Communiqué de presse

100 aliments sains à prix coûtants : 37 associations réclament une loi d’urgence au Premier ministre
Un Français sur trois ne mange pas à sa faim et n’a pas les moyens de se nourrir sainement : c’est la double peine puisque sa santé en pâtit aussi.
Plus de 30 associations de consommateurs, de lutte contre la précarité, de malades, de professionnels de santé, de défense de la santé, environnementale interpellent aujourd’hui le Premier ministre, Sébastien Lecornu, pour lui demander une loi d’urgence. Pour les 37 associations, il faut rendre accessibles à prix coûtant 100 aliments bons pour la santé, tout simplement, sur les milliers référencés par les supermarchés.
Paris, le 30 mars 2026. Alors que les années d’inflation passées ont durablement fragilisé les ménages et qu’une nouvelle crise économique se profile, manger sainement est devenu un luxe en France. Dans une lettre ouverte adressée ce 30 mars au Premier ministre, Sébastien Lecornu, 37 organisations, emmenées par Familles Rurales, foodwatch, le Secours Catholique Caritas France et France Assos Santé dénoncent l’insuffisance des moyens déployés face à la précarité alimentaire et à l’explosion des maladies chroniques liées à une alimentation déséquilibrée. Les associations appellent le gouvernement à rendre obligatoire par le biais d’une loi d’urgence la vente à prix coûtant de 100 aliments bons pour la santé dans les supermarchés. Cette demande est déjà soutenue par près de 40 000 personnes dans une pétition.
Les associations attirent l’attention de M. Lecornu sur une réalité alarmante et inacceptable en France :
- 35% des Français déclarent devoir sauter au moins un repas par jour faute de moyens financiers suffisants ;
- 11 millions de Français vivent en situation de précarité alimentaire ;
- Certaines familles, notamment celles vivant avec les minima sociaux, doivent consacrer jusqu’à 40 % de leur budget à l’alimentation, c’est énorme.
Face à l’urgence, les organisations insistent sur la nécessité d’une mesure simple et concrète : garantir l’accès à 100 produits alimentaires essentiels, conformes aux recommandations du Programme national nutrition santé (PNNS), vendus à prix coûtant dans toute la grande distribution (GMS), par obligation légale. Cette mesure en aucun cas ne pénalise les agriculteurs et agricultrices, dont la juste rémunération doit bien sûr être assurée.
L’accès à une alimentation saine, durable, abordable est un droit fondamental, que les 37 organisations défendent sans relâche. Or on en est loin. Et malgré des échanges engagés avec plusieurs ministères ces derniers mois, aucune réponse concrète n’a été apportée à ce jour pour adopter cette mesure d’urgence. La coalition d’associations appelle donc le Premier ministre à prendre ses responsabilités sans délai et à soutenir une loi d’urgence pour l’imposer à tous les distributeurs.
La grande distribution a reconnu sa responsabilité dans l’accès à une alimentation de qualité et à prix accessible, en publiant une tribune en juin 2025, appelant l’État à fixer « un cap et un cadre clairs ». Une invitation à légiférer, en somme. À ce jour, seul Dominique Schelcher s’est engagé à retravailler la liste de produits à prix coûtant de U pour l’aligner davantage sur les recommandations de santé. Carrefour, de son côté, a communiqué sur une liste de produits à prix coûtant mais qui ne répond pas du tout à l’impératif de rendre plus accessible des produits recommandés pour la santé. Les autres enseignes – e. Leclerc, Intermarché, Lidl, etc. – n’ont pas donné suite à cette demande, malgré les interpellations des associations.
Quoi qu’il en soit, les associations insistent sur la nécessité que cette mesure soit une obligation légale pour tous les acteurs de la GMS. C’est la responsabilité des autorités publiques, législateurs et responsables politiques de rendre ces aliments, recommandés par les autorités publiques elles-mêmes, accessibles à toutes et tous.
Dans son Avis pour le droit à une alimentation saine, durable et choisie publié ce 19 mars, la Commission Nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) recommande aussi de « réguler les acteurs privés pour lutter contre les marges abusives et la spéculation sur les prix des produits alimentaires sains et durables, en premier lieu pour les produits issus de l’agriculture biologique, afin de rendre ces aliments plus accessibles » (recommandation 15).
Pour les 37 associations mobilisées, rendre obligatoire la vente à prix coûtant de 100 aliments sains est une urgence.
Liste des membres de la coalition (par ordre alphabétique) :
- Action contre la faim
- ADEIC (Association de défense, éducation et information du consommateur)
- AEQUITAZ
- Alerte des médecins sur les pesticides
- Association Addictions France
- Association française des Diététiciens Nutritionnistes
- Association pour la prise en charge et la prévention de l’obésité (APOP)
- Association Léo Lagrange de défense des consommateurs (ALLDC)
- ATTAC
- Avenir santé environnement
- Bloom
- Cancer colère
- Confédération Syndicale des Familles (CSF)
- Ecole comestible
- Familles de France
- Familles Rurales
- Fédération des centres sociaux et socioculturels de France
- Fédération française des diabétiques
- Fédération promotion santé
- foodwatch
- France Assos Santé
- Greenpeace France
- Le collectif : Les pieds dans le plat
- Ligue contre l’obésité
- Noé: association pour la biodiversité
- Oui Change
- On Est Prêt
- ONAV
- Oxfam France
- Réseau Environnement Santé
- RESES (Réseau étudiant pour une société écologique et solidaire)
- Réseau Action Climat
- Secours Catholique Caritas France
- Tablée des chefs
- UFC Que Choisir
- Union des Groupements des Epiceries Sociales et Solidaires (UGESS)
- VRAC
Sources:
Lettre ouverte des 37 associations au Premier ministre le 30 mars 2026
Pétition « Exigeons 100 aliments bons pour la santé à prix coûtant dans les supermarchés »
Liste des 100 aliments à prix coûtant
Avis pour le droit à une alimentation saine, durable et choisie, publié par la Commission Nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) le 19 mars 2026
Communiqué de presse du 29/11/2023 de Familles Rurales, Foodwatch et UFC-Que Choisir « Inflation alimentaire : il est urgent d’en finir avec les profits opaques des industriels et des distributeurs »
Une personne sur trois en France (35 %) déclare devoir sauter un repas par manque d’argent. Source : Secours Populaire
Tribune à l’attention du gouvernement dans le cadre de la consultation sur la Stratégie Nationale pour l’Alimentation, la Nutrition et le Climat, 12 juin 2025, Contexte