Communiqué de presse

COP31 : Action contre la Faim appelle à une transition juste qui place les systèmes alimentaires, l’agroécologie et le droit à l’alimentation au cœur de l’action climatique
Alors que des communautés du monde entier continuent de subir les conséquences d’El Niño et d’autres chocs climatiques, Action contre la Faim appelle les dirigeants mondiaux réunis lors de la COP31 en Turquie à traduire leurs engagements climatiques en actions concrètes. Les systèmes alimentaires étant à l’origine d’environ un tiers des émissions mondiales de gaz à effet de serre tout en assurant les moyens d’existence de 3,8 milliards de personnes dans le monde, la COP31 doit permettre une transition à la fois juste et inclusive vers un avenir résilient au changement climatique.
Changement climatique et faim : une urgence mondiale
L’été 2026 a été marqué par une vague de chaleur sans précédent : 50 000 décès liés à la chaleur ont été enregistrés rien que dans les villes européennes au cours de cette période, plus qu’en 2003 et en 20221. À l’échelle mondiale, le rapport du Lancet Countdown indique que le changement climatique avait déjà causé près de 3 millions de décès liés à la chaleur entre 2016 et 2023.
Alors que la présidence de la COP31 (à savoir la Turquie et l’Australie) a fait de l’électrification sa priorité, Action contre la Faim alerte sur le fait que les chocs climatiques causent de plus en plus d’insécurité alimentaire, de déplacements de populations et de crises humanitaires à travers le monde. En 2025, 645 millions de personnes ont souffert de la faim, et les phénomènes météorologiques extrêmes continuent de compromettre la production agricole et les moyens d’existence. L’action climatique n’a jamais été aussi urgente : les canicules menacent les moyens d’existence de milliards de personnes qui dépendent de l’agriculture pour survivre, et un épisode El Niño historique aura très probablement des répercussions sur la sécurité alimentaire en 2027, déjà visibles en 2026. Action contre la Faim tire la sonnette d’alarme, alors que la transition juste des systèmes alimentaires et l’agroécologie ne figurent pas parmi les grandes priorités des négociations climatiques de la COP31.
En parallèle, l’aide internationale diminue considérablement, alors que les besoins humanitaires augmentent. Dans ce contexte, la COP31 doit apporter des solutions qui couvrent à la fois l’adaptation au changement climatique et la sécurité alimentaire.
Placer les systèmes alimentaires au cœur d’une transition juste
L’un des temps forts de la COP30 a été l’adoption du Mécanisme de Belém-Antalya (BAM) pour une transition juste. Le BAM doit être un mécanisme climatique de l’ONU conçu pour renforcer la coopération internationale et soutenir la mise en œuvre d’une action climatique socialement juste dans tous les secteurs de l’économie.
La COP31 doit désormais traduire cet engagement en action en rendant le mécanisme pleinement opérationnel et accessible aux pays et aux communautés en première ligne de la crise climatique. Action contre la Faim demande que le Mécanisme de Belém-Antalya pour une transition juste repose sur des bases concrètes et donne un rôle clé aux petits producteurs et productrices alimentaires, aux communautés rurales et aux populations vulnérables. Les paysans et paysannes, les Peuples Autochtones, les femmes et les jeunes doivent être reconnus non seulement comme les personnes les plus touchées par le changement climatique, mais aussi comme des acteurs clés dans l’élaboration de solutions climatiques. Le mécanisme doit garantir leur participation, protéger le droit à l’alimentation ainsi que d’autres droits humains, et mettre les processus décisionnels à l’abri de l’influence des entreprises.
L’agroécologie comme solution environnementale, sociale et économique
Action contre la Faim appelle les négociateurs de la COP31 à reconnaître l’agroécologie comme le fondement de la transition juste des systèmes alimentaires. En réduisant la dépendance aux intrants importés, notamment aux engrais chimiques, en restaurant les écosystèmes et en renforçant la résilience aux chocs climatiques, l’agroécologie offre des avantages environnementaux, sociaux et économiques tout en soutenant la souveraineté alimentaire et les moyens d’existence locaux.
Par exemple, en Somalie, Action contre la Faim soutient des approches agroécologiques qui aident les communautés agricoles à s’adapter aux sécheresses récurrentes, à restaurer la santé des sols et à améliorer la sécurité alimentaire. Ces solutions locales démontrent comment l’agroécologie peut favoriser à la fois la résilience au changement climatique et une transition juste pour les populations vulnérables.
« Les solutions existent déjà, ce qu’il manque, ce sont les financements. La COP31 doit apporter cette pièce manquante : des financements sous forme de dons pour les communautés qui mettent en œuvre des solutions agroécologiques, en première ligne de la crise climatique. » Marie Cosquer, Responsable plaidoyer systèmes alimentaires et crise climatique, Action contre la Faim France.
Le financement climatique pour les communautés en première ligne
Le financement de l’action climatique doit être à hauteur des besoins, devenir plus accessible et prévisible, et soutenir les approches locales, en particulier dans les contextes fragiles et en conflits. Malgré un appel à tripler le financement de l’adaptation d’ici 2035, la mise à disposition de financements non générateurs de dette pour les personnes qui en ont le plus besoin tarde toujours à se matérialiser, et les besoins continuent d’augmenter.
Action contre la Faim appelle à une augmentation des investissements dans l’adaptation locale, dans les services de nutrition, d’eau et d’assainissement et dans des systèmes alimentaires résilients, notamment au moyen d’un financement direct aux organisations de petits producteurs, en première ligne de la crise climatique.
Porte Parolat :
Interview possible de notre experte : Marie Cosquer, Responsable plaidoyer systèmes alimentaires et crise climatique, en amont, en direct ou en aval de la COP31.
Contact Presse :
1. Selon une étude publiée le 23 octobre dans Nature Health par des chercheurs de l’Imperial College London et de la London School of Hygiene & Tropical Medicine, dont Garyfallos Konstantinoudis et Pierre Masselot.
