Communiqué de presse
Face à la hausse de la malnutrition en Afghanistan, des mesures urgentes s’imposent pour prévenir et traiter la faim
Alors que les besoins humanitaires restent critiques en Afghanistan, où près de 22 millions de personnes ont besoin d’aide, Action contre la Faim est confrontée à une augmentation alarmante du nombre de cas pris en charge dans ses centres de santé et de nutrition et avertit que la malnutrition continue de représenter une menace grave, en particulier pour les enfants.
La méconnaissance de la malnutrition, les retards de prise en charge et l’accès limité aux services essentiels augmentent le risque de complications graves, tandis que les déficits chroniques de financement menacent la continuité de l’aide vitale et limitent les efforts visant à prévenir la malnutrition avant que les enfants n’aient besoin d’un traitement.
Depuis le début de l’année, l’Afghanistan a été frappé par une succession de chocs climatiques, allant d’un hiver rude à une sécheresse et des pénuries d’eau qui ne cessent de s’aggraver, accentuant ainsi les vulnérabilités dans les zones reculées et rurales. Dans les communautés touchées, le manque d’eau pour l’irrigation a contribué à des pertes de récoltes et à une détérioration de la sécurité alimentaire, ne laissant d’autre choix à certaines familles que d’abandonner leurs foyers à la recherche de moyens de subsistance et de produits de première nécessité.
En juin 2026, l’unité nutritionnelle thérapeutique de Kaboul (TFU) a enregistré 142 nouvelles admissions, soit une augmentation de 149 % par rapport à la même période en 2025. Des tendances similaires ont été observées dans toutes les autres provinces où Action contre la Faim intervient, obligeant les établissements de santé à renforcer leurs capacités pour répondre à des besoins croissants. À Lashkar Gah, dans la province de Helmand, une forte augmentation du nombre de cas a conduit l’établissement TFU à faire passer sa capacité d’accueil de 45 à 72 lits, puis à 118, en l’espace de quelques semaines seulement.
Derrière ces chiffres se cachent des familles qui luttent pour sortir d’un cycle de pauvreté et de malnutrition récurrente. À l’unité TFU de Charsada, dans la province de Ghor, un enfant de cinq mois a été admis pour la troisième fois de sa courte vie afin de suivre un traitement contre la malnutrition. Comme de nombreuses familles de Ghor, la sienne dépend de l’agriculture de subsistance tant pour se nourrir que pour subvenir à ses besoins. Les épisodes de sécheresse récurrents et d’autres chocs climatiques ont réduit à plusieurs reprises les récoltes et les revenus. En conséquence, les enfants sortis de l’hôpital après un traitement retournent souvent dans des foyers qui ne disposent toujours pas des ressources nécessaires pour leur fournir l’alimentation nutritive dont ils ont besoin pour se rétablir et grandir.
Pourtant, le traitement de la malnutrition ne suffit pas à lui seul. Action contre la Faim promeut une approche intégrée qui combine les services nutritionnels avec un soutien à la sécurité alimentaire et aux moyens de subsistance, aidant ainsi les familles à mieux répondre à leurs besoins fondamentaux, réduisant la pression qui les pousse à faire des choix difficiles en raison de difficultés économiques et diminuant le risque de retomber dans une situation de crise. Cette approche est complétée par une démarche communautaire qui donne aux communautés locales les moyens d’identifier et de relever les défis nutritionnels, garantissant ainsi des solutions plus durables et pérennes contre la malnutrition.
L’impact de ces investissements va au-delà de la sécurité alimentaire. Après avoir lancé avec succès une entreprise de couture grâce au soutien d’Action contre la Faim, une mère a pu augmenter ses revenus, subvenir aux besoins nutritionnels de sa famille, reporter le mariage de sa fille de 14 ans jusqu’à l’âge adulte et l’aider à reprendre le chemin de l’école.
« S’attaquer aux causes profondes de la faim est essentiel pour réaliser des progrès durables dans la lutte contre la malnutrition. »
Cobi RIETVELD, directrice pays d’Action contre la Faim en Afghanistan
« Lorsque les familles ont les moyens de gagner leur vie et de subvenir aux besoins de leurs enfants, les bénéfices vont bien au-delà de la nutrition : cela leur permet de subvenir à leurs besoins dans la dignité, de protéger l’avenir de leurs enfants et d’aider les communautés à sortir du cercle vicieux de la pauvreté et de la faim. Un financement durable, tant pour les traitements nutritionnels vitaux que pour les programmes à plus long terme, est essentiel pour garantir que les familles vulnérables puissent résister aux chocs futurs et construire un avenir plus sain pour leurs enfants. »