• Népal

Communiqué de presse

Crue 26/08/2026
© REUTERS/Navesh Chitrakar

Des inondations meurtrières frappent la vallée de Trishuli

De violentes inondations ont touché la vallée de la rivière Trishuli, dans les districts de Nuwakot et de Rasuwa, au Népal. Cette région, où Action contre la Faim a mis en œuvre des programmes de reconstruction et d'accès à l'eau depuis le séisme de 2015, subit aujourd'hui une catastrophe aux conséquences humaines et matérielles majeures. Environ 273 personnes ont perdu la vie et près d’un millier d’autres sont portées disparues. Le bilan continue de s’alourdir, laissant des communautés entières endeuillées et de nombreuses familles dans l’incertitude.

Pendant près de dix ans, Action contre la Faim et ses partenaires ont accompagné les communautés de cette vallée himalayenne dans la réhabilitation des infrastructures d’eau potable et d’assainissement. Les réseaux construits sur les deux rives de la rivière Trishuli ont permis à des milliers de personnes de retrouver un accès durable à l’eau potable après le séisme dévastateur de 2015.

Les inondations observées aujourd’hui sont liées à un phénomène connu sous le nom de GLOF (Glacial Lake Outburst Flood), c’est-à-dire une rupture brutale de la moraine d’un glacier, sous l’effet de l’accumulation d’eau au pied du glacier, dans le cours supérieur de la rivière, au Tibet. L’accélération de la fonte des glaces due au changement climatique, associée à des précipitations sous forme de pluie à haute altitude, favorise cette accumulation d’eau. Lorsque la pression devient trop élevée, la moraine cède brutalement, provoquant la vidange soudaine du lac glaciaire.

«Cette crue subite est particulièrement dévastatrice, car des masses d’eau considérables dévalent une vallée himalayenne donc très encaissée et abrupte. Elles emportent avec elles les matériaux accumulés par le glacier : boue, blocs rocheux, sédiments et glace. C’est une véritable avalanche liquide qui progresse à très grande vitesse dans les reliefs escarpés de la vallée de Trishuli, qui prend sa source au Tibet pour couler ensuite au Népal », explique Julien Eyrard, responsable Eau, Hygiène et Assainissement chez Action contre la Faim, qui a coordonné la reconstruction des réseaux d’eau au Népal entre 2015 et 2025. 

Ces crues soudaines laissent très peu de temps aux populations pour réagir et sont complexes à anticiper dans ces régions isolées de l’Himalaya. Le village de Bidhur, où les équipes d’Action contre la Faim coordonnaient leurs interventions dans la vallée de Trishuli, a été entièrement détruit et emporté par les eaux. Les dégâts touchent également les infrastructures essentielles. Les réseaux d’approvisionnement en eau et les terres agricoles ont été fortement endommagés, compromettant l’accès à l’eau potable et les moyens de subsistance de nombreuses familles.

« Ces phénomènes, bien que prévisibles en raison du réchauffement, restent extrêmement difficiles à anticiper. En Europe également, certains lacs glaciaires font l’objet d’une surveillance renforcée, notamment dans le massif du Mont-Blanc. Malheureusement, en Asie, toutes les zones à risque ne disposent pas de systèmes d’alerte et de suivi équivalents», rappelle Julien Eyrard.

La catastrophe survient en pleine saison des moissons, ce qui fait craindre une crise alimentaire majeure pour les populations riveraines, dont les récoltes et les terres agricoles ont été durement touchées.

Les équipes d’Action contre la Faim, en coordination avec les autorités et les partenaires locaux, sont actuellement mobilisées pour évaluer l’ampleur des dégâts et identifier les besoins prioritaires. Les premières analyses laissent présager d’importants besoins en matière d’accès à l’eau, d’assainissement et de sécurité alimentaire dans les zones affectées.