible ne se transforme en catastrophe humanitaire.

Des portes paroles sont disponibles sur les sujets suivants : préparation aux urgences et actions anticipatoires, impacts dans nos terrains d’intervention, questions des financements.


[1] « Le dipôle de l’océan Indien est un phénomène climatique qui affecte l’océan Indien. Lors d’une phase positive, les eaux chaudes sont repoussées vers la partie occidentale de l’océan Indien, tandis que les eaux froides de profondeur remontent à la surface dans la partie orientale de l’océan Indien. Ce phénomène s’inverse lors de la phase négative du dipôle de l’océan Indien (IOD) ». NASA, Indian Ocean Dipole (IOD) Index – Ocean Surface Topography from Space

[2] FEWSNET, Famine Early Warning Systems Network, Weather & Agriculture Outlook Briefing – June 2026, « Prévisions d’un dipôle de l’océan Indien positif d’ici août 2026. Les épisodes El Niño de forte intensité s’accompagnent souvent d’épisodes de dipôle de l’océan Indien positif. »