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Communiqué de presse

Burkina Faso malnutrition infantile 2017
© Jean-Luc Luyssen pour Action contre la Faim

Rapport SOFI : la faim toujours à des niveaux alarmants, l’Afrique devient l’épicentre mondial.  

Aujourd’hui sort l'édition 2026 du rapport sur L'État de la sécurité alimentaire et de la nutrition dans le monde en 2025 (SOFI). Malgré une légère baisse des chiffres de la faim, Action contre la Faim alerte sur des niveaux qui restent très alarmants, particulièrement pour le continent africain qui atteint des taux historiques.

En 2025, 645 millions de personnes, soit 7,8 % de la population mondiale, ont été confrontées à la faim. On constate une légère baisse de 14 millions par rapport à 2024, en particulier due à des progrès dans la lutte contre la faim en l’Amérique latine, dans les Caraïbes et en Asie. Pour autant, les chiffres de la faim restent à des niveaux particulièrement élevés. Action contre la Faim est par ailleurs très pessimiste sur les évolutions dans un avenir proche. Cette tendance à la baisse est menacée par l’intensification des conflits, notamment au Moyen-Orient, l’aggravation des effets des changements climatiques, l’épidémie d’Ebola en RDC, ou encore les coupes drastiques dans l’aide publique au développement.  

De plus, si la faim baisse de manière globale, les disparités entre les continents se renforcent chaque année.    

L’Afrique devient l’épicentre mondial de la faim  

Le rapport SOFI 2026 rapporte une situation préoccupante pour le continent africain où 1 personne sur 5 souffrait de la faim en 2025. Depuis 15 ans, les chiffres de cette région augmentent de manière alarmante, en 2010, 171 millions de personnes étaient concernées contre 309 millions en 2025. Pour la première fois, l’Afrique compte davantage de personnes souffrant de la faim que l’Asie. L’amplification des conflits, des déplacements, des crises climatiques et économiques comme au Soudan, en RDC, en Somalie et au Nigeria ont eu des impacts majeurs sur l’augmentation de la faim.  

La part des personnes n’ayant pas les moyens de s’offrir une alimentation saine reste la plus élevée en Afrique atteignant 66,6 % en 2025, soit plus du double des niveaux estimés pour l’Asie (28,9 %) et l’Amérique latine et les Caraïbes (25,7 %). Cela conduit à un fort impact sur le manque de diversification alimentaire, particulièrement pour les enfants âgés de 6 et 23 mois.  

En 2025, l’aide publique au développement des pays membres du CAD et ses associés a reculé brutalement de 23,1 % par rapport à son niveau de 2024.  Action contre la Faim a arrêté plus de 50 projets dans 20 pays différents venant en aide à des centaines de milliers de personnes et d’enfants, dont une bonne majorité sur le continent africain.  

Quelques exemples :    

“Ces chiffres font écho à l’explosion des besoins qu’Action contre la Faim observe dans de nombreux pays d’intervention. Action contre la Faim ne peut donc pas se réjouir de cette baisse qui reste par ailleurs limitée. Tout porte à croire que l’objectif “Faim zéro” d’ici à 2030 ne sera pas atteint.“ annonce Perrine Benoist, co-directrice d’Action contre la Faim  

Focus thématique du rapport SOFI 2026 – les coûts d’une alimentation saine 

Chaque année, le rapport SOFI se concentre sur un sujet précis, la thématique 2026 étant : “Comprendre et adresser le coût élevé d’une alimentation saine”. (1)  

En 2025, encore un tiers de la population mondiale (32.7 %) n’a pas les moyens de s’offrir une alimentation saine.   

Pour Action contre la Faim, le coût d’une alimentation saine est un indicateur important, mais il ne peut à lui seul guider les politiques publiques. Réduire la faim à une question de prix occulte des causes structurelles plus profondes et risque de fragiliser par exemple les revenus des producteurs et productrices, alors qu’une rémunération digne les concernant est essentielle. Il est donc essentiel d’agir sur les inégalités et les rapports de force qui traversent l’ensemble de la chaîne alimentaire, de la production à la consommation.  

La lutte contre la faim doit nécessairement passer par une transformation des systèmes alimentaire. Il est essentiel que l’agroécologie paysanne et l’agriculture locale soient au coeur de ce processus car ce sont les seules capables de garantir des régimes alimentaires diversifiés, justes et de qualité. Plus que jamais, la réalisation du droit à l’alimentation doit être au cœur des décisions publiques.