Communiqué de presse

Action contre la Faim alerte sur la détresse croissante des professionnels exposés aux violences en Ukraine
La guerre entre dans sa cinquième année en exposant les civils à des violences incessantes. Parmi eux, les professionnels et volontaires — médecins, infirmiers, urgentistes, enseignants, travailleurs sociaux et volontaires communautaires — font face à une pression psychologique sans précédent. Action contre la Faim intensifie ses interventions en santé mentale proche de la ligne de front, dans les régions de Kharkiv et de Soumy, pour soutenir les travailleurs qui œuvrent au quotidien à soutenir leurs communautés, souvent au détriment de leur propre bienêtre psychique.
Depuis l’automne 2025, les attaques visant le réseau énergétique ukrainien se sont intensifiées, provoquant de larges coupures d’électricité, d’eau et de chauffage. Durant l’hiver, alors que les températures atteignent – 20 °C, ces interruptions plongent des centaines de milliers de personnes dans des conditions de survie alarmantes et touchent directement les structures de santé déjà sous une immense pression.
“La détresse n’épargne pas les professionnels de première ligne qui travaillent dans les conditions extrêmes, parfois sans lumière ni chauffage. Qu’ils soient issus du corps médical, de l’enseignement ou du secteur social, ces intervenants communautaires portent le poids des traumatismes collectifs alors qu’ils restent, au même titre que les autres civils, exposés aux frappes récurrentes sur leurs villes”, témoigne Benjamin Martin, directeur pays pour Action contre la Faim en Ukraine.
Avec 3,7 millions de déplacés internes, principalement concentrés dans les régions proches du front, la pression sur les professionnels locaux est immense. Ces derniers doivent répondre aux besoins cumulés des résidents et des nouveaux arrivants, alors que les projections prévoient jusqu’à 504 000 personnes nouvellement déplacées ou évacuées dans les oblast à proximité de la ligne de front en 2026.
Cette pression, inhérente aux déplacements massifs des populations, combinée à l’ampleur des violences, fait exploser les besoins en santé mentale. En 2025, 83 % de la population adulte a rapporté un état de stress et de tension nerveuse permanente.
Afin de maintenir une capacité de prise en charge minimale et de soulager les équipes médicales, Action contre la Faim soutient les centres de santé et les dispensaires ruraux en fournissant du mobilier médical, des médicaments et des consommables essentiels.
En parallèle, en plus de déployer des interventions psychologiques auprès de la population, un dispositif d’accompagnement spécifique est proposé pour protéger la santé mentale du personnel de terrain.
Dans les régions de Kharkiv et de Soumy, les psychologues d’Action contre la Faim mettent en place du soutien psychosocial aux professionnels et volontaires sous forme de cinq séances de groupe, visant à renforcer la résilience des participants et à prévenir l’épuisement professionnel ainsi que la fatigue compassionnelle. Ce dispositif comprend un travail à base d’exercices et de réflexion sur la connaissance de soi et de ses limites, l’analyse des pratiques et la gestion du stress et des émotions, spécifiquement adaptés aux travailleurs de première ligne.
En 2026, la réponse humanitaire en Ukraine n’est financée qu’à hauteur de 13.5% de ses besoins. Elle demeure fragilisée par une réduction des financements américains et européens, un recul qui survient alors même que les hostilités s’intensifient, marquées par des frappes accrues sur les infrastructures énergétiques et une vulnérabilité croissante des populations.
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