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Communiqué de presse

© Khaula Jamil pour Action contre la Faim

Des taux alarmants de malnutrition infantile à Quetta, dans le Balouchistan

Une récente analyse nutritionnelle menée par Action contre la Faim dans le district de Quetta, en collaboration avec le ministère de la Santé du Balouchistan, révèle que les taux de malnutrition aiguë modérée et sévère dépassent les seuils d’urgence. L’absence d’une alimentation adéquate, les maladies, les mauvaises conditions d’approvisionnement en eau, d’assainissement et d’hygiène, combinés à une forte dépendance vis-à-vis de revenus instables ainsi qu’aux récentes sécheresses et chocs environnementaux, contribuent à l’aggravation de l’état nutritionnel et de l’insécurité alimentaire.

Quetta, capitale de la province du Balouchistan, est le principal centre urbain du sud-ouest du Pakistan et constitue une plaque tournante essentielle pour le commerce, les services de santé et les mouvements de population en raison de sa proximité avec la frontière afghane. Avec plus de 2,27 millions d’habitants, dont des milliers de réfugiés afghans et de migrants, le district connaît une croissance démographique rapide, une urbanisation galopante et une pression croissante sur les services publics. 

En mai dernier, une analyse SMART respectant la méthodologie SMART a été menée à Quetta afin de déterminer la prévalence de la malnutrition aiguë globale chez les enfants âgés de 0 à 59 mois, et de mieux comprendre les problèmes de santé, les pratiques d’alimentation des nourrissons et des jeunes enfants, la sécurité alimentaire, ainsi que les conditions d’approvisionnement en eau, d’assainissement et d’hygiène. 

« Les résultats ont révélé une prévalence de la malnutrition aiguë globale combinée de 29,1 % – le seuil d’urgence étant fixé à 15 % – et la prévalence de la malnutrition aiguë sévère combinée atteint 8,1 %, ce qui est alarmant quand on sait que le seuil d’urgence est de 2 %. La malnutrition aiguë sévère est potentiellement mortelle pour les enfants, et c’est déchirant car il s’agit d’une maladie qui peut être soignée si elle est prise en charge suffisamment tôt », souligne Muhammad Aamir, directeur d’Action contre la Faim au Pakistan. 

La malnutrition chronique reste également très répandue, avec 35,6 % d’enfants souffrant d’un retard de croissance, dont 13,8 % présentent un retard de croissance sévère. Ces résultats reflètent des carences nutritionnelles persistantes à long terme et une exposition répétée à des conditions sanitaires et environnementales défavorables. Par ailleurs, 38,1 % des enfants présentent une insuffisance pondérale, ce qui témoigne des effets combinés de la sous-nutrition aiguë et chronique. 

L’analyse a montré que la situation en matière d’eau, d’assainissement et d’hygiène présente des risques sanitaires importants contribuant à la malnutrition. L’accès à des installations sanitaires améliorées est modéré ; 31,1 % des ménages utilisent encore des installations non améliorées ou pratiquent la défécation en plein air, et 51,3 % éliminent leurs déchets dans des décharges sauvages, ce qui accroît la contamination environnementale. De plus, 81,9 % des ménages ne traitent pas l’eau de consommation, malgré une forte dépendance vis-à-vis des camions-citernes et des sources d’eau communautaires, ce qui accroît le risque de maladies d’origine hydrique et d’infections récurrentes chez les enfants.  

Par ailleurs, l’analyse de la sécurité alimentaire et des moyens de subsistance révèle une forte dépendance à l’égard de sources de revenus instables : 32,9 % des ménages exercent un travail rémunéré à la journée et 31,9 % occupent un emploi salarié, tandis que les moyens de subsistance liés à l’agriculture restent limités. Ces contraintes économiques réduisent le pouvoir d’achat des ménages et la diversité alimentaire, ce qui contribue à un accès insuffisant à la nourriture et accroît le risque de malnutrition infantile.  

« Pour lutter efficacement contre la malnutrition, nous devons privilégier une approche plus intégrée : étendre les services de nutrition dans les communautés les plus vulnérables, renforcer le dépistage précoce et le suivi au niveau communautaire, et veiller à ce que chaque enfant ayant besoin d’un traitement puisse y avoir accès », explique Muhammad Aamir. « Parallèlement, il sera essentiel de s’attaquer à la malnutrition maternelle et de promouvoir de meilleures pratiques d’alimentation des nourrissons et des jeunes enfants — en particulier l’initiation précoce à l’allaitement maternel et l’allaitement maternel exclusif pendant les six premiers mois. L’intégration des soins destinés aux nourrissons vulnérables de moins de six mois dans les services de santé maternelle, néonatale et infantile contribuera également à garantir que les enfants les plus exposés soient identifiés et pris en charge précocement, ce qui leur donnera de bien meilleures chances de grandir en bonne santé. »