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Communiqué de presse

Muttur couverture courrier international
© Fabrice Carbonne pour Action contre la Faim

20 ans après le massacre de 17 humanitaires à Muttur, Action contre la Faim réclame toujours justice 

Le 4 août 2006, 17 salariés d’Action contre la Faim, engagés dans la distribution d’aide humanitaire, ont été exécutés dans leurs bureaux à Muttur, au Sri Lanka. Depuis 20 ans, Action contre la Faim se bat pour que justice leur soit rendue. À l’occasion de ce triste anniversaire, l’organisation publie un nouveau rapport contenant des témoignages des familles.

Le 4 août 2026 marque les 20 ans du massacre de Muttur. Il s’agit de l’une des attaques les plus graves jamais perpétrées contre des travailleurs humanitaires. Son absence de résolution envoie un signal fort : les humanitaires peuvent être ciblés en toute immunité.  

Pour Action contre la Faim, il s’agit d’un crime de guerre. En vertu du droit international humanitaire, les travailleurs humanitaires sont protégés et ne doivent jamais être pris pour cible. Ces 17 salariés d’Action contre la Faim, tous sri-lankais, œuvraient à fournir des services essentiels à une population dans le besoin ; leur meurtre a eu un impact direct sur les populations vulnérables auxquelles ils venaient en aide. Dix-sept familles ont également été brisées par cet acte atroce.  

Vingt ans après, ce drame est toujours d’actualité : en 2025, au moins 326 humanitaires ont été tués dans 21 pays, portant le nombre total d’humanitaires tués en trois ans à plus de 1000. 

Des nouveaux témoignages des familles des victimes   

Au fil des années, les familles des victimes ont cherché des réponses sans jamais en obtenir. Beaucoup ont souffert en silence, par crainte des représailles. Jusqu’à aujourd’hui, elles attendent que les responsables de l’exécution de leurs proches répondent enfin de leurs actes devant la justice. 

Pour la première fois, Action contre la Faim diffuse, de manière anonyme, les témoignages de ces familles dans un rapport. L’objectif principal est d’honorer la mémoire des victimes et de montrer au monde que ce crime non-résolu continue de hanter et d’affecter leurs familles, et plus globalement, la communauté humanitaire. 

“La douleur que je ressens est immense. Cette perte me fera souffrir jusqu’à la fin de mes jours. S’il était mort en combattant dans une guerre, je ressentirais les choses différemment, mais il est mort en aidant des personnes dans le besoin, en leur apportant de l’aide, de la nourriture et le nécessaire. Il est mort en aidant les autres” témoigne un proche.  

20 ans de combat pour la vérité  

“L’attaque de Muttur est une violation du droit international humanitaire ; au moment du massacre évidemment, mais aussi dans la manière dont a été gérée ensuite l’enquête” déplore Perrine Benoist, co-directrice d’Action contre la Faim.  

Le Sri-Lanka, signataire des Conventions de Genève, est dans l’obligation de garantir la protection des travailleurs humanitaires dans le cadre d’un conflit armé. 

Or, il n’y a pas eu d’enquête nationale transparente, indépendante et efficace permettant d’établir les faits et d’identifier les responsables. Au cours des dernières décennies, et ce malgré le soutien de différents Etats et organisations à l’international, toutes les tentatives d’enquête ont été entachées d’irrégularités et n’ont pas respecté les normes internationales. En dépit des obstacles, Action contre la Faim se mobilise depuis 20 ans pour obtenir la vérité.  

« C’est une obligation que nous avons en tant qu’employeur. C’est aussi une promesse que nous avons faite aux familles. Nous continuerons jusqu’à ce que justice soit rendue” déclare Perrine Benoit. 

Le 15 mai 2026, Action contre la Faim a de nouveau appelé le gouvernement sri-lankais à ouvrir une enquête et à mettre fin à deux décennies d’impunité, pour l’instant sans réponse. Elle a également exhorté la communauté internationale à soutenir cette demande et à faire son possible pour que lumière soit faite sur ce crime.